BEM Official launch event of the mission in presence of HE Ömer Bolat, Minister of Trade and S.E. Maxime Prévot, M. Nail Olpak, S.E. Mathias Diependaele....
Par Kadir Duran – Bruxelles Korner
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Les intervenants du Forum économique Belgique–Türkiye
La séquence officielle du forum a également permis de structurer clairement le message politique et économique de cette mission.
Après l’enregistrement des participants et l’arrivée de Sa Majesté la Reine Mathilde ainsi que des ministres belges et turcs, le forum s’est ouvert par une vidéo introductive rappelant la profondeur historique des relations économiques entre la Belgique et la Türkiye.
Les interventions se sont ensuite succédé avec :
- S.E. Prof. Dr. Ömer Bolat, ministre du Commerce de la République de Türkiye, qui a ouvert le forum au nom des autorités turques ;
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- S.E. Maxime Prévot, Vice-Premier ministre belge et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement ;
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- S.E. Prof. Dr. Ömer Bolat et S.E. Maxime Prévot et S.E.Theo Franken pour la signature de la déclaration conjointe visant à renforcer les relations commerciales bilatérales entre la Türkiye et la Belgique ;
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- M. A. Burak Dağlıoğlu, président de l’Investment Office de la Présidence de la République de Türkiye, qui a présenté les opportunités d’investissement en Türkiye ;
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- M. René Branders, président honoraire de la Fédération des Entreprises de Belgique ;

- M. Nail Olpak, président du DEİK, le Foreign Economic Relations Board de Türkiye ;

- S.E. Mathias Diependaele, ministre-président du Gouvernement flamand, qui s’est exprimé au nom des trois Régions belges.

L’événement était conduit par l’Ambassade de Belgique, en collaboration avec DEİK, confirmant le caractère à la fois diplomatique, économique et stratégique de cette mission en présence de la Reine Mathilde de Belgique

Mission économique royale belge en Turquie 2026
Une alliance économique assumée entre Bruxelles et Ankara
La mission économique belge en Turquie, menée par la Reine Mathilde à Istanbul puis Ankara, dépasse largement le cadre protocolaire. Derrière les discours diplomatiques et les réceptions officielles, une réalité stratégique s’impose : la Belgique et la Turquie cherchent désormais à consolider une relation économique structurante dans un contexte mondial marqué par les tensions géopolitiques, la fragmentation des chaînes logistiques et la compétition industrielle.
Pendant plusieurs heures, ministres, représentants économiques, industriels, investisseurs et diplomates ont multiplié les interventions devant plus de 500 entrepreneurs belges et turcs réunis à Istanbul. Le message était clair : la Turquie n’est plus seulement perçue comme un marché périphérique de l’Union européenne, mais comme un partenaire industriel et logistique incontournable.
La Belgique affiche un repositionnement stratégique
Dans son discours, le ministre-président flamand a insisté sur la transformation rapide du contexte mondial depuis la précédente mission économique belge en Turquie. Selon lui, la multiplication des crises géopolitiques et la reconfiguration des chaînes d’approvisionnement rendent désormais la diplomatie économique « essentielle ».
La Belgique veut donc renforcer sa présence dans plusieurs secteurs jugés stratégiques :
- logistique et ports,
- transition énergétique,
- chimie,
- pharmacie,
- aéronautique et défense,
- industrie 4.0,
- technologies numériques,
- sciences de la vie.
Le discours belge a surtout mis en avant une idée centrale : la complémentarité des deux économies.
D’un côté, la Turquie dispose :
- d’une importante base industrielle,
- d’une main-d’œuvre jeune et qualifiée,
- d’un positionnement géographique exceptionnel,
- d’une capacité manufacturière compétitive.
De l’autre, la Belgique se présente comme :
- une porte d’entrée vers le marché européen,
- un hub logistique mondial,
- un centre décisionnel européen,
- un écosystème avancé dans les secteurs technologiques et chimiques.


