Kadir Duran, de Bruxelles Korner, au cœur d’une séquence historique entre observation électorale, diplomatie et relations avec l’Europe
Bruxelles Korner — Astana

Le Kazakhstan a organisé, le 23 août 2026, les premières élections destinées à former son nouveau Parlement monocaméral, le Kurultai. Organisé après l’entrée en vigueur de la nouvelle architecture constitutionnelle, ce scrutin marque la disparition de l’ancien système composé du Sénat et du Majilis et ouvre une nouvelle étape de la vie politique kazakhe.
Pour suivre cet événement historique, Kadir Duran, journaliste et chroniqueur de Bruxelles Korner, s’est rendu à Astana aux côtés de Mme Liliya Geisler et de Derya Soysal, dans le cadre d’une mission préparée avec le soutien de l’ambassade de la République du Kazakhstan en Belgique.

Cette participation a été rendue possible grâce à l’invitation et à l’accompagnement de Son Excellence Monsieur Roman Vassilenko, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Kazakhstan auprès du Royaume de Belgique, du Grand-Duché de Luxembourg, de l’Union européenne et de l’OTAN, ainsi qu’à la mobilisation de son équipe.
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Kadir Duran n’y représentait pas officiellement l’État belge, mais apportait, à travers Bruxelles Korner, le regard d’un média belge et bruxellois sur la transformation institutionnelle du Kazakhstan.
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Une préparation organisée avant la journée électorale
L’observation du scrutin ne s’est pas limitée au seul dimanche 23 août. Avant l’ouverture des bureaux de vote, les journalistes, diplomates, experts et observateurs internationaux ont participé à plusieurs rencontres consacrées au nouveau système politique kazakh.

Les discussions ont porté sur la réforme constitutionnelle, les compétences du Kurultai, la modernisation économique, le développement de l’intelligence artificielle, le capital humain et la place du Kazakhstan dans les nouveaux équilibres eurasiens.

Les délégations étrangères ont également visité plusieurs lieux emblématiques d’Astana, dont le monument Bayterek, le Musée national et le centre technologique Alem.AI.

Ces différentes étapes ont permis de mieux comprendre la manière dont le Kazakhstan cherche à conjuguer son héritage historique, son identité issue des steppes et ses ambitions de modernisation politique, économique et technologique.

Kadir Duran dans les médias kazakhs : « Une nouvelle page s’ouvre pour le Kazakhstan »
Présent à Astana pour suivre les premières élections du nouveau Kurultai, Kadir Duran, de Bruxelles Korner, a accordé plusieurs interviews aux chaînes de télévision kazakhes. Il y a présenté ses premières impressions sur la portée politique, sociale et symbolique du scrutin.

Dans ses interventions télévisées, le journaliste belge a notamment souligné la place accordée aux femmes, aux jeunes et aux personnes en situation de handicap dans le nouveau dispositif électoral.
À ses yeux, cette volonté d’élargir la représentation constitue un signal important pour la modernisation des institutions kazakhes. Elle pourrait permettre à des profils plus diversifiés de participer à la construction politique du pays et au fonctionnement de sa nouvelle assemblée.
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Il convient toutefois de préciser qu’il ne s’agit pas d’une parité stricte entre les femmes et les hommes. Le mécanisme électoral prévoit un quota cumulé concernant les femmes, les jeunes et les personnes en situation de handicap.
Selon les données présentées par la Commission électorale centrale, ces différentes catégories représentaient ensemble 43,9 % des candidatures concernées par le dispositif. L’efficacité réelle de ce mécanisme devra donc être appréciée à partir de la composition définitive du Kurultai et de la place effectivement occupée par ces groupes au sein de la nouvelle assemblée.
Kadir Duran a également insisté sur le potentiel d’une jeunesse kazakhe formée, ambitieuse et de plus en plus ouverte sur le monde :
« Le Kazakhstan peut compter sur une nouvelle génération capable de participer à la transformation politique, économique et technologique du pays. Avec ce premier scrutin du Kurultai, une nouvelle page de l’histoire nationale commence. »

Cette jeunesse représente, selon lui, l’une des principales ressources du Kazakhstan. Éduquée, connectée aux évolutions internationales et familiarisée avec les nouvelles technologies, elle pourrait jouer un rôle déterminant dans la diversification économique et la modernisation des institutions.
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L’expression de « jeunesse dorée » doit ici être comprise dans son sens positif : celui d’une génération talentueuse, instruite et porteuse d’une nouvelle vision pour le pays, et non comme la désignation d’une élite privilégiée ou déconnectée des réalités sociales.

