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Fatih Camii  Iftar 2026 au Birmingham Palace, foi, politique et appel aux bâtisseurs

Fatih Camii  Iftar 2026 au Birmingham Palace, foi, politique et appel aux bâtisseurs

Fatih Camii Iftar 2026 au Birmingham Palace, foi, politique et appel aux bâtisseurs

Fatih Camii  Iftar 2026 au Birmingham Palace

 

Bruxelles Korner/ Kadir DURAN 

 

 

Iftar 2026 à la Fatih Camii de Bruxelles : foi, politique et appel aux bâtisseurs

Bruxelles, ce soir.
La salle de la Fatih Camii était comble. Une affluence dense, transversale, révélatrice d’un moment à la fois spirituel et civique.

Autour des tables de l’iftar, Un tableau rare : diplomatie, politique locale et communauté religieuse réunies sous le même toit.

Députés, secrétaires d’État, échevins et conseillers communaux réunis autour d’un projet communautaire

Le décor était posé : Birmingham Palace, Bruxelles. Un choix assumé. Prestigieux. Institutionnel.

L’iftar 2026 de la Fatih Camii a rassemblé un spectre politique large, Députés régionaux bruxellois, Secrétaires d’État, Bourgmestres (Saint-Josse, Schaerbeek, Anderlecht),Échevins, Conseillers communaux,Représentants de partis (PS, MR et autres), Entrepreneurs et figures de la société civile, Consul général et Ambassadeur de Turquie.

La configuration dépasse le cadre religieux, elle installe l’événement dans une logique institutionnelle et territoriale.

 

Une ouverture institutionnelle maîtrisée

La soirée s’ouvre avec Talip Sarıgöz, président de l’association de la mosquée. Ton posé, objectif structuré : remercier, rassembler, projeter.

Puis l’imam prend la parole, ancrant le moment dans la dimension spirituelle du Ramadansuit l'ambassadeur de Turquie.

Enfin, le mufti conclut  et son discours marque les esprits.

Une mosquée devenue acteur urbain

Talip Sarıgöz : « Construire un avenir, pas seulement un bâtiment »

Le discours du président de la Fatih Camii, Talip Sarıgöz, a posé le cadre politique et social de la soirée.

Le président Talip Sarıgöz a posé l’axe central :

L’iftar symbolise la patience et l’unité, mais le projet va au-delà du culte.

Objectif :

Développer un centre éducatif, Structurer un pôle social, Offrir un cadre culturel, Encadrer la jeunesse.

Le discours est clair : la Fatih Camii veut contribuer positivement à la ville et au pays.

Message implicite aux élus locaux présents :la mosquée s’inscrit dans le tissu communal.

 

Diagnostic sociologique : fin du provisoire

 

L’imam Abdil Karakus   l’a formulé sans détour :
la diaspora turque n’est plus en transit.

Les générations actuelles sont ancrées en Belgique.
La Turquie reste un lien affectif, mais l’installation est définitive.

Conséquence :

Le projet d’extension est engagé.
Une partie du financement est déjà assurée.

Mobilisation financière : 2,8 millions à réunir

 

Le mufti  Dr Hasan Cinar venu d’Ankara a donné la dimension spirituelle à l’appel.

Il évoque la sadaka jariya  l’investissement durable.

Le montant restant :
2,8 millions d’euros.

L’appel n’est pas formulé comme une levée de fonds classique, mais comme une responsabilité collective.

Diplomatie et double appartenance

 

L’Ambassadeur de Turquie replace la soirée dans une perspective historique :

Il insiste sur la double appartenance :

Les mots en français marquent une volonté d’intégration et de respect institutionnel.

Lecture politique locale

La présence d’échevins et de conseillers communaux n’est pas anodine.

Elle traduit :

L’événement devient un point de contact entre :

Communauté – Communes – Région – Diplomatie.

Conclusion

L’iftar 2026 au Birmingham Palace révèle une réalité :

La Fatih Camii n’est plus uniquement un lieu de prière.
Elle se positionne comme acteur structurant de la diaspora turque à Bruxelles.

Enracinement, projet éducatif, mobilisation financière, reconnaissance politique.

La question reste opérationnelle :
la dynamique institutionnelle observée ce soir se traduira-t-elle par une réalisation concrète et rapide ?

 

 

LES DISCOURS :

Talip Sarıgöz : « Construire un avenir, pas seulement un bâtiment »

Le discours du président de la Fatih Camii, Talip Sarıgöz, a posé le cadre politique et social de la soirée.

Moins théologique que le mufti.
Moins analytique que l’imam.
Plus stratégique.

1. L’iftar comme symbole collectif

Talip Sarıgöz commence par rappeler que :

L’iftar n’est pas seulement un moment de rupture du jeûne.

Il le définit comme :

Le Ramadan devient ainsi un révélateur de cohésion sociale.

Le message central :
une société forte ne vit pas pour elle-même, mais par ce qu’elle partage.

2. Diversité d’opinions, objectif commun

Il reconnaît une réalité :

Mais il insiste :

Nous avons un objectif commun : une société plus pacifique, plus consciente et plus forte.

La formule est importante.
Elle élargit le discours au-delà du cadre religieux.

3. Parler, s’unir, construire

Trois piliers structurent son intervention :

Ce triptyque positionne la Fatih Camii comme un acteur de stabilité.

