Maxime Prévot : “La Belgique considère la Turquie comme un partenaire stratégique majeur”
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Maxime Prévot : “La Belgique considère la Turquie comme un partenaire stratégique majeur”
L’arrivée de la Reine Mathilde dans la salle du forum économique à Istanbul a immédiatement donné une dimension protocolaire et diplomatique particulière à l’événement. Entourée des ministres belges, des représentants économiques régionaux, des diplomates et des principaux acteurs du monde des affaires, la souveraine belge a été accueillie sous les applaudissements des délégations turques et belges réunies pour cette mission économique royale.
Quelques instants plus tard, les membres du gouvernement belge, parmi lesquels le Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot, ainsi que le ministre de la Défense et du Commerce extérieur Theo Francken, prenaient place aux côtés du ministre turc du Commerce Prof. Dr. Ömer Bolat pour lancer officiellement le forum économique belgo-turc.
L’image était forte :
la Belgique politique, économique et institutionnelle réunie face à la Turquie dans un contexte international marqué par les recompositions géopolitiques et industrielles.
“Teşekkür ederiz” : Maxime Prévot ouvre son discours sous les applaudissements
Prenant la parole devant plusieurs centaines d’invités, Maxime Prévot a commencé son intervention par quelques mots en turc :
“Au nom de toute notre délégation, permettez-moi de dire : Teşekkür ederiz.”
Une formule simple, mais symbolique, immédiatement saluée dans la salle. Le ministre belge a insisté sur l’accueil chaleureux réservé à la délégation belge, rappelant la réputation d’hospitalité de la Turquie.
Il a également souligné l’importance politique de cette mission économique menée personnellement par la Reine Mathilde :
“Le fait que Sa Majesté la Reine dirige elle-même cette mission n’est pas un détail. Cela montre mieux que n’importe quel discours l’importance que la Belgique accorde à sa relation avec la Turquie.”
Maxime Prévot a rappelé que les relations entre les deux pays reposent sur près de deux siècles de coopération diplomatique, économique et humaine. Mais surtout, il a insisté sur un élément souvent sous-estimé dans les relations bilatérales : la diaspora turque en Belgique.
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Selon lui, les communautés belgo-turques constituent aujourd’hui “le fil vivant du partenariat entre les deux pays”. Elles représentent un pont humain, culturel et économique structurant dans les relations entre Bruxelles et Ankara.
Une complémentarité économique assumée
Dans son intervention, Maxime Prévot a détaillé les secteurs jugés prioritaires pour approfondir la coopération entre les deux pays :
transition énergétique et écologique,
aéronautique et spatial,
défense,
logistique et transport,
biotechnologies,
pharmacie,
transformation numérique et Industry 4.0.
Le chef de la diplomatie belge a d’ailleurs directement salué l’écosystème turc de défense et d’innovation, qualifié “d’impressionnant, innovant et compétitif”.
Un signal politique particulièrement important dans le contexte actuel de rapprochement industriel et militaire entre l’Europe et la Turquie.
Des chiffres économiques qui confirment le rapprochement
Maxime Prévot a également rappelé plusieurs indicateurs économiques démontrant l’intensification des relations commerciales :
6,5 milliards d’euros d’exportations belges vers la Turquie en 2025,
5,6 milliards d’euros d’exportations turques vers la Belgique,
la Belgique classée parmi les principaux investisseurs étrangers en Turquie,
un stock d’investissements directs belges estimé à 9,2 milliards d’euros depuis 2002.
Le ministre belge a aussi mis en avant la montée des investissements turcs en Belgique, citant notamment :
l’investissement industriel de Şişecam à Lommel,
les projets de recyclage plastique de CIMPET à Anvers.
Pour Bruxelles, la relation économique devient désormais “forte, mature et dynamique dans les deux directions”.
Recherche, innovation et technologie : le nouveau terrain stratégique
Maxime Prévot a également insisté sur un autre volet moins médiatisé mais fondamental : la coopération scientifique.
La Belgique et la Turquie collaborent actuellement sur près de 300 projets Horizon Europe, faisant de la Belgique l’un des principaux partenaires européens de la Turquie en matière de recherche et d’innovation.
Cette coopération technologique apparaît de plus en plus comme un pilier stratégique du rapprochement belgo-turc, notamment dans :
l’innovation industrielle,
les technologies vertes,
l’intelligence artificielle,
les technologies duales civiles et militaires.
Les signatures de contrats : moment central de la mission
L’un des moments les plus symboliques du forum fut la séquence de signatures officielles organisée devant la Reine Mathilde.
Sous les regards des délégations et des médias, plusieurs accords et partenariats économiques ont été signés entre acteurs belges et turcs, en présence de :
Prof. Dr. Ömer Bolat,
Theo Francken,
Maxime Prévot.
Cette séquence protocolaire illustrait concrètement l’objectif central de la mission : transformer le rapprochement diplomatique en partenariats industriels et commerciaux tangibles.

L’atmosphère dans la salle traduisait clairement une volonté commune d’accélérer les coopérations dans :
la défense,
la logistique,
les infrastructures,
les technologies vertes,
les industries stratégiques.
Une sortie de salle hautement symbolique
À l’issue des discours et des signatures, la sortie de la Reine Mathilde entourée des responsables politiques belges et turcs a été particulièrement remarquée.
Entre poignées de mains, échanges diplomatiques et discussions avec les représentants des entreprises, cette scène résumait l’esprit général de cette mission économique royale :
un rapprochement politique, économique et stratégique assumé entre la Belgique et la Turquie.
Au-delà des annonces économiques, cette journée à Istanbul aura surtout confirmé une évolution plus profonde :
la Turquie devient progressivement un partenaire géoéconomique central dans la réflexion stratégique européenne, tandis que la Belgique cherche à se positionner activement dans cette nouvelle architecture régionale.
Par Kadir Duran – Bruxelles Korner






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