Les questions de Bruxelles Korner à la Commission électorale
À la veille du vote, la Commission électorale centrale a organisé un briefing destiné aux journalistes étrangers. Ses responsables ont présenté les règles du scrutin, le fonctionnement des bureaux de vote, les procédures de dépouillement, les conditions de la campagne ainsi que le rôle des observateurs internationaux.

Kadir Duran a profité de cette rencontre pour adresser plusieurs questions à la Commission, notamment sur la faible visibilité de la campagne électorale dans les rues d’Astana.
Contrairement à la Belgique, peu d’affiches individuelles présentant les candidats étaient visibles dans la capitale kazakhe. La Commission a répondu que près de 12 000 emplacements d’affichage extérieur avaient été mis à la disposition des formations politiques à travers le pays. Leur utilisation dépendait toutefois des choix stratégiques et des moyens financiers de chaque parti.

Pourquoi les candidats étaient-ils moins visibles qu’en Belgique ?
La relative discrétion de la campagne s’explique également par la nature du système électoral retenu pour former le nouveau Kurultai.
Contrairement au système belge, le scrutin kazakh ne prévoyait pas de vote préférentiel permettant à l’électeur de soutenir personnellement un candidat placé sur une liste. Les citoyens votaient pour une formation politique dans le cadre d’une circonscription nationale unique à la représentation proportionnelle.

La communication électorale était donc principalement organisée autour des partis, de leurs programmes et de leurs emblèmes, et non autour de la personnalité de chacun des candidats.
En Belgique, les campagnes sont beaucoup plus personnalisées. Les candidats disposent de leurs propres affiches, utilisent leur numéro sur la liste électorale et sollicitent directement les voix de préférence. Cette particularité contribue à multiplier les portraits dans les rues et à renforcer la visibilité individuelle des candidats.
Au Kazakhstan, l’absence d’un affichage massif des candidats ne signifiait donc pas nécessairement l’absence d’une campagne. Elle traduisait aussi la logique d’un système dans lequel l’électeur choisissait d’abord un parti politique.
Quel impact sur les relations entre le Kazakhstan et l’Europe ?
Lors du briefing organisé à Astana, Kadir Duran a également interrogé la Commission électorale centrale sur les conséquences possibles de ces élections pour les relations entre le Kazakhstan et l’Europe.
La Commission a rappelé que sa mission consistait principalement à garantir l’organisation, la régularité et la légalité du processus électoral. La définition de la politique étrangère et des partenariats internationaux relève des institutions politiques et des autorités issues du nouveau cadre constitutionnel.

La question posée par Bruxelles Korner demeure néanmoins essentielle. L’Union européenne figure parmi les principaux partenaires économiques et commerciaux du Kazakhstan. Astana occupe également une place croissante dans les stratégies européennes relatives à l’énergie, à l’uranium, aux matières premières critiques, à la connectivité et au développement du Corridor transcaspien.
La Belgique constitue elle-même un partenaire important du Kazakhstan. Les deux pays cherchent à renforcer leurs relations dans les domaines de l’investissement, de la logistique, des nouvelles technologies, de l’intelligence artificielle et de la coopération universitaire.



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Le fonctionnement du nouveau Kurultai influencera donc nécessairement la perception européenne des réformes kazakhes. La stabilité institutionnelle représente un atout pour les investisseurs, mais les partenaires européens observeront aussi la qualité de la gouvernance, la sécurité juridique, le pluralisme politique et la capacité du Parlement à exercer pleinement ses responsabilités.

