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Ahmed Laaouej (PS) déroule le récit classique de la politique bruxelloise

Ana SayfaBelçi̇ka Haber - Actualite BelgiqueAhmed Laaouej (PS) déroule le récit classique de la politique bruxelloise
Ahmed Laaouej (PS) déroule le récit classique de la politique bruxelloise

Ahmed Laaouej (PS) déroule le récit classique de la politique bruxelloiseBruxelles : “coalition de bonne volonté”… ou aveu tardif d’un système qui tourne à vide ?

13 Şubat, 2026, Cuma 13:16
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Bruxelles : “coalition de bonne volonté”… ou aveu tardif d’un système qui tourne à vide ?

Par Kadir Duran | Bruxelles Korner

Après 613 jours d’impasse depuis les régionales de juin 2024, Bruxelles tient enfin un accord de gouvernement à sept partis, annoncé le 12 février 2026. 
Dans l’interview, Ahmed Laaouej (PS) déroule le récit classique de la politique bruxelloise : un projet “ambitieux et responsable”, des efforts “équitablement répartis”, une “pratique des compromis”, et une “coalition de gens de bonne volonté”. 

Le problème, c’est la question qui revient — et qui abîme tout le storytelling : qu’est-ce qui a changé en 613 jours, si ce sont globalement les mêmes partis, les mêmes lignes rouges, et les mêmes acteurs ?

Le compromis, oui. Mais pourquoi maintenant ?

Dans son argumentaire, Laaouej met en avant trois piliers :

  • Le budget : “efforts à faire”, mais sans “asphyxier le tissu social, économique” et en protégeant services publics et associatif.

  • La méthode : chacun arrive avec ses priorités, mais “comprend les contraintes des autres”.

  • L’ADN belge : le compromis comme culture politique — et Bruxelles comme laboratoire permanent de l’équilibre instable.

Tout cela est cohérent… à une condition : que l’on puisse expliquer rationnellement pourquoi ce compromis était impossible hier et devient possible aujourd’hui.

Or, l’aveu est dans la phrase : “la question c’est de savoir avec qui on veut faire un projet qui rassemble”. Autrement dit, ce n’était pas d’abord une querelle de programme, mais une guerre de casting, de veto croisés, de “qui s’assoit avec qui”.

Et là, Bruxelles touche son point faible structurel : la politique institutionnelle remplace la politique publique.

“Ne pas regarder dans le rétroviseur” : formule de paix ou stratégie d’effacement ?

Quand Laaouej dit : “ne pas regarder dans le rétroviseur”, il ne parle pas uniquement d’état d’esprit. Il propose une doctrine de transition : effacer le coût politique du blocage en accélérant le passage au “maintenant on bosse”.

Mais ce “rétroviseur”, ce sont 613 jours :

  • de services publics sous tension,

  • de pilotage budgétaire dégradé,

  • de crédibilité régionale fragilisée,

  • et d’un sentiment citoyen brutal : “ils ont su s’entendre… quand ça les arrange.” 

Dans l’espace public, l’accord est déjà lu comme un compromis arraché, où “tout le monde a cédé”, avec une impression persistante que le PS reste l’axe de gravité. 

Le vrai déclencheur : la contrainte, pas la révélation

Si l’on veut répondre froidement à la question “qu’est-ce qui a changé ?”, la réponse la plus plausible n’est pas morale, elle est structurelle :

  1. Le coût du non-gouvernement est devenu supérieur au coût d’un mauvais compromis.

  2. La séquence “crises” (Covid, Ukraine, énergie) sert de cadre narratif, mais le moteur immédiat est la contrainte budgétaire et la nécessité de reprendre la main sur la trajectoire financière. 

  3. Le temps long a “cassé” certaines exclusives : non pas parce qu’elles étaient injustifiées, mais parce qu’elles devenaient tactiquement intenables.

En clair : ce n’est pas Bruxelles qui a changé, c’est la pression.

L’angle mort démocratique : qui est “rassemblé”, et qui ne l’est pas ?

Laaouej parle d’un “projet qui rassemble”. Pourtant, dans le débat bruxellois, un sujet revient avec insistance : l’impression d’une gouvernance construite par en haut, où certaines forces se sentent écartées du jeu institutionnel. La Team Fouad Ahidar a dénoncé un “déni de démocratie” lors de la phase conclave. 

On peut contester le vocabulaire, discuter les règles, rappeler la mécanique des majorités linguistiques — mais politiquement, le signal est mauvais : quand la démocratie devient une équation de verrouillage, elle produit de la défiance.

Conclusion : “bonne volonté” ou normalisation d’un blocage rentable ?

Laaouej veut vendre une image : responsabilité, équilibre, compromis, fin du feuilleton. Mais l’opinion, elle, entend autre chose :
si le compromis est “la culture belge”, alors le blocage de 613 jours n’est pas un accident, c’est un mode de négociation.

Et c’est là que Bruxelles se retrouve face à son propre miroir :

  • soit cet accord marque un vrai changement de méthode (capacité d’exécution, discipline budgétaire, arbitrages clairs),

  • soit il n’est qu’une pause institutionnelle… avant la prochaine crise fabriquée.

Parce qu’au fond, la question restera la même, tant que la réponse sera floue :
qu’est-ce qui a changé en 613 jours — à part le moment où l’impasse est devenue trop chère ?

 

Que pense le premier minitre BDW ?

« De ma perspective en tant que Premier ministre, ce qui m’intéresse est l’assainissement (budgétaire) de Bruxelles, qui a un déficit énorme. Si ce nouveau gouvernement réussit à s’en occuper, je vais m’en réjouir », a déclaré Bart De Wever, ajoutant qu’il était « un tout petit peu sceptique », car il « connaît le jeu et le cynisme du PS ». Le parti socialiste a selon lui attendu deux ans, jusqu’au « pourrissement » de la situation, « au point que les autres acceptent leur chantage. »

Sept partis se sont mis d’accord pour former un gouvernement bruxellois : le MR, le PS, Les Engagés côté francophone, et Groen, Anders, Vooruit et le CD&V côté néerlandophone. Le porte-parole du formateur Georges-Louis Bouchez l’a annoncé en début de soirée jeudi.

 

A SUIVRE : 

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