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Bruxelles efface les noms. Les diasporas, elles, effacent des vies

Ana SayfaYazarlarKadir Duran
24 Ocak, 2026, Cumartesi 23:07
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Bruxelles efface les noms. Les diasporas, elles, effacent des vies

Bruxelles efface les noms. Les diasporas, elles, effacent des vies

BRUXELLES KORNER / Kadir Duran

Une vitrine rénovée, une mémoire qui se délite

À Bruxelles, tout se rénove. Les façades se modernisent, les vitrines se « nettoient », les enseignes se standardisent. La ville aime le neuf, le lisse, le « conforme ». Mais parfois, dans ce processus ordinaire, un détail infime provoque en nous une secousse disproportionnée.

Aujourd’hui, j’ai vu les bureaux d’un homme en rénovation. En regardant la vitrine, j’ai compris que, dans la journée, son nom serait très probablement effacé. Un geste simple, presque mécanique : on gratte, on arrache, on recouvre. Un mouvement froid, comme une production en série.

Or ce nom n’était pas un autocollant banal. C’était un signe. Un point d’appui. Un morceau de l’histoire de Bruxelles.

Ce nom, c’était celui de Yakup Yurt (et non « Yakup Kurt », comme on le confond parfois). Au sein de la communauté turque de Belgique, on le connaissait comme « Tercüman Yakup », Yakup le traducteur. Pas « un » traducteur parmi d’autres : le traducteur d’une époque, le traducteur d’une génération. Le traducteur d’un Bruxelles où l’intégration se jouait à travers des formulaires, des rendez-vous, des procédures, et des phrases capables d’écraser un être humain.

Le « Tercüman Yakup » de Bruxelles : après Yakup Yurt (1950–2024)

Pendant de longues années, Yakup Yurt a servi de passerelle entre le turc et le français, notamment dans les tribunaux et les démarches officielles. Connu dans la diaspora sous le nom de « Tercüman Yakup Yurt », il est décédé au début du mois d’avril 2024. Les mots employés dans les hommages laissent apparaître l’image d’une figure « éclairée, en paix avec la société, appréciée » au sein de la communauté turque de Belgique.

Yakup Yurt est mort au début d’avril 2024. Pourtant, ce matin, j’ai eu l’impression d’assister à une deuxième disparition : celle qui survient lorsque la ville retire le dernier signe visible d’une présence.

Yakup Yurt : le traducteur devenu « institution »

Dans les diasporas, certains métiers cessent d’être de simples métiers : ils deviennent des fonctions sociales. Le traducteur, surtout, est souvent une porte de passage : un intermédiaire entre l’État et ceux qui n’en maîtrisent pas les codes, plus qu’un professionnel, presque un garant.

Yakup Yurt faisait partie de ces figures. Son nom circulait dans les familles comme une solution :

  • « Il faut aller à la commune. »

  • « Il faut comprendre cette lettre. »

  • « Il y a un dossier au tribunal. »

  • « Il y a un problème à l’hôpital. »

  • « On ne comprend pas ce qu’on signe. »

Dans ces moments-là, il ne s’agit pas seulement de langue. Il s’agit d’existence. Un seul mot mal compris peut coûter cher : une aide manquée, un droit non réclamé, un document signé dans la précipitation, une situation qui s’alourdit… Dans cette réalité, traduire n’est pas seulement « passer du turc au français » : c’est empêcher qu’un citoyen devienne invisible parce qu’il ne parle pas la langue du guichet.

Une génération a connu Yakup Yurt :

  • directement, parce que les démarches passaient par lui ;

  • par son nom, parce qu’il était devenu une référence ;

  • ou par nécessité, parce qu’un jour, on a besoin de quelqu’un qui comprend le système et refuse de vous laisser disparaître dedans.

Le paradoxe, c’est que beaucoup ne l’ont peut-être pas « aimé » au sens sentimental du terme. Mais presque tous le respectaient, comme on respecte une figure utile, structurante, indispensable. Il ressemblait à une institution non officielle de la diaspora bruxelloise.

Le choc : je ne l’ai pas connu, et pourtant j’ai eu mal

Je ne l’ai pas connu personnellement. Et c’est précisément pour cela que la scène frappe plus fort.

En voyant ce matin cette vitrine sur le point d’être effacée, j’ai ressenti une chose très nette : la mémoire collective ne disparaît pas dans un grand drame. Elle s’efface par couches, par gestes techniques, par rénovations, par travaux.

Un instant, je me suis vu dans un miroir glacé :

Un jour, nous aussi, nous serons un nom sur une vitrine.
Un jour, la vitrine sera rénovée.
Un jour, ce nom sera retiré.

Sans procès. Sans hommage. Sans archive.

C’est la violence silencieuse des villes contemporaines : elles avancent en effaçant. Elles se modernisent en neutralisant. Elles deviennent « propres » en grattant ce qui laisse trop de traces.

Effacer « un nom » dans la diaspora : qu’est-ce que cela signifie ?

Dans les quartiers, les diasporas bâtissent leurs points d’appui : boutiques, cafés, bureaux, associations, lieux de solidarité, enseignes dans la langue maternelle… Ce sont des ancrages. Des endroits où l’on respire. Où l’on est compris. Où l’on n’a pas à « expliquer » son accent.

Mais ces ancrages sont fragiles. Ils tiennent sur le verre, le papier, les loyers, les contrats. Et lorsqu’ils disparaissent, ce n’est souvent pas seulement une enseigne qui s’en va : c’est une partie de l’histoire sociale de Bruxelles qui s’efface avec elle.

