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Kazakhstan–Allemagne : Tokayev veut transformer le partenariat économique en alliance industrielle et financière

Ana SayfaOrta Asya - Asie CentraleKazakhstan–Allemagne : Tokayev veut transformer le partenariat économique en alliance industrielle et financière
Kazakhstan–Allemagne : Tokayev veut transformer le partenariat économique en alliance industrielle et financière

Kazakhstan–Allemagne : Tokayev veut transformer le partenariat économique en alliance industrielle et financièreKAZAKHSTAN–ALLEMAGNE : LES ÉCHANGES COMMERCIAUX DÉPASSENT 2,6 MILLIARDS DE DOLLARS EN SEPT MOIS

30 Eylül, 2026, Çarşamba 21:07
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Kazakhstan–Allemagne : Tokayev veut transformer le partenariat économique en alliance industrielle et financière

KAZAKHSTAN–ALLEMAGNE : LES ÉCHANGES COMMERCIAUX DÉPASSENT 2,6 MILLIARDS DE DOLLARS EN SEPT MOIS

Les relations économiques et commerciales entre le Kazakhstan et l’Allemagne poursuivent leur développement.

Lors de la rencontre à Berlin entre le président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev et le président allemand Frank-Walter Steinmeier, les deux dirigeants ont notamment abordé les relations commerciales et les investissements entre leurs pays.

Selon les chiffres communiqués par le président Tokaïev, le volume des échanges commerciaux entre le Kazakhstan et l’Allemagne a atteint 4,5 milliards de dollars en 2025. Au cours des sept premiers mois de 2026, le commerce bilatéral a déjà dépassé 2,6 milliards de dollars.

Plus de 1 400 entreprises à capitaux allemands sont enregistrées au Kazakhstan. Le montant total des investissements allemands réalisés au Kazakhstan au cours des vingt dernières années s’élèverait par ailleurs à environ 8 milliards de dollars.

Les discussions ont également porté sur le renforcement de la coopération dans d’autres domaines, notamment l’enseignement supérieur, la santé et la culture.

#Kazakhstan#Allemagne#Tokayev#Économie#Commerce#Investissements

Je peux aussi en faire une version journalistique Bruxelles Korner, plus développée et contextualisée sur l’axe économique Kazakhstan–Allemagne–Union européenne..."

Matières premières critiques, financement, intelligence artificielle, énergie, infrastructures : à Berlin, Kassym-Jomart Tokayev propose une plateforme financière commune qui pourrait donner une nouvelle dimension aux relations entre le Kazakhstan, l’Allemagne et, au-delà, l’Union européenne.

Analyse de Kadir Duran — Bruxelles Korner

BERLIN — 29 septembre 2026. La visite officielle de Kassym-Jomart Tokayev en Allemagne ne se résume pas à une nouvelle séquence diplomatique entre Astana et Berlin. Derrière les rencontres politiques apparaît une ambition économique beaucoup plus structurée : rapprocher les ressources et les capacités d’investissement du Kazakhstan du capital, de la technologie et du savoir-faire industriel allemand.

Le président kazakh a ainsi proposé la création d’une plateforme d’investissement et de financement Kazakhstan–Allemagne, associant capitaux allemands et européens, cofinancements kazakhs, garanties publiques et mécanismes de partage des risques. La proposition a été formulée lors d’une rencontre à Berlin avec des responsables d’associations économiques et d’institutions financières allemandes. (Akorda.kz⁠)

Ce mécanisme mérite attention car il pourrait faire évoluer la relation bilatérale d’une logique essentiellement commerciale vers une logique de co-investissement industriel.

Le Kazakhstan ne veut plus seulement exporter ses matières premières

C’est probablement l’un des éléments essentiels du message de Tokayev.

Le Kazakhstan possède une importante base de ressources naturelles. Mais Astana cherche progressivement à attirer davantage d’investissements dans la transformation industrielle, les infrastructures, la technologie, l’énergie et les services financiers.

Dans cette stratégie, l’Allemagne représente un partenaire particulièrement intéressant : puissance industrielle, ingénierie, banques, entreprises technologiques et surtout son Mittelstand, ce réseau de PME et d’entreprises intermédiaires spécialisées qui constitue l’une des particularités du modèle industriel allemand.