La Turquie se présente comme une puissance industrielle régionale
Les autorités turques ont adopté un ton particulièrement offensif.
Le ministre turc du Commerce, Ömer Bolat, a rappelé que :
- la Turquie représente désormais une économie de 1,6 trillion de dollars,
- elle figure parmi les économies à la croissance la plus rapide de l’OCDE,
- elle dispose d’un accès direct à plus de 1,3 milliard de consommateurs via sa position géographique,
- son industrie de défense est devenue l’une des plus dynamiques au monde.
Ankara cherche désormais à convaincre les entreprises européennes que la Turquie constitue :
- une plateforme industrielle sécurisée,
- un hub énergétique,
- une base logistique continentale,
- un partenaire indispensable pour la sécurité des chaînes d’approvisionnement européennes.
Le gouvernement turc insiste également sur la modernisation de l’union douanière UE-Turquie, considérée comme prioritaire par les milieux économiques turcs.

Une pression économique discrète sur l’Union européenne
L’un des éléments les plus intéressants de cette mission réside dans les appels répétés des représentants économiques turcs en faveur d’une relance des relations Turquie-UE.
Plusieurs intervenants ont clairement demandé à la Belgique de jouer un rôle actif à Bruxelles afin de :
- soutenir la modernisation de l’union douanière,
- faciliter l’intégration économique turque,
- préserver les chaînes de valeur industrielles communes.
Le message implicite est fort :
dans un monde de plus en plus fragmenté, l’Europe ne peut pas se permettre d’isoler durablement la Turquie.
Les milieux d’affaires turcs rappellent régulièrement que :
- près de 70 % des investissements étrangers en Turquie proviennent d’Europe,
- des centaines d’entreprises européennes dépendent des capacités industrielles turques,
- la Turquie devient un acteur logistique clé entre Europe, Asie et Moyen-Orient.
Défense, logistique et énergie : les nouveaux piliers
Au-delà des chiffres commerciaux, trois secteurs dominent désormais les discussions bilatérales :
1. La défense
La Turquie cherche à renforcer ses coopérations avec les industriels européens, notamment belges.
Ankara rappelle que :
- ses exportations de défense sont passées de 250 millions à plus de 10 milliards de dollars en vingt ans,
- la Turquie est devenue le 11e exportateur mondial dans ce domaine.
La présence du ministre belge Theo Francken, chargé notamment du commerce extérieur, illustre l’intérêt croissant de Bruxelles pour cet écosystème.
2. La logistique
La Turquie veut devenir un centre logistique continental reliant :
- l’Europe,
- l’Asie centrale,
- le Caucase,
- le Moyen-Orient,
- l’Afrique.
Avec :
- 58 aéroports,
- 356 destinations aériennes,
- des infrastructures portuaires massives,
- un marché logistique de 150 milliards de dollars,
Ankara se positionne comme une alternative stratégique dans un contexte mondial instable.

3. L’énergie et les technologies vertes
Hydrogène, offshore, transition énergétique, technologies propres :
les entreprises belges cherchent à se positionner sur les futurs investissements énergétiques turcs.
La Turquie veut réduire sa dépendance énergétique tout en devenant un corridor énergétique régional.
Une dimension politique assumée
La présence personnelle de la Reine Mathilde a été présentée par plusieurs intervenants comme un « signal politique fort ».
Le ministre belge Theo Francken a même souligné que :
« ce n’est pas un détail ».
Selon lui, cette présence démontre l’importance stratégique accordée à la relation avec Ankara.
Les autorités turques ont d’ailleurs insisté sur le caractère « historique » de cette délégation belge, présentée comme l’une des plus importantes jamais reçues dans le cadre d’une mission économique.

Istanbul redevient un carrefour stratégique européen
Au fil des discours, une réalité apparaît clairement :
la Turquie ne veut plus être considérée uniquement comme un voisin de l’Europe.
Elle veut être reconnue comme :
- une puissance industrielle,
- un acteur énergétique,
- une plateforme logistique,
- un partenaire technologique,
- un hub régional incontournable.
Et la Belgique semble désormais prête à approfondir cette relation dans une logique pragmatique et économique.
Dans un contexte où l’Europe cherche à sécuriser :
- ses chaînes d’approvisionnement,
- son industrie,
- ses capacités énergétiques,
- sa compétitivité technologique,
Ankara apparaît de plus en plus comme un partenaire impossible à contourner.
La mission économique belge en Turquie n’était donc pas seulement une mission commerciale.
C’était aussi un signal géopolitique.
Par Kadir Duran – Bruxelles Korner






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