Effacer le nom de Yakup Yurt d’une vitrine, ce n’est pas seulement retirer une plaque : c’est retirer une trace de ce qu’a été la communauté turque, et de la manière dont elle a tenu debout dans la complexité belge.

C’est ici que l’émotion devient politique : à qui appartient le droit de laisser une trace dans la ville ? Qui mérite la mémoire durable ? Pourquoi certains noms s’inscrivent dans la pierre (rues, plaques, commémorations) alors que d’autres n’existent que sur des vitrines facilement remplaçables ?

Bruxelles et la mémoire sélective : une ville qui intègre, mais archive peu

Bruxelles aime se présenter comme capitale internationale, ville-monde, mosaïque. La diversité est un slogan — parfois une réalité. Mais la mémoire des diasporas reste souvent hors des récits officiels.

Aujourd’hui, on célèbre la diversité ; mais on archive peu le passé des communautés :

  • peu de plaques,

  • peu de récits institutionnalisés,

  • peu d’archives accessibles,

  • peu de reconnaissance pour les « acteurs ordinaires » qui ont pourtant tenu la ville debout.

Or l’histoire de Bruxelles ne se résume pas aux grandes figures politiques ou aux institutions européennes. Elle s’écrit aussi dans les couloirs administratifs, aux côtés des traducteurs, des médiateurs, dans ce travail invisible qui relie l’humain à l’État.

Yakup Yurt appartient à cette catégorie : une figure « non officielle », mais vitale. Et c’est pour cela que sa disparition est doublement dangereuse : si la communauté n’entretient pas sa mémoire, personne ne le fera à sa place.

Dernier mot : la diaspora n’a pas le luxe de l’oubli

Ce matin, je n’ai pas seulement vu une vitrine rénovée. J’ai vu une leçon amère : à Bruxelles, la diaspora est souvent condamnée au provisoire. Elle construit, travaille, aide, soutient, tisse des réseaux de solidarité. Puis ses traces s’effacent, remplacées par une surface propre, neutre, sans récit.

Mais nous avons une responsabilité : ne pas laisser notre mémoire se réduire à des souvenirs privés. Ne pas accepter que nos figures structurantes disparaissent sans laisser de trace. Refuser que l’histoire collective se limite à « des anecdotes racontées en famille ».

Yakup Yurt est parti. Qu’il repose en paix.
Et qu’il sache que — s’il existe un au-delà — même ceux qui ne l’ont pas connu peuvent être marqués par ce qu’il a représenté.

Parce que ce nom sur une vitrine disait quelque chose de plus grand que lui : une époque, une génération, une manière de survivre à Bruxelles.

La vitrine s’effacera peut-être.
Mais si la mémoire s’efface aussi, alors nous ne perdrons pas seulement un homme : nous effacerons, de nos propres mains, une partie de notre histoire à Bruxelles.

Plus qu’un nom : que représentait « Tercüman Yakup Yurt » ?

Dans la diaspora, certains noms fusionnent avec une fonction. L’expression « Tercüman Yakup » dit exactement cela :

  • pas seulement celui qui « traduit » la langue dans les démarches, mais celui qui transporte aussi le contexte et l’humain ;

  • une interface « qui fait tenir » le quotidien, au cœur des institutions et de la réalité migratoire bruxelloise.

Repères biographiques : de Bursa à la Wallonie, puis à Bruxelles

D’après les éléments biographiques relayés dans la presse et les hommages, Yakup Yurt :

  • est né à Bursa en 1950,

  • est arrivé en Belgique en 1967 et y a poursuivi ses études,

  • est diplômé de l’Université catholique de Louvain (UCLouvain) en communication,

  • a exercé à partir de 1981 comme traducteur juré turc–français à Bruxelles,

  • a vécu après sa retraite à Gemlik/Umurbey.

Les informations relatives à son décès évoquent la date du 7 avril 2024, et indiquent que l’annonce funéraire passait par Umurbey.

Dans ses textes : non pas « changer », mais « grandir humainement »

Dans les extraits qui circulent, la langue de Yakup Yurt dépasse le récit classique de l’« histoire migratoire » :

  • une perception du temps entre Turquie et Belgique,

  • la question de l’adaptation et de l’appartenance (inadaptation personnelle ou décalage culturel),

  • une critique du mimétisme et du sentiment de supériorité observé en Occident,

  • et, comme ligne de sortie, l’idée de se rejoindre sur des valeurs humaines minimales.

Cette posture en fait non seulement un traducteur, mais aussi un producteur de sens public au sein de la diaspora.

La traduction comme culture, pas seulement comme technique

Dans son profil et ses publications, la traduction apparaît comme une pratique esthétique et émotionnelle : poésie, aphorismes, références culturelles, aller-retour entre les langues. La mention d’un intérêt pour la traduction de « belles phrases » et de poésie va dans ce sens.

Un exemple de traduction de Nazım Hikmet (comme dans les textes évoqués) montre :

  • l’effort pour préserver le rythme et l’image tout en portant le sens,

  • un mouvement double : un turc qui s’ouvre au français, et un français qui revient au turc.

De Bruxelles à Umurbey : la mémoire diaspora en scènes minuscules

Dans ses écrits, Bruxelles n’est pas seulement une ville : c’est un lieu de mémoire. Une église au coin d’une rue, l’air froid, un petit-déjeuner, un sans-abri dans la rue, un pigeon à côté… Ce sont des scènes ordinaires, mais dans la littérature diasporique, ce sont souvent elles qui fixent le plus durablement le réel : elles capturent le grand social à travers le petit.

C’est pourquoi, dans les hommages, le fait qu’il soit décrit comme « connu » et « apprécié » n’est pas une formule : c’est l’indice d’un nom passé par le tissu vivant de Bruxelles.

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