Tokayev l’a explicitement présenté comme une expérience dont le Kazakhstan souhaite s’inspirer dans sa propre modernisation économique. (The Astana Times⁠)

La plateforme proposée doit précisément faciliter le passage entre deux mondes qui disposent d’atouts complémentaires : d’un côté, le financement, les technologies et l’ingénierie européennes ; de l’autre, les ressources naturelles, les besoins d’infrastructures et la position géographique du Kazakhstan.

Baiterek au centre du dispositif

Le projet prévoit notamment un rôle pour le holding public kazakh Baiterek, qui pourrait participer à la structuration des investissements.

L’idée avancée à Berlin consiste à associer ces mécanismes kazakhs aux instruments allemands de crédit à l’exportation et d’assurance des investissements, ainsi qu’aux institutions financières internationales présentes au Kazakhstan. (The Astana Times⁠)

Ce point est déterminant.

L’un des principaux obstacles aux grands investissements internationaux dans les économies émergentes reste le risque : risque financier, réglementaire, monétaire ou lié à la durée des projets.

En partageant ces risques entre institutions kazakhes, banques allemandes, garanties publiques et institutions financières internationales, Astana cherche à rendre certains projets plus facilement finançables.

Tokayev affirme d’ailleurs que les institutions kazakhes de développement ont mobilisé environ 20 milliards de dollars de soutien à l’économie l’année dernière.

La Banque de développement du Kazakhstan aurait également attiré plus de 1,2 milliard de dollars auprès d’institutions telles que Deutsche Bank, Helaba, LBBW, Commerzbank et KfW pour financer des projets industriels, énergétiques et d’infrastructures. (The Astana Times⁠)

La plateforme proposée à Berlin chercherait donc moins à partir de zéro qu’à institutionnaliser et amplifier des circuits financiers déjà existants.

Les matières premières critiques : le véritable enjeu stratégique

Derrière les investissements apparaît surtout un enjeu géoéconomique majeur : les matières premières critiques.

L’Union européenne cherche depuis plusieurs années à diversifier ses approvisionnements nécessaires aux batteries, aux technologies numériques, aux énergies renouvelables et à différentes industries stratégiques.

Le Kazakhstan occupe ici une place particulière.

Dès novembre 2022, Bruxelles et Astana ont signé un partenariat stratégique consacré aux matières premières durables, aux batteries et à l’hydrogène renouvelable. L’objectif européen est notamment de construire des chaînes d’approvisionnement plus sûres et plus diversifiées. (Trade and Economic Security⁠)

Ce partenariat ne concerne pas seulement l’extraction.

Il prévoit également la transformation des matières premières, le recyclage, la modernisation des technologies minières, la recherche, les investissements privés et le développement de chaînes de valeur industrielles. (International Partnerships⁠)

Autrement dit, la relation Kazakhstan–Allemagne s’insère dans une stratégie européenne beaucoup plus large.

Pour Berlin, sécuriser l’accès aux ressources nécessaires à son industrie constitue un enjeu économique.

Pour Astana, l’objectif est différent mais complémentaire : utiliser ses ressources pour attirer capital, technologies et capacités industrielles.

Le facteur géopolitique

Cette coopération intervient également dans un environnement international profondément transformé.

L’Europe cherche à réduire certaines dépendances stratégiques et à diversifier ses chaînes d’approvisionnement. Dans le même temps, le Kazakhstan poursuit une politique étrangère multi-vectorielle et cherche à approfondir ses relations économiques avec l’Union européenne tout en conservant ses relations avec la Chine, la Russie et d’autres puissances.

Le rapprochement avec l’Allemagne s’inscrit dans cette logique.

Berlin avait d’ailleurs annoncé avant la rencontre entre Tokayev et le chancelier Friedrich Merz que les discussions porteraient notamment sur le développement du partenariat bilatéral dans l’énergie et les matières premières, mais également sur la coopération régionale en Asie centrale et les questions de sécurité internationale. (Bundesregierung⁠)

Le Kazakhstan peut ainsi devenir simultanément un fournisseur de matières premières, une plateforme industrielle et un corridor entre l’Asie et l’Europe.

Le corridor transcaspien complète l’équation

La géographie donne ici au Kazakhstan un avantage supplémentaire.

L’Union européenne investit dans le développement du corridor de transport transcaspien, également appelé Middle Corridor, reliant l’Asie centrale à l’Europe via la mer Caspienne, le Caucase et la Türkiye.