Pour Kadir Duran, les relations entre le Kazakhstan et l’Europe ne peuvent ainsi être réduites aux seuls échanges commerciaux :
« L’Europe a besoin d’un Kazakhstan stable, fiable et ouvert sur le monde. Mais un partenariat stratégique durable repose également sur des institutions crédibles, une sécurité juridique renforcée et un dialogue politique permanent. »
Des visites dans plusieurs bureaux de vote
Le jour du scrutin, les observateurs et les journalistes internationaux ont été répartis en groupes afin de visiter différents bureaux à Astana et dans les localités environnantes.
Bruxelles Korner a notamment suivi les opérations électorales dans plusieurs centres :
le bureau no 50 au Palais des écoliers d’Astana ;
le bureau no 129 à la Bibliothèque nationale ;
le bureau no 751 à Taitobe, dans la région de Kosshy ;
le bureau no 228 à l’Opéra d’Astana ;
le bureau no 743 à l’école no 3 de Kosshy.

Dans les bureaux visités, le vote s’est déroulé dans une atmosphère calme, organisée et sans tension visible. Les membres des commissions électorales présentaient les procédures et répondaient aux questions des délégations étrangères.
Une visite de plusieurs bureaux ne permet toutefois pas, à elle seule, d’évaluer l’ensemble du processus national. Une observation complète doit également prendre en considération les conditions de la campagne, l’accès aux médias, le pluralisme politique, la transparence du dépouillement et le traitement des éventuelles contestations.
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Une présence internationale importante
Selon la Commission électorale centrale, 777 observateurs internationaux, représentant 42 États et 30 organisations internationales, avaient été accrédités.
La mission d’observation de la Communauté des États indépendants comptait à elle seule 190 représentants, déployés dans 14 régions ainsi que dans plusieurs bureaux établis à l’étranger.
Des délégations de l’Organisation des États turciques et d’autres institutions internationales ont également suivi les opérations électorales. Plusieurs observateurs ont relevé le calme et la bonne organisation technique des bureaux visités.
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Ces premières impressions doivent néanmoins être distinguées des évaluations définitives. Un rapport complet ne porte pas uniquement sur le déroulement matériel du vote, mais aussi sur l’ensemble de l’environnement électoral.
Adilet domine le premier scrutin du Kurultai

Selon les résultats préliminaires annoncés par la Commission électorale centrale, le parti Adilet est arrivé très largement en tête avec 71,17 % des suffrages.
Il est suivi par :
Auyl : 6,26 % ;
Respublica : 5,56 % ;
Ak Jol : 5,21 % ;
le Parti social-démocrate national, OSDP : 5,11 % ;
le Parti populaire du Kazakhstan : 3,11 % ;
Baitaq : 1,07 %.
Le vote « contre tous » a recueilli 2,51 %. Cinq partis ont donc franchi le seuil électoral de 5 % leur permettant d’entrer au nouveau Kurultai.
La participation provisoire s’est établie à environ 73,8 %, avec plus de 9,35 millions de votants.
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Une nouvelle page et de nouvelles responsabilités
La première élection du Kurultai ouvre incontestablement une nouvelle étape politique pour le Kazakhstan. La création d’une assemblée monocamérale vise à simplifier le processus législatif et à rendre le fonctionnement institutionnel plus efficace.
Cette réforme ne pourra cependant pas être évaluée uniquement à travers l’organisation technique du scrutin ou le niveau de participation. Le nouveau Parlement devra démontrer sa capacité à représenter la diversité de la société, à accompagner la modernisation du pays et à répondre aux attentes d’une population jeune et en pleine transformation.
Pour Kadir Duran, cette évolution doit également être observée depuis Bruxelles. Le Kazakhstan cherche à consolider son rôle de puissance moyenne, à préserver un équilibre entre ses différents partenaires et à approfondir ses relations avec l’Union européenne.
Le scrutin du 23 août ne constitue donc pas un aboutissement, mais le commencement d’une nouvelle séquence. Une page institutionnelle vient d’être tournée. Il appartient désormais au premier Kurultai d’écrire la suivante.

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