Quoi de neuf au Kirghizistan ?
Quoi de neuf au Kirghizistan ? Par Kadir Duran – Janvier 2026 Newletter 2026 01
Réforme des visas, équilibres migratoires et repères culturels essentiels
Par Kadir Duran – Bruxelles Korner
Janvier 2026

Un ajustement migratoire discret mais structurant
À la toute fin de l’année 2025, le Kirghizistan a modifié de manière significative son régime d’entrée pour les ressortissants étrangers. Par la résolution n°855 du Conseil des ministres, entrée en vigueur le 31 décembre 2025, les autorités ont réduit la durée de séjour sans visa accordée aux ressortissants de 55 pays.
Désormais, ces voyageurs peuvent séjourner 30 jours civils maximum sur une période de 60 jours, sans visa ni obligation d’enregistrement. Jusqu’à fin 2025, le régime autorisait 60 jours sur 120 jours.
Selon le ministère des Affaires étrangères, cette réforme vise à rationaliser les flux migratoires, à renforcer la lisibilité des règles applicables aux étrangers et à aligner la politique migratoire sur les priorités de l’État.
Une politique de visas différenciée selon les partenaires
La réforme ne s’applique pas uniformément. Le Kirghizistan maintient des régimes spécifiques, révélateurs de ses priorités géopolitiques et régionales :
Union économique eurasienne (Arménie, Biélorussie, Kazakhstan, Russie)
→ 90 jours sur 180 jours, sans formalités.Ouzbékistan
→ 60 jours sur 180 jours, sous réserve d’accords bilatéraux.Turquie, Serbie, Ukraine, Mongolie
→ 90 jours sur 180 jours, sans visa.Pays du Golfe (Arabie saoudite, EAU, Qatar, Koweït, Oman, Bahreïn)
→ 180 jours sur 360 jours, régime particulièrement favorable.
À l’issue des périodes autorisées, les voyageurs doivent quitter le territoire ou solliciter un visa, un permis de séjour ou une autorisation temporaire.
Le visa électronique, pilier de l’ouverture contrôlée
Pour les séjours dépassant les seuils d’exemption, le visa électronique (e-Visa) reste pleinement opérationnel.
En place depuis 2017, il permet d’introduire une demande en ligne via le portail officiel www.evisa.e-gov.kg, pour des motifs touristiques, professionnels ou privés.
Ce dispositif illustre l’approche kirghize : maintenir l’accessibilité, tout en renforçant le contrôle administratif.
Le Kirghizistan en repères
Pays d’Asie centrale enclavé et majoritairement montagneux, le Kirghizistan est indépendant depuis 1991. Sa capitale, Bichkek, concentre l’essentiel des fonctions politiques et économiques.
Relief : plus de 75 % du territoire est montagneux (Tian Shan, contreforts du Pamir).
Population : majoritairement kirghize, héritière d’une forte culture nomade.
Langues : kirghize (officielle) et russe (langue de communication).
Religion : islam sunnite dominant, avec influences soufies et pratiques traditionnelles.
Économie : agriculture, ressources naturelles et intégration à l’Union économique eurasienne.
Lecture finale
La réforme des visas entrée en vigueur fin 2025 ne traduit pas un repli du Kirghizistan, mais une maturation administrative.
L’État cherche à conjuguer attractivité, contrôle et cohérence, dans un contexte régional sensible.
Pour le voyageur, le diplomate ou l’observateur, le message est clair :
le Kirghizistan reste ouvert mais selon des règles plus précises.
Et pour en saisir le rythme réel, il faut autant lire ses décrets… que goûter une samsy sur un trottoir de Bichkek.
Connaissez-vous un plat traditionnel appelé La samsy ?
La samsy : comprendre le pays par sa cuisine
Au Kirghizistan, la samsy n’est ni un plat folklorique ni une curiosité touristique.
C’est un aliment du quotidien, omniprésent dans l’espace public : marchés, gares routières, rues de Bichkek ou villages de montagne.
Il s’agit d’un feuilleté cuit au four, traditionnellement dans un tandoor, garni de :
viande de mouton ou de bœuf,
oignons,
graisse animale,
assaisonnement simple (sel, poivre, parfois cumin).
La samsy incarne une cuisine fonctionnelle et directe, héritée du mode de vie nomade : nourrissante, robuste, adaptée à un environnement exigeant.
La goûter, c’est accéder à une lecture concrète du Kirghizistan réel, loin des discours institutionnels. Elle dit beaucoup d’un pays où la modernité avance sans rompre totalement avec ses continuités sociales.











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