La soupe fiscale en Belgique
TAX MAN BRUXELLES par Kadir Duran
Belgique 2026, Les grands changements fiscaux en résumé
L’année 2026 marque un tournant structurel de la fiscalité belge. Au-delà des ajustements techniques, elle consacre un changement de philosophie : plus de contrôle, plus de présomptions, plus de procédures, souvent au détriment de la lisibilité et de la sécurité juridique.

1. Plus-values : fin de l’exception belge
Introduction d’une taxe sur les plus-values dans le patrimoine privé.
Taux de 10 % pour les particuliers, avec exonération annuelle de 10.000 € (jusqu’à 15.000 € après report).
Régimes spécifiques plus lourds pour :
participations substantielles (≥ 20 %),
plus-values internes (jusqu’à 33 %).
Entrée en vigueur chaotique, avec régimes transitoires, opt-in / opt-out et forte charge déclarative.
La plus-value devient un risque fiscal et juridique, pas seulement un impôt.
2. Comptes-titres : présomption d’abus et surveillance accrue
Maintien de la taxe de 0,15 % au-delà de 1 million €.
Introduction d’une présomption anti-abus sur :
conversions en titres nominatifs,
transferts partiels de comptes-titres.
Obligation de notification (DivTax / MyMinfin).
Tolérance administrative jusqu’au 31 janvier 2026, révélatrice d’une mise en œuvre tardive.
La fiscalité devient procédurale : mal notifier peut coûter autant que frauder.
3. Épargne : gel et réduction des incitants
Plafonds d’épargne-pension gelés à leur niveau de 2025.
Hausse limitée de la quotité exemptée d’impôt (gain marginal).
Réduction de la déductibilité des dons (de 45 % à 30 %).
Baisse progressive des avantages liés aux rentes alimentaires.
L’épargne est toujours encouragée… mais moins récompensée.
4. Droits d’auteur : fin d’un régime attractif
Suppression des frais forfaitaires sur les droits d’auteur.
Taxation pleine à 15 %, sauf exceptions très encadrées.
Impact significatif pour les professions créatives, IT, médias, design.
Fin d’un outil d’optimisation largement utilisé.
5. Sociétés et dirigeants : sortie de cash plus coûteuse
Hausse du précompte mobilier :
VVPR-bis : de 15 % à 18 %.
Réserve de liquidation alignée à 18 %.
Impact également sur les bénéfices accumulés avant 2026.
La distribution devient un acte fiscalement stratégique.
6. Voitures de société : durcissement écologique
Fin de la déductibilité des voitures thermiques acquises à partir de 2026.
Baisse progressive de la déductibilité pour les véhicules existants.
Deux régimes distincts pour les hybrides (sociétés vs indépendants).
Dernière fenêtre pour une déductibilité à 100 % des électriques.
La mobilité devient un levier fiscal à part entière.
7. Logique générale 2026 : un État qui présume
Plus de présomptions anti-abus.
Plus de transparence forcée (banques, PCC, échanges d’informations).
Plus de charge administrative transférée vers le contribuable.
Moins de sécurité juridique, surtout en phase transitoire.
Lecture finale : La “soupe fiscale” belge
2026 ne marque pas une simple hausse d’impôts.
Elle consacre un modèle où l’État ne fait plus confiance par défaut, mais contrôle par anticipation.
Dans cette nouvelle fiscalité :
comprendre les règles devient aussi important que les payer,
l’erreur coûte presque autant que la fraude,
la planification redevient centrale.
En Belgique, 2026 est l’année où la fiscalité change de nature.











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