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Bruxelles–Belgique 2026 : quand la transition automobile devient une contrainte sociale

Ana SayfaBelçi̇ka Haber - Actualite BelgiqueBruxelles–Belgique 2026 : quand la transition automobile devient une contrainte sociale
Bruxelles–Belgique 2026 : quand la transition automobile devient une contrainte sociale

Bruxelles–Belgique 2026 : quand la transition automobile devient une contrainte sociale

04 Ocak, 2026, Pazar 14:36
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OPINION 

Bruxelles–Belgique 2026 : quand la transition automobile devient une contrainte sociale

Fiscalité, zones interdites, chômage, pouvoir d’achat : le véhicule individuel sous pression

Par Kadir Duran , Bruxelles Korner

BEAUCOUP DE QUESTIONS SANS REPONSES 

Introduction : Une transition qui ne dit pas son nom

La transition écologique est souvent présentée comme un horizon technologique et environnemental. En Belgique, et plus particulièrement à Bruxelles, elle prend désormais la forme d’une contrainte quotidienne, tangible, budgétaire et sociale.

À partir du 1er janvier 2026, une série de décisions fiscales, réglementaires et sociales convergent vers un même effet : réduire drastiquement l’espace de choix des citoyens et des entreprises en matière de mobilité.
Voiture thermique fiscalement disqualifiée, circulation interdite pour des milliers de véhicules, pression sur les revenus et incertitude économique : la question n’est plus faut-il passer à l’électrique ?, mais qui peut encore se le permettre.

1. Fiscalité automobile : la fin programmée du thermique

La réforme fédérale de la fiscalité des voitures de société constitue un tournant clair.

À partir de 2026 :

  • Les véhicules thermiques (essence et diesel) ne sont plus fiscalement déductibles pour les sociétés et indépendants lorsqu’ils sont acquis ou loués à partir de cette date.

  • Les véhicules 100 % électriques restent seuls pleinement déductibles, faisant de l’électrique non plus une option, mais une obligation économique pour les entreprises.

  • Les hybrides bénéficient encore d’un régime transitoire limité, appelé à s’éroder rapidement.

Conséquence directe : pour les sociétés, ne pas investir dans l’électrique devient financièrement irrationnel, indépendamment de l’usage réel, de l’infrastructure disponible ou du contexte économique.

Cette fiscalité ne récompense plus un comportement vertueux : elle pénalise toute alternative.

2. Bruxelles 2026 : la LEZ comme instrument de sélection sociale

La Région de Bruxelles-Capitale durcit simultanément sa Zone de Basses Émissions (LEZ).

Dès le 1er janvier 2026 :

  • Diesel Euro 5 : interdit

  • Essence Euro 2 : interdit

  • Sanctions financières à la clé après une courte période de tolérance.

Ces normes concernent des dizaines de milliers de véhicules encore parfaitement fonctionnels, souvent détenus par :

  • des ménages à revenus modestes,

  • des travailleurs précaires,

  • des indépendants urbains,

  • des habitants de la périphérie dépendants de la voiture.

À Bruxelles, ne pas pouvoir remplacer son véhicule équivaut désormais à une restriction de mobilité.

La LEZ n’est plus seulement un outil environnemental : elle devient un filtre économique.

3. Chômage, précarité et injonction à investir

Cette pression réglementaire intervient dans un contexte social dégradé.

À partir de 2026 :

  • Plus de 4 000 personnes perdent leur droit aux allocations de chômage dès le début de l’année.

  • Jusqu’à 40 000 personnes pourraient être exclues du système sur l’ensemble de l’année, selon les projections liées aux réformes de l’ONEM.

? Dans le même temps, on demande à ces ménages :

  • d’investir dans un véhicule plus cher,

  • d’absorber des coûts énergétiques variables,

  • de financer des solutions alternatives souvent inexistantes ou saturées.

La contradiction est frontale :
moins de sécurité de revenu, mais plus d’obligations d’investissement.

4. L’électrique : solution universelle ou privilège urbain ?

Le véhicule électrique est souvent présenté comme une évidence technique. À Bruxelles et en Belgique, la réalité est plus contrastée.

Problèmes structurels persistants :

  • Accès limité à la recharge pour les habitants sans garage privé.

  • Réseaux de bornes encore inégalement répartis.

  • Coûts d’achat élevés malgré les incitations.

  • Incertitudes sur la valeur de revente et l’évolution fiscale.

L’électrique fonctionne bien pour les ménages stables, solvables, propriétaires ou bien équipés.
Pour les autres, il devient un risque financier.

5. Une mobilité sous contrainte, pas sous choix

Ce qui se joue en Belgique n’est pas un simple virage technologique. C’est un changement de paradigme politique :

  • La fiscalité oriente, puis exclut.

  • La réglementation interdit, avant de proposer.

  • Le citoyen s’adapte, ou se replie.

La voiture individuelle, longtemps considérée comme un outil d’intégration économique, devient un facteur de fragilisation sociale, en particulier à Bruxelles, où :

  • le logement est dense,

  • les alternatives ne couvrent pas tous les usages,

  • les inégalités de revenus sont marquées.

Pour finir, une transition qui laisse des angles morts

La transition vers une mobilité plus propre est nécessaire. Mais en Belgique, elle est aujourd’hui asymétrique :

  • rapide pour ceux qui ont les moyens,

  • brutale pour ceux qui ne les ont pas.

À Bruxelles, vivre, travailler et se déplacer en 2026 implique désormais :

  • de choisir son véhicule selon la fiscalité, non selon l’usage,

  • de prévoir sa mobilité comme un investissement, non comme un besoin,

  • d’anticiper des règles mouvantes dans un climat économique incertain.

L’électrique comme injonction, pas comme solution

Ce n’est pas une politique climatique.
C’est une politique de contrainte.

Le discours officiel répète que l’électrique est la réponse.
Dans les faits, il n’est une réponse que pour une partie de la population.

  • Garage privé requis.

  • Infrastructure de recharge inégale.

  • Coût d’achat élevé.

  • Incertitude sur le prix de l’électricité.

  • Dépendance technologique accrue.

Pour beaucoup de Bruxellois, notamment dans les quartiers populaires et la périphérie, l’électrique n’est pas inaccessible par idéologie, mais par réalité matérielle.

On ne refuse pas la transition.
On n’y a tout simplement pas accès.

Un vide politique qui pèse sur les décisions

À cet élément s’ajoute un facteur institutionnel majeur souvent sous-estimé : Bruxelles ne dispose toujours pas d’un gouvernement de plein exercice. Cette absence de pilotage politique clair fragilise la capacité de la Région à définir une stratégie cohérente, qu’il s’agisse de mobilité, de transition énergétique ou d’attractivité économique.

La question centrale n’est donc plus technologique, mais sociale :
peut-on imposer une transition sans sécuriser ceux qui doivent la vivre ?

À suivre dans Bruxelles Korner

Fiscalité, mobilité, chômage, pouvoir d’achat : 2026 marque une recomposition silencieuse des conditions de vie en Belgique.

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