Selon l express
Europe
Attentat à Ankara: la manifestation pour la paix se transforme en "massacre"
Julie Thoin-Bousquié avec AFP, publié le 10/10/2015 à 13:59, mis à jour à 21:14
Au moins 86 personnes ont trouvé la mort et 186 ont été blessées ce samedi matin en Turquie. L'attentat aurait été commis par deux kamikazes, selon le gouvernement turc. L'Express fait le point sur les dernières informations.
Une femme blessée lors d'une double explosion près de la gare le 10 octobre 2015 à Ankara.
afp.com/ADEM ALTAN
Au moins 86 morts et 186 blessés. C'est le très lourd bilan, pour l'heure provisoire, donné par le ministère de la Santé turc après la double explosion qui a eu lieu dans les rues d'Ankara ce samedi, lors d'une manifestation pour la paix organisée par l'opposition prokurde à trois semaines des élections législatives anticipées. Le gouvernement turc a rapidement évoqué la piste "terroriste". "Il existe de fortes preuves montrant que cette attaque a été perpétrée par deux kamikazes", a affirmé le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, en fin d'après-midi. Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a condamné "cette attaque haineuse contre notre unité et la paix de notre pays", a décrété trois jours de deuil national.
Que s'est-il passé?
Samedi matin, une double déflagration eu lieu dans le centre-ville d'Ankara, à proximité de la principale gare de la capitale turque. Des militants de l'opposition au régime du président turc Recep Erdogan s'étaient réunis devant la gare, dans le cadre d'un rassemblement en faveur de la paix. La majorité des manifestants appartenait au HDP, principal parti d'opposition pro-kurde. Des délégations de syndicats et de partis politiques de gauche avaient également répondu présent à l'appel.
Des images amateurs ont montré des groupes de militants chantant et dansant la main dans la main avant d'être précipités au sol par la violence d'un première déflagration. "On a entendu une grosse et une petite explosion et il y a eu un gros mouvement de panique, ensuite nous avons vu des corps qui jonchaient l'esplanade de la gare, a témoigné Ahmet Onen, un retraité de 52 ans qui quittait les lieux avec sa femme. Une manifestation destinée à promouvoir la paix a été transformée en massacre, je ne comprends pas".
Les effectifs de police ont été rapidement dépêchés autour de la gare et le quartier a été bouclé. Deux heures après l'explosion, de nombreux corps gisaient encore sur le sol, recouverts de drapeaux du Parti démocratique des peuples (HDP, prokurde) ou d'autres mouvements ou syndicats de gauche.
Par la suite, la police a été contrainte de tirer des coups de feu en l'air pour disperser des manifestants en colère qui protestaient contre la mort de leurs camarades aux cris de "policiers assassins".
Dans quel contexte ce drame survient-il?
Lors du scrutin législatif du 7 juin dernier, le parti du président islamo-conservateur Recep Erdogan a perdu la majorité absolue qu'il détenait depuis treize ans au Parlement, notamment en raison du bon score réalisé par le HDP. Après l'échec des tractations pour la constitution d'un gouvernement de coalition à l'issue des législatives de juin, le chef d'Etat turc a décidé de convoquer des élections législatives anticipées le 1er novembre, sur fond d'affrontements meurtriers et quotidiens entre les forces de sécurité turques et les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le sud-est à majorité kurde du pays.
Le 20 juillet dernier, un attentat suicideattribué au groupe Etat islamique (EI) avait fait 32 morts parmi des militants de la cause prokurde dans la ville de Suruç, toute proche de la frontière syrienne. Dans la foulée de l'attentat de Suruç, de violents affrontements ont repris entre l'armée turque et les rebelles du PKK, qui ont fait voler en éclat un fragile cessez-le-feu qui tenait depuis mars 2013.
La manifestation a-t-elle été suffisamment sécurisée?
Interrogé par BFM TV, le professeur de sciences politiques à l'université d'Istanbul Cengiz Aktar explique qu'"aucune mesure de sécurité n'encadrait la manifestation". "Il est incompréhensible qu'il n'y ait pas de fouilles à l'endroit où la manifestation avait lieu" a-t-il estimé.
Pour lui, "tout pointe vers une volonté orchestrée (du gouvernement, ndlr) de façon à accroître le sentiment d'insécurité auprès de la population". Un avis partagé par le journaliste Alain Gresh, également interrogé par BFM TV, selon lequel le régime "ne fait rien pour contrôler le déchaînement des forces anti-kurdes ultra-nationalistes" présentes dans le pays. Il s'agirait là d'une stratégie du "gouvernement qui veut faire croire qu'il doit obtenir la majorité pour éviter que cela soit le chaos". Et de conclure: "on est dans une situation de responsabilité au moins indirecte du régime". Le ministre de l'Intérieur turc, Selami Altinok, a démenti toute "faiblesse du service de sécurité" prévu pour la manifestation et assuré qu'il ne démissionnerait pas.
