Quoi de neuf au Kazakhstan ?
Newsletter – Janvier 2026
Analyse & synthèse | Par Kadir Duran – Bruxelles Korner

Kazakhstan 2026 : une modernisation assumée, entre réformes, numérique et puissance stratégique
L’entretien annuel du président Kassym-Jomart Tokaïev accordé au Turkistan Newspaper le 5 janvier 2026 s’inscrit dans la continuité d’une séquence politique désormais bien installée : celle d’un État qui revendique la durée, la planification et l’irréversibilité des réformes.
Au-delà de l’exercice médiatique, cet entretien constitue un document stratégique, révélateur des priorités économiques, technologiques et institutionnelles du Kazakhstan à l’orée de 2026.
Une économie au-delà des seuils symboliques
Le fait marquant de l’année 2025 est d’abord macroéconomique :
➡️ le PIB kazakh a franchi la barre des 300 milliards de dollars, avec une croissance supérieure à 6 %.
Ce seuil n’est pas seulement comptable. Il traduit :
une consolidation post-crises,
une diversification progressive de l’économie,
et une capacité de résilience dans un environnement mondial instable.
Le président reconnaît néanmoins les tensions persistantes, notamment l’inflation, soulignant que la phase actuelle n’est pas celle de l’autosatisfaction, mais de la consolidation structurelle.
Réforme fiscale : changement de logique, pas simple ajustement
Le nouveau Code fiscal est présenté comme un reset structurel, rompant avec une approche exclusivement coercitive.
L’objectif affiché est triple :
instaurer une relation de partenariat entre l’État, les entreprises et les citoyens,
améliorer la culture fiscale,
réduire les zones grises propices à la corruption.
Cette réforme s’inscrit dans une logique de responsabilité partagée et de redistribution plus lisible , un signal adressé autant aux investisseurs qu’à la société civile.
2026 : l’année charnière des réformes irréversibles
L’agenda 2026 est explicitement réformateur. Il repose sur plusieurs piliers structurants :
poursuite des réformes politiques et institutionnelles,
accélération de la transformation numérique,
célébration du 35ᵉ anniversaire de l’indépendance comme moment de projection, non de commémoration passive.
L’initiative civique Taza Qazaqstan reste un marqueur central : elle vise à renforcer la responsabilité sociale, l’engagement citoyen et la conscience environnementale dans le cadre d’une modernisation globale.
Numérique et intelligence artificielle : une ambition d’écosystème
La proclamation de 2026 comme Année de la digitalisation et de l’intelligence artificielle marque une inflexion claire.
Les priorités identifiées :
déploiement d’infrastructures numériques,
adaptation du cadre législatif,
développement des fintechs et des hubs d’innovation,
investissement massif dans l’éducation et le capital humain.
L’IA n’est pas présentée comme un gadget technologique, mais comme un levier transversal : administration, économie, services publics, compétitivité internationale.
Nucléaire et minerais critiques : la géo-économie au cœur du modèle
Deux secteurs ressortent comme vecteurs stratégiques de souveraineté :
L’énergie nucléaire
projets de centrales nucléaires,
sécurisation de l’approvisionnement énergétique,
formation d’une nouvelle génération d’ingénieurs et de techniciens.
Les minerais critiques et terres rares
une demande mondiale appelée à doubler d’ici cinq ans,
un positionnement kazakh fondé sur des partenariats internationaux,
un lien direct avec les besoins en data centers, IA et industries de pointe.
L’énergie est ici conçue comme une infrastructure de puissance, indispensable à l’économie numérique.
Une nouvelle phase de modernisation
L’entretien confirme une chose : le Kazakhstan se projette dans une modernisation de long terme, structurée, planifiée et assumée politiquement.
Réformes, numérique, énergie, capital humain et responsabilité civique ne sont pas abordés comme des politiques isolées, mais comme les composantes d’un modèle de développement cohérent, pensé pour résister aux chocs géopolitiques et technologiques à venir.
? Le message est clair : 2026 ne sera pas une année de transition, mais une année de bascule stratégique.
Bruxelles Korner – Analyse géopolitique et économique
Kadir Duran











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