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Stationnement à Bruxelles , Système anti-social, contrôle renforcé et fiscalité indirecte

Stationnement à Bruxelles Système anti-social, contrôle renforcé et fiscalité indirecte

Stationnement à Bruxelles

Système anti-social, contrôle renforcé et fiscalité indirecte

Par Kadir Duran – Bruxelles Korner

Un enjeu devenu politique

À Bruxelles, le stationnement a dépassé le cadre technique.
Il s’impose désormais comme un sujet de justice urbaine, de mobilité quotidienne et de confiance publique.

Pour de nombreux usagers,  familles, travailleurs, indépendants, visiteurs se garer est devenu :
• complexe,
• coûteux,
• stressant.

Le système est perçu non plus comme un outil d’organisation, mais comme un mécanisme de contrainte et de rendement.

Appel à tous les élus de la Région bruxelloise et des communes : il est temps de revoir la politique du stationnement à Bruxelles

Fiscalité cachée, gouvernance opaque et urgence démocratique

Une réalité devenue systémique

À Bruxelles, la question du stationnement n’est plus un simple sujet technique. Elle est devenue un enjeu de justice urbaine, de mobilité du quotidien et de respect des réalités sociales.

Pour trop de familles, de travailleurs, d’indépendants, de visiteurs, d’aînés et de commerçants, se garer dans la capitale est devenu une source permanente de stress, d’amendes, de confusion et de frustration.

Entre règles différentes d’une commune à l’autre, zones changeantes, tarifs en hausse, contrôles intensifs et manque de lisibilité, beaucoup de citoyens ont aujourd’hui le sentiment que la politique de stationnement a cessé d’être un outil d’organisation pour devenir un outil de sanction… et de rendement.

Une ville, dix-neuf communes, dix-neuf logiques

Le problème bruxellois est aussi institutionnel.

Un automobiliste passe parfois d’une commune à l’autre en quelques minutes, mais les règles, les tolérances, les cartes de riverains, les modalités de paiement et la philosophie générale du stationnement changent presque à chaque frontière communale.

Cette fragmentation produit une ville illisible. Elle pénalise d’abord les habitants eux-mêmes.

Bruxelles ne peut pas prétendre vouloir une mobilité cohérente tout en maintenant une politique de stationnement aussi morcelée, aussi bureaucratique et aussi déconnectée du vécu quotidien.

Le stationnement n’est pas un luxe, c’est parfois une nécessité

Il faut rappeler une évidence que certains décideurs semblent oublier : tout le monde ne prend pas le métro, le tram ou le vélo dans les mêmes conditions.

Il y a :
• les familles avec enfants,
• les personnes âgées,
• les travailleurs en horaires décalés,
• les indépendants qui transportent du matériel,
• les visiteurs venant voir leurs proches,
• les personnes à mobilité réduite,
• les habitants de quartiers mal desservis à certaines heures.

Pour eux, la voiture n’est pas un caprice idéologique. Elle est parfois un outil de travail, parfois une nécessité familiale, parfois simplement la seule solution réaliste.

Une politique publique sérieuse ne doit pas opposer les usagers, mais reconnaître la diversité réelle des situations.

Une pression financière de plus en plus lourde

À Bruxelles, le stationnement coûte cher. Très cher.

Lorsqu’on additionne :
• le coût du parking,
• les cartes de riverains,
• les redevances,
• les erreurs de paiement,
• les amendes,
• le manque de places disponibles,
• les contraintes horaires peu adaptées à la vie réelle,

on comprend que le stationnement devient une charge structurelle pour de nombreux ménages.

Mais derrière cette pression, une autre réalité émerge.

Stationnement : une fiscalité indirecte qui ne dit pas son nom

À Bruxelles, la majorité des « amendes » sont en réalité des redevances administratives.

Autrement dit : ce ne sont pas des sanctions pénales, mais des paiements liés à l’occupation de l’espace public.

En théorie, cela relève du service public.
En pratique, cela ressemble de plus en plus à une taxation indirecte.

Pourquoi ?
• extension des zones payantes,
• hausse continue des tarifs,
• contrôle intensif et automatisé,
• tolérance quasi inexistante,
• logique de rendement budgétaire.

Le stationnement devient alors un levier financier pour les communes… et un coût incompressible pour les citoyens.

Qui gagne quoi dans le stationnement bruxellois ?

Le système repose sur un circuit financier à plusieurs niveaux :

• Les communes
→ principales bénéficiaires des recettes

• La Région, via parking.brussels
→ agence publique qui prélève une part pour la gestion

• Des opérateurs techniques et prestataires privés
→ rémunérés pour le contrôle, les systèmes, le recouvrement

Résultat :
Le stationnement ne finance pas un seul acteur, mais un écosystème administratif et technique complexe, largement invisible pour le citoyen.

Délégation : un choix politique, pas une obligation

Contrairement à ce que certains laissent entendre, aucune commune n’est obligée d’externaliser la gestion du stationnement.

Chaque commune peut :
• gérer en interne,
• déléguer à une agence publique comme parking.brussels,
• ou faire appel à des prestataires externes.

La délégation est donc un choix politique, souvent justifié par :
• l’efficacité,
• la digitalisation,
• le manque de ressources internes,
• ou… l’optimisation des recettes.

Mais ce choix a des conséquences.

Une gouvernance qui interroge

Quand la gestion est déléguée, la distance entre le citoyen et le décideur s’allonge.

