Quoi de neuf en Ouzbékistan – Économie
Période : 1er – 15 janvier 2026
BRUXELLES KORNER - Kadir Duran
Le fait saillant
Entre le 1er et le 15 janvier, Tachkent met l’économie diplomatique au centre du jeu : réduire le coût logistique vers l’UE, verrouiller des “corridors” concrets (Pologne/Roumanie), et transformer les ambassades en machines à exporter avec des KPI explicitement adossés aux recettes d’export et à l’attraction d’investissements.
1) Europe : la “bataille du fret” devient une politique d’État (15 janvier)
Corridor Pologne / Brest : réduire une facture devenue prohibitive
Lors de la séquence du 15 janvier (réunion/videoconférence sur l’action extérieure et l’export), le pouvoir demande d’ouvrir une voie cargo dédiée au point de passage de Brest (porte d’entrée logistique majeure vers l’UE), et d’étudier des services ferroviaires Tachkent–Pologne/Lituanie. Objectif : casser une inflation logistique qui, selon les données reprises dans la presse locale, fait grimper les coûts routiers vers Allemagne/Pays-Bas à 7.000–9.000 USD par camion, renchérissant les produits de 300–500 USD/tonne.
Lecture économique :
Le message est moins “anti-crise” que “anti-dépendance” : contourner les frictions via Russie/Iran/Turkménistan en sécurisant une route UE plus directe.
Le choix de la Pologne signale une stratégie “porte d’entrée + redistribution” (hub UE) plutôt qu’une approche pays par pays.
Roumanie / Constanța : un pied sur la mer Noire (et un outil commercial)
La même séquence pousse à créer une trade house à Constanța et à viser un doublement des exportations vers la Roumanie en 2026.
2) Chiffres : les exportations vers l’Europe accélèrent (15 janvier)
Tachkent annonce une hausse de 23% des exportations vers l’Europe en 2025, à 2,3 Mds USD. Les autorités mettent les diplomates sous pression pour accélérer la promotion produit et l’alignement aux standards (exemple mis en avant : engrais chimiques vers la France, avec consignes de “traduction normative” et d’appui à des programmes ciblant des marchés agricoles avancés).
Lecture économique :
L’export vers l’UE n’est plus seulement une diversification : c’est un test de compétitivité (normes, traçabilité, logistique).
La doctrine est explicite : “la sécurité économique” devient un pilier de l’État, et l’ambassadeur est évalué sur des résultats quantifiables.
3) Asie centrale : corridor multimodal avec le Tadjikistan (8–10 janvier)
Début janvier, l’axe Tachkent–Douchanbé avance sur trois leviers très concrets :
Capacité accrue au poste frontière Jartepa (UZ) – Sarazm (TJ)
Digitalisation des permis de transport routier international
Lancement d’un pilote sur un corridor multimodal Chine–Tadjikistan–Ouzbékistan (format convois/chargements tests).
Pourquoi c’est stratégique :
Ce type de pilote sert souvent de “preuve de concept” avant montée en volume (procédures, data, douanes, assurance).
La digitalisation des permis est un signal : l’État veut réduire les coûts invisibles (temps, files, intermédiation).
4) Marchés financiers : libéralisation ciblée dès le 1er janvier
Une mesure signalée comme entrant en vigueur au 1er janvier 2026 vise à simplifier les investissements des résidents (notamment vers des actifs/entreprises américaines), en levant certains plafonds/permissions dans la limite des fonds détenus dans les banques ouzbèkes (selon la présentation presse).
Lecture économique :
Double effet possible : modernisation de l’ingénierie financière domestique, mais aussi pression sur la gestion des sorties de capitaux si la confiance monétaire faiblit.
À surveiller (suite immédiate après le 15 janvier)
Même si cela sort strictement de la fenêtre 1–15 janvier, deux signaux publiés juste après méritent d’être gardés dans le radar :
Russie–Ouzbékistan : discours de “hausse” des échanges et focus logistique (multimodal, numérique, corridors).
Indicateurs sectoriels : progression du marché automobile/VE relayée mi-janvier par la presse (utile comme baromètre de demande).
Conclusion – Ce que raconte vraiment la séquence (1–15 janvier)
L’Ouzbékistan aborde 2026 avec une ligne économique nette : exporter plus, coûter moins, normer mieux. La diplomatie n’est plus seulement politique ; elle devient un instrument de réduction de coûts et de captation de marché — avec une obsession : sécuriser des routes vers l’UE, non pas par slogans, mais par points de passage, voies dédiées, rails, trade houses et KPI.










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