10000 manifestants accusent le gouvernement
Le principal parti prokurde de Turquie, qui appelait à la manifestation, a dénoncé un "terrible massacre", mettant en cause le gouvernement. "Nous sommes confrontés à un Etat meurtrier qui s'est transformé en mafia", a réagi le chef de file du Parti démocratique des peuples (HDP), Selahattin Demirtas.
A Istanbul, près de 10000 personnes ont dénoncé ce samedi laresponsabilité du gouvernement dans le double attentat. Derrière une large bannière proclamant "nous connaissons les meurtriers", les manifestants ont conspué le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan et son Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir depuis 2002. "Erdogan meurtrier" ou "la paix l'emportera", ont-ils scandé sur l'avenue Istiklal, la grande artère piétonne située au coeur de la partie européenne de la plus grande ville de Turquie.
ALERTE
Un nouveau bilan de l'attentat à Ankara fait état de 86 morts
Le 10 octobre 2015 à 15h06
Selon l Obs
Il y aurait au moins trente morts après deux fortes explosions près de la gare de la capitale turque, où devait avoir lieu un rassemblement pour la paix.
Une forte explosion a retenti samedi 10 octobre au matin près de la principale gare d'Ankara, avant un rassemblement de l'opposition turque en faveur de la paix, ont annoncé des médias turcs. Il y aurait au moins 30 morts et de très nombreux blessés selon un premier bilan. Le point sur la situation.
#QUE S'EST-IL PASSÉ ?
Deux explosions se sont produites près de la gare d'Ankara, où un rassemblement en faveur de la paix devait avoir lieu à l'appel de plusieurs mouvements de gauche, dont le parti prokurde HDP.
Une vidéo de l'explosion a été diffusée sur Twitter :
#QUELLE EST LA CAUSE DE L'EXPLOSION?
La double explosion est probablement une attaque "terroriste", a affirmé à un responsable gouvernemental.
"Nous soupçonnons qu'il y a un lien terroriste", a déclaré un responsable qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat.
"Nous maudissons et condamnons cette attaque atroce qui a visé notre démocratie et la paix dans notre paix", a déclaré le ministère turc de l'Intérieur dans un communiqué sur son site internet.
#QUEL EST LE BILAN ?
On dénombre selon un bilan provisoire au moins 30 personnes ont été tuées et 126 blessées.
Avec AFP
Selon le Monde
Au moins 30 morts dans une explosion dans le centre d’Ankara
Le 10 octobre 2015 à 10h03Mis à jour le 10 octobre 2015 à 12h20
Cette explosion s’est produite sur le parcours d’une manifestation pacifiste contre la reprise des violences entre les forces de sécurité turques et les séparatistes kurdes.
Une double explosion s’est produite samedi matin à un carrefour du centre d’Ankara, la capitale turque, faisant au moins 30 morts et 126 blessés selon un premier bilan officiel communiqué par le ministère de l’intérieur.
- Les circonstances de l’attentat
De source gouvernementale, l’hypothèse d’un acte terroriste est privilégiée et une enquête est en cours pour déterminer s’il s’agit là d’un attentat suicide. Le premier ministre Ahmet Davutoglu doit convoquer à la mi-journée une réunion de crise en réponse aux événements de ce jour.
L’explosion s’est produite devant la principale gare ferroviaire de la capitale turque, devant laquelle défilaient des centaines de manifestants participant à une marche pacifiste contre la reprise des violences entre les forces de sécurité turques et les séparatistes kurdes dans le sud-est du pays. Parmi les organisateurs de la manifestation figurait le Parti de la démocratie des peuples (HDP, prokurde, gauche). Celui-ci a aussitôt réagi sur tweeter pour déplorer les nombreuses victimes.
- Les manifestants repoussés par la police
Quelques minutes à peine après les explosions, des manifestants se sont plaints de l’intervention musclée des forces de l’ordre les empâchant de venir en aide aux blesssés.
Des coups de feu ont même été tirés en l’air pour disperser la foule.
- La Turquie en état d’alerte renforcée depuis cet été
Cet événement survient dans un contexte de crispation sécuritaire dans le pays et à l’approche d’élections législatives convoquées par le président Erdogan le 1er novembre. Durant l’été, deux meetings du HDP avaient fait l’objet d’attaques meurtrières : à Diyarbakir, le 5 juin, puis et à Suruç, près de la frontière syrienne, le 20 juillet. Cette dernière attaque, qui avait fait 32 morts, avait été imputée par le gouvernement à l’Etat islamique.