L’objectif européen est de créer un axe moderne permettant de relier l’Europe et l’Asie centrale en environ 15 jours. (International Partnerships⁠)

Lors du forum consacré à cette connectivité en 2024, les partenaires internationaux avaient annoncé des engagements représentant environ 10 milliards d’euros pour le développement de transports durables en Asie centrale. (International Partnerships⁠)

L’intérêt dépasse donc largement le transport.

Si l’Europe souhaite importer davantage de matières premières ou de produits transformés depuis l’Asie centrale, elle doit disposer d’une infrastructure logistique fiable permettant de les acheminer.

Matières premières + industrie + financement + transport : c’est cette combinaison qui donne sa dimension stratégique au rapprochement Kazakhstan–Allemagne.

L’intelligence artificielle entre dans le partenariat

Autre élément significatif de la visite : l’intelligence artificielle et l’économie numérique.

Tokayev a invité les entreprises allemandes à participer au développement kazakh dans les centres de données, l’efficacité énergétique, le cloud et la cybersécurité.

La fintech constitue également une priorité.

Astana veut notamment développer les technologies de paiement et la tokenisation des actifs, puis éventuellement déployer ces solutions à l’échelle régionale. (The Astana Times⁠)

Cela montre que la stratégie kazakhe ne repose plus uniquement sur les hydrocarbures et l’exploitation minière.

Le pays cherche à associer ses ressources naturelles à une deuxième transformation : numérique, financière et technologique.

Alatau City : laboratoire du Kazakhstan de demain

C’est dans cette perspective que Tokayev a présenté Alatau City aux investisseurs allemands.

Le projet doit devenir une ville intelligente et un nouveau centre économique capable d’attirer les capitaux internationaux.

La stratégie officielle kazakhe prévoit notamment d’y développer les actifs numériques, la tokenisation de l’économie réelle et une nouvelle architecture financière. (Mirror Akorda⁠)

Tokayev propose donc aux investisseurs allemands non seulement des mines, des infrastructures ou des centrales énergétiques, mais également une participation à la construction d’un nouvel écosystème urbain, financier et technologique.

De fournisseur de ressources à partenaire industriel ?

C’est probablement ici que se trouve la question centrale.

Pendant longtemps, les relations économiques entre l’Europe et de nombreux pays riches en matières premières ont reposé sur un modèle relativement simple : extraire, exporter, transformer ailleurs.

Le Kazakhstan cherche manifestement à modifier cette équation.

Astana veut davantage de transformation locale, de technologies, d’industries et de chaînes de valeur implantées sur son territoire.

L’Allemagne, de son côté, cherche des partenaires capables de contribuer à la sécurité de ses approvisionnements industriels tout en offrant de nouveaux débouchés à ses entreprises.

Les intérêts peuvent donc converger.

Mais la réussite dépendra de la transformation des annonces politiques en projets bancables, de la stabilité du cadre réglementaire, des infrastructures disponibles et de la capacité à construire des chaînes industrielles économiquement compétitives.

Berlin–Astana : une relation qui dépasse désormais les deux capitales

La proposition formulée par Tokayev doit finalement être observée dans un cadre plus large.

Il ne s’agit plus seulement d’une relation entre l’Allemagne et le Kazakhstan.

Il s’agit progressivement d’une articulation entre l’Union européenne et l’Asie centrale autour de quatre infrastructures stratégiques :

les matières premières, les corridors de transport, l’énergie et les technologies numériques.

Le Kazakhstan se trouve géographiquement au centre de cette nouvelle architecture.

Et l’Allemagne possède une partie du capital, des technologies, des entreprises et de l’ingénierie nécessaires pour la développer.

La plateforme financière proposée par Tokayev pourrait ainsi devenir un instrument concret permettant de transformer cette complémentarité théorique en investissements.

La question sera désormais de savoir combien de projets industriels sortiront effectivement des déclarations de Berlin.

Car c’est à ce niveau que se mesurera la véritable portée du nouveau partenariat économique entre le Kazakhstan et l’Allemagne.

Kadir Duran

Bruxelles Korner

Sources principales : Présidence du Kazakhstan — Akorda⁠ · Gouvernement fédéral allemand⁠ · Commission européenne — partenariat UE–Kazakhstan⁠ · Commission européenne — corridor transcaspien⁠ · The Astana Times⁠.

Kazakhstan–Allemagne : Tokayev veut transformer le partenariat économique en alliance industrielle et financière
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