Quoi de neuf économique en Ouzbékistan ?
Panorama stratégique – 15 au 31 janvier 2026
Analyse – Bruxelles Korner / Kadir Duran

L’Ouzbékistan confirme, en ce début 2026, sa mue en plateforme économique eurasiatique. Diplomatie économique active, corridors logistiques, accords migratoires et partenariats énergétiques structurants dessinent une trajectoire claire : ancrer le pays comme hub fiable entre Europe, Turquie, Chine et Russie.
1) Europe : logistique et partenariats ciblés
Pologne – Hubs de réexportation vers l’UE
Un accord avec la Pologne prévoit la création de deux hubs logistiques (région de Tachkent et voïvodie de Mazovie). Objectif : réduire les coûts de transport, fluidifier les réexportations vers l’UE et contourner les frictions actuelles sur les chaînes d’approvisionnement. L’initiative s’inscrit dans le cadre du renforcement du partenariat UE–Ouzbékistan.
Italie – Partenariat stratégique élargi
Lors d’une escale officielle à Tachkent, Shavkat Mirziyoyev et Giorgia Meloni ont acté l’approfondissement des coopérations économiques, scientifiques et culturelles.
Points saillants : quotas de migration de travail, hausse des coentreprises, diplomatie culturelle (Biennale de Venise, cinéma). Une visite officielle est annoncée.

2) Turquie & espace turcique : intégration accélérée

Commerce : cap sur 5 milliards $
À Ankara, Mirziyoyev et Recep Tayyip Erdoğan visent 5 milliards $ d’échanges. Élargissement des listes préférentielles, corridors de transport et zones économiques figurent au cœur des feuilles de route.
Migration de travail : régularisation et emplois
Dès le 1er mars 2026, des permis de travail seront délivrés à des Ouzbeks résidant en Turquie depuis trois ans. Un groupe turc recrutera 2 500 travailleurs (BTP) en 2026. Logique : sécuriser l’emploi, réduire l’irrégularité, répondre aux besoins sectoriels.
Sécurité & défense
Un plan militaire 2026 formalise exercices conjoints, formations et coopération technique. Le Corridor transcaspien (Middle Corridor) est confirmé comme axe géoéconomique prioritaire, avec une coordination accrue incluant l’Azerbaïdjan.

3) Chine & Russie : infrastructures et énergie
Hub logistique chinois à Tachkent
Un mémorandum avec la zone économique de Shihezi prévoit un hub logistique et centre d’exposition. En 2025, l’Ouzbékistan a traité 2,8 millions de tonnes de fret international et de transit : la dynamique est clairement à la hausse.
Nucléaire civil : étape industrielle
Avec Rosatom, les autorités confirment l’avancement de la première centrale nucléaire de faible capacité (travaux engagés en octobre 2025). Extension des coopérations en agriculture, santé, recherche, et montée en puissance de la formation (école d’ingénierie nucléaire via la branche MEPhI de Tachkent).

Lecture stratégique – Bruxelles Korner
Pivot logistique : l’Ouzbékistan capitalise sur sa géographie pour devenir nœud eurasiatique.
Multivectorialité assumée : UE, Turquie, Chine, Russie – diversification sans alignement exclusif.
Main-d’œuvre & mobilité : accords migratoires pragmatiques pour soutenir la croissance et la stabilité sociale.
Énergie & compétences : le nucléaire civil s’accompagne d’un investissement massif en capital humain.
Conclusion. Début 2026 confirme une trajectoire cohérente : infrastructures, connectivité, sécurité juridique et compétences. L’Ouzbékistan ne se contente plus d’attirer ; il oriente.











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