Et lorsque les structures publiques sont dirigées par des responsables cumulant plusieurs fonctions à différents niveaux de pouvoir, une question devient inévitable :

Qui contrôle réellement le système ?

Le cumul de mandats peut être légal.
Mais dans un contexte où :
• les recettes augmentent,
• les citoyens paient davantage,
• et les décisions deviennent moins lisibles,

il pose un problème de perception démocratique et de confiance.

Une politique trop punitive, pas assez humaine

Le fond du débat est simple :
Veut-on organiser la ville… ou la sanctionner ?

Une politique du stationnement ne peut pas se limiter à :
• verbaliser,
• encaisser,
• automatiser,
• contrôler.

Elle doit aussi intégrer :
• de la souplesse lors des fêtes et événements,
• une meilleure information,
• une harmonisation régionale réelle,
• une prise en compte des réalités sociales,
• des solutions concrètes pour les visites courtes.

Une ville intelligente ne rigidifie pas la vie quotidienne.
Elle l’organise avec discernement.

Ce que les élus doivent clarifier

Il est temps d’ouvrir un débat transparent sur quatre points essentiels :

  1. Qui perçoit quoi ?
    Une transparence totale sur les flux financiers est indispensable.

  2. Comment sont structurés les contrats ?
    Les mécanismes d’incitation doivent être connus et assumés.

  3. Quels sont les impacts réels ?
    Sur les habitants, les commerçants et l’attractivité urbaine.

  4. Qui porte la responsabilité politique ?
    La chaîne de décision doit être identifiable.

Bruxelles face à un choix de modèle

Bruxelles est à un tournant.

Soit elle continue avec :
• un système fragmenté,
• une gestion technocratique,
• une logique financière dominante,

Soit elle engage une réforme vers :
• plus de transparence,
• plus de cohérence,
• plus de justice,
• et surtout plus de lisibilité démocratique.

La question du stationnement à Bruxelles dépasse désormais largement la mobilité.

Elle touche à un enjeu fondamental :
la confiance entre citoyens et institutions.

Une politique publique ne peut être efficace que si elle est :
• comprise,
• acceptée,
• et perçue comme juste.

Aujourd’hui, ce n’est plus toujours le cas.

J’en appelle donc à tous les élus bruxellois :
réouvrez ce dossier avec courage, lucidité et responsabilité.

Parce qu’une capitale européenne ne peut pas fonctionner durablement sur un système que ses propres habitants ne comprennent plus.

Stationnement à Bruxelles : qui pilote vraiment le système ?

Entre recettes publiques, agences régionales et cumul de mandats, une gouvernance sous tension

Une mécanique financière à plusieurs étages

Le fonctionnement du stationnement bruxellois repose sur un modèle hybride, souvent mal compris.

Lorsqu’une commune délègue à parking.brussels, la structure est claire :
• 85 % des recettes nettes retournent à la commune
• 15 % sont conservés par l’agence régionale pour assurer la gestion

À cela s’ajoutent :
• les coûts d’exploitation (technologie, contrôle, recouvrement),
• les prestataires externes (huissiers, IT, équipements).

Résultat :
Le stationnement alimente un écosystème public-régional, avec des flux financiers multiples et peu lisibles pour le citoyen.

parking.brussels : une agence publique… au cœur du système

parking.brussels n’est pas un acteur secondaire.

C’est une agence régionale publique de la Région de Bruxelles-Capitale, chargée notamment de :
• la gestion du stationnement dans plusieurs communes,
• le contrôle et la perception des redevances,
• la délivrance des cartes de dérogation,
• l’harmonisation (partielle) des politiques locales.

Mais derrière cette structure technique, il y a une gouvernance politique.

Un président au carrefour des pouvoirs

À la tête du conseil d’administration se trouve Ahmed Mehjoubi Medhoune, également actif dans de nombreuses autres structures publiques et para-publiques.

Selon les données publiées par Cumuleo (déclaration fédérale 2026, mandats 2024), il cumule notamment :
• des fonctions communales à Saint-Josse,
• des mandats dans des intercommunales stratégiques (énergie, infrastructure),
• des responsabilités dans le logement public,
• un poste de direction à l’ULB,
• ainsi que plusieurs rôles dans le secteur associatif et éducatif.

Sa rémunération globale est estimée entre 78 000 € et 152 000 € brut annuels.

Cumul légal, mais question politique ouverte

Le cumul de mandats n’est pas illégal en Belgique.

Mais la question est désormais politique et démocratique.

Trois questions que Bruxelles ne peut plus éviter

Qui décide vraiment ?
Qui contrôle le système ?
À quoi sert réellement le stationnement ?

Qui détient réellement le pouvoir dans la gestion de l’espace public à Bruxelles ?

Et surtout :
ce pouvoir est-il encore exercé dans l’intérêt du citoyen ?

Le mot de la fin : les invisibles du système

Une ville devenue hostile aux visiteurs

Au-delà d’une heure, la pression devient immédiate.

• Horodateurs contraignants
• Zones complexes
• Applications obligatoires
• Contrôles automatisés
• Sanctions rapides

« Restez peu… ou payez cher. »

Conclusion finale

Peut-on encore rendre visite à quelqu’un à Bruxelles sans avoir l’impression d’être surveillé ?

Signature
Kadir Duran
Bruxelles Korner

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