La Turquie, Etat membre de l’Otan, vit en alerte renforcée depuis que le président Recep Tayyip Erdogan, après l’attentat de Suruç, a déclenché un « combat synchronisé contre le terrorisme » contre l’EI en Syrie et contre des bases arrière du PKK dans le nord de l’Irak.
Selon La Libre Belgique
Attentat en Turquie: une double explosion à Ankara fait des dizaines de morts
AFP Publié le samedi 10 octobre 2015 à 10h04 - Mis à jour le samedi 10 octobre 2015 à 12h32
Au moins 30 personnes ont été tuées samedi matin lors d'une double explosion probablement due à un attentat qui a visé à Ankara des militants de l'opposition venus participer à un rassemblement pour la paix à trois semaines des législatives.
Plus d'une centaine de personnes ont également été blessées par cette double déflagration survenue devant la principale gare d'Ankara, où se rassemblaient les délégations de syndicats et de partis politiques de gauche, dont le principal parti prokurde, venues de toute la Turquie pour cette manifestation.
Selon un bilan provisoire publié par le ministère turc de l'Intérieur, la double explosion a fait au moins 30 morts et 126 blessés.
Les autorités turques ont rapidement évoqué l'hypothèse d'un attentat.
"Nous maudissons et condamnons cette attaque atroce qui a visé notre démocratie et la paix dans notre paix", a déclaré le ministère dans un communiqué sur son site internet.
"Nous soupçonnons qu'il existe un lien terroriste", a confirmé sous couvert de l'anonymat à l'AFP un responsable gouvernemental.
Cette double explosion intervient à trois semaines des élections législatives anticipées prévues le 1er novembre, sur fond d'affrontements meurtriers et quotidiens entre les forces de sécurité turques et les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le sud-est à majorité kurde du pays.
De très importants effectifs de police ont immédiatement été dépêchés autour de la gare d'Ankara, qui ont été bouclés. De nombreuses ambulances étaient également présentes sur les lieux, a constaté un journaliste de l'AFP.
Deux heures après l'explosion, de nombreux corps gisaient encore sur le sol, recouverts de drapeaux du Parti démocratique des peuples (HDP, prokurde) ou d'autres mouvements ou syndicats de gauche.
"On a entendu une grosse et une petite explosion et il y a eu un gros mouvement de panique, ensuite nous avons vu des corps qui jonchaient l'esplanade de la gare", a déclaré à l'AFP Ahmet Onen, un retraité de 52 ans qui quittait les lieux avec sa femme.
"Une manifestation destinée à promouvoir la paix a été transformée en massacre, je ne comprends pas", a-t-il ajouté.
La police a été contrainte de tirer des coups de feu en l'air pour disperser des manifestants en colère qui protestaient contre la mort de leurs camarades aux cris de "policiers assassins", a constaté un journaliste de l'AFP.
"Nous sommes confrontés à un terrible massacre. C'est une attaque barbare qui a été commise", a réagi le coprésident du HDP, Selahattin Demirtas.
La chaîne d'information NTV a diffusé des images vidéo prises par un amateur montrant des groupes de militants chantant et dansant la main dans la main avant d'être précipités au sol par la violence de la déflagration.
"J'ai vu un homme qui avait la jambe arrachée et qui gisait au sol. J'ai vu aussi une main arrachée sur le bitume", a rapporté un autre témoin, Sahin Bulut, membre de l'Association des ingénieurs d'Istanbul venu de la principale ville de Turquie pour participer à la manifestation. "C'est comme à Suruç", a-t-il ajouté.
Le 20 juillet dernier, un attentat suicide attribué au groupe Etat islamique (EI) avait fait 32 morts parmi des militants de la cause prokurde dans la ville de Suruç, toute proche de la frontière syrienne.
L'agence de presse progouvernementale Anatolie a indiqué que les autorités soupçonnaient l'explosion d'Ankara d'être l'oeuvre d'un kamikaze.
Dans la foulée de l'attentat de Suruç, de violents affrontements ont repris entre l'armée turque et les rebelles du PKK, qui ont fait voler en éclat un fragile cessez-le-feu qui tenait depuis mars 2013.
Plus de 150 policiers ou soldats ont été tués depuis dans des attentats attribués au PKK, alors que les autorités turques affirment avoir "éliminé" plus de 2.000 membres du groupe rebelle lors de leurs opérations de représailles.
Lors du scrutin législatif du 7 juin dernier, le parti du président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan a perdu la majorité absolue qu'il détenait depuis treize ans au Parlement, notamment en raison du bon score réalisé par le HDP.
Après l'échec des négociations pour la formation d'un gouvernement de coalition, il a convoqué des élections anticipées pour le 1er novembre.
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