Mission économique belge en Turquie : Istanbul lance une offensive économique et stratégique belgo-turque
La Mission économique belge en Turquie a officiellement débuté à Istanbul dans une atmosphère où diplomatie, industrie, défense et géopolitique se sont entremêlées.
La séance d’ouverture a réuni les principaux représentants diplomatiques et économiques belges actifs en Turquie, sous le regard des délégations régionales, des entreprises belges et des autorités présentes dans le cadre du Belgian Economic Mission to Türkiye (BEM Türkiye).
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L’ouverture officielle fut assurée par :
Tim Van Anderlecht, Consul général de Belgique à Istanbul ; PUIS
S.E. Hendrik Van de Velde, Ambassadeur de Belgique en Turquie ;

Peter Verplancken, Trade & Investment Commissioner pour la Flandre à Istanbul (Flanders Investment & Trade – FIT) ;
Gérard Seghers, Conseiller économique et commercial pour la Wallonie à Istanbul (AWEX) ;
Stefano Missir di Lusignano, Représentant général de la Région de Bruxelles-Capitale à Istanbul (hub.brussels).
et L’attaché de défense belge
La soirée s’est poursuivie par un cocktail networking organisé dans le foyer, permettant aux entreprises belges et turques d’échanger directement autour des opportunités de coopération économique.
Un message clair : la Turquie devient stratégique pour l’Europe
Le discours de l’ambassadeur Hendrik Van de Velde a donné le ton de cette mission.
Selon lui, la Turquie n’est plus simplement un voisin commercial de l’Union européenne, mais un maillon central des chaînes de valeur européennes.
Avec :
plus de 100 milliards de dollars d’exportations turques vers l’UE ;
près de 1,2 million d’emplois liés aux entreprises européennes implantées en Turquie ;
plus de 13 milliards d’euros d’échanges commerciaux belgo-turcs ;
la Turquie apparaît désormais comme un partenaire industriel stratégique pour l’Europe.
Le diplomate belge a insisté sur :
la réorganisation des chaînes d’approvisionnement mondiales ;
la montée du “friendshoring” ;
les enjeux d’autonomie stratégique européenne ;
la nécessité de moderniser l’Union douanière UE–Turquie.
Le message était limpide :
l’intégration économique entre l’Europe et la Turquie est désormais une question de résilience stratégique.
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Les Régions belges veulent accélérer leur présence en Turquie
Les représentants des trois régions économiques belges ont ensuite détaillé leur lecture du marché turc.
Flandre : industrie et technologie
Peter Verplancken (FIT) a reconnu les défis actuels :
inflation élevée ;
volatilité monétaire ;
pression sur les coûts ;
tensions géopolitiques.
Mais selon lui, cette période crée également une fenêtre d’opportunité.
Les industriels turcs recherchent :
de nouvelles technologies ;
des partenaires européens ;
des gains de productivité ;
une meilleure connectivité internationale.
Wallonie : le facteur humain reste central
Gérard Seghers (AWEX) a rappelé une réalité souvent méconnue des entreprises européennes :
« En Turquie, on ne fait pas du business avec des entreprises, mais avec des personnes. »
Selon lui, la confiance, les relations humaines et les réseaux restent fondamentaux dans la culture des affaires turque.
Il a également salué le travail des équipes économiques belges présentes à :
Istanbul,
Ankara,
Izmir,
Eskişehir,
Antalya.
Bruxelles : comprendre la Turquie au-delà des chiffres
Stefano Missir di Lusignano (hub.brussels) a insisté sur la nécessité d’aller au-delà des indicateurs macroéconomiques.
Selon lui :
inflation,
accès au crédit,
taux de change,
coûts opérationnels
ne peuvent être analysés isolément.
Comprendre la Turquie implique aussi de comprendre :
sa position géopolitique ;
ses ambitions industrielles ;
son rôle régional ;
sa capacité d’adaptation.
Il a comparé l’économie turque à une course de Formule 1 :
« Il ne suffit pas de regarder son tableau de bord. Il faut regarder toute la piste. »
Défense et industrie militaire : le nouveau pilier du partenariat
L’un des éléments les plus marquants du panel fut la présence assumée de la défense belge au cœur de la mission économique.
L’attaché de défense belge a expliqué que :
l’industrie turque de défense compte plus de 3.500 entreprises ;
la Turquie a développé son autonomie stratégique après les sanctions de 1974 ;
le pays dispose aujourd’hui d’un écosystème industriel militaire complet.
Les opportunités évoquées :
supply chain défense ;
production de munitions ;
textile militaire ;
partenariats technologiques ;
aéronautique ;
drones ;
production industrielle.
La Belgique observe désormais la Turquie non seulement comme un marché, mais aussi comme une capacité industrielle stratégique pour l’Europe.
Une mission économique à forte dimension géopolitique
Ce lancement du BEM Türkiye confirme une évolution importante :
les missions économiques belges deviennent de plus en plus des missions de positionnement stratégique.
Les cinq grands axes de cette mission :
transition énergétique ;
défense et aéronautique ;
ports et logistique ;
pharmaceutique et biotechnologies ;
technologies numériques,
illustrent la volonté belge de s’insérer dans les nouvelles dynamiques industrielles eurasiatiques.
Dans un contexte de fragmentation mondiale, la Turquie apparaît désormais pour Bruxelles comme :
une plateforme industrielle ;
un corridor énergétique ;
un hub logistique ;
un partenaire stratégique incontournable entre Europe, Asie et Moyen-Orient.
Par Kadir Duran – Bruxelles Korner
Diplomatie économique & Relations internationales







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