4. Un projet qui dépasse la mosquée

Point central de son intervention :

L’objectif n’est pas seulement de construire un lieu de culte.

Le projet vise :

Il parle de protection identitaire, mais aussi de confiance et d’accompagnement éducatif.

Le vocabulaire est structurant :

5. Intégration assumée

Talip Sarıgöz insiste :

Nous voulons contribuer positivement à la ville et au pays dans lequel nous vivons.

C’est un message adressé autant à la communauté qu’aux élus présents.

La mosquée se positionne comme partenaire, non comme entité isolée.

6. Lecture stratégique

Son discours établit trois axes clairs :

  1. Renforcer le vivre-ensemble

  2. Structurer la jeunesse

  3. Construire une infrastructure durable

Il transforme l’iftar en plateforme de mobilisation civique.

Le projet n’est plus uniquement religieux.
Il devient urbain et sociétal.

Dans son discours

Talip Sarıgöz a donné à la soirée sa dimension politique locale.

L’iftar 2026 de la Fatih Camii s’inscrit désormais dans une logique claire :

 

Le message de l’Ambassadeur : ancrage, diplomatie et responsabilité partagée

L’intervention de l’Ambassadeur de Turquie, Görkem Barış Tantekin, fut brève mais structurante.
Moins théologique que les discours précédents, plus institutionnelle, elle a repositionné la soirée dans une perspective diplomatique et historique.

1. Une entrée sobre, un contexte diplomatique assumé

L’Ambassadeur explique être arrivé tardivement, retenu par un autre iftar diplomatique — celui de l’Ambassade du Maroc.

Le message est implicite :
la diplomatie turque est active, insérée dans un réseau international, y compris à Bruxelles.

Il remercie :

Le ton est mesuré, protocolaire.

2. 188 ans de relations belgo-turques

Point central du discours :

Les relations diplomatiques entre la Belgique et la Turquie remontent à 188 ans.

Un rappel historique stratégique.

Puis un second chiffre :

La présence turque en Belgique a environ 60 ans.

Conclusion implicite :
La communauté turque représente près d’un tiers de l’histoire moderne des relations bilatérales.

Ce n’est plus une migration temporaire.
C’est un fait structurel de l’histoire belge contemporaine.

3. Double appartenance assumée

L’Ambassadeur insiste sur un équilibre délicat :

Cette double loyauté n’est pas présentée comme une contradiction, mais comme une richesse.

Le message est clair :
l’intégration ne signifie pas rupture avec l’origine.

4. L’État turc au service de sa diaspora

Autre élément important :

L’Ambassade et les Consulats sont au service de la communauté.

Ce positionnement traduit une diplomatie de proximité.
La Turquie ne considère pas sa diaspora comme périphérique, mais comme stratégique.

Dans une capitale comme Bruxelles — siège de l’UE et de l’OTAN — ce message n’est pas anodin.

5. Une ouverture linguistique symbolique

L’Ambassadeur glisse quelques mots en français.

Un geste diplomatique.
Un signal d’intégration et de respect des autorités locales présentes.

Le message implicite :

“Cette maison est aussi la vôtre.”

6. Lecture politique

Son intervention se distingue des précédentes :

Il replace la Fatih Camii dans un triangle :

Communauté – Belgique – Turquie

L’iftar devient ainsi :

Dans son discours

Le discours de l’Ambassadeur confirme une réalité :

La diaspora turque à Bruxelles n’est plus périphérique.
Elle est un acteur reconnu  politique, économique et culturel.

 

Le discours de l’imam : du provisoire au permanent

Après l’intervention du président et avant celle du mufti, le discours de l’imam a posé un diagnostic lucide :
la diaspora turque en Belgique n’est plus une communauté de passage. Elle est devenue une communauté d’installation.

1. De la nostalgie du retour à l’ancrage définitif

L’imam commence par saluer :

Puis il aborde le cœur du sujet : la transformation sociologique.

Selon lui, la première génération était animée par le rêve du retour.
Aujourd’hui, cette perspective s’efface.

Les enfants, les petits-enfants, les racines sont ici.

La Turquie devient, pour beaucoup, un lieu de vacances plus qu’un horizon de retour.
Il le formule avec prudence : “Je peux me tromper”, mais le constat est posé.

C’est un basculement stratégique.

2. Croissance démographique et nouveaux besoins

L’imam souligne un point essentiel :

La population turque en Belgique augmente rapidement.

Cette croissance implique :

Sans infrastructure adaptée, dit-il, on ne peut exiger un comportement structuré de la jeunesse.

Le raisonnement est pragmatique :
pas d’espace → pas d’encadrement → pas de résultat.

3. La question centrale : le manque d’espace

Le diagnostic est concret :

L’imam insiste :

Si nous voulons des enfants éduqués, stables, ancrés dans des valeurs, nous devons créer un espace.

Il refuse l’idée que la multiplication des mosquées serait excessive.
Pour lui, elle est devenue nécessaire.

4. Une logique d’autonomie communautaire

Un passage important :

Historiquement, les communautés ont surmonté leurs difficultés par leurs propres moyens.

Le message est clair :
ne pas attendre de l’État.
S’organiser. Construire. Financer.

Il rappelle que le projet est déjà engagé :

Il évoque les succès passés et affirme sa confiance :
les obstacles seront surmontés.

5. Tonalité : mobilisatrice mais mesurée

Contrairement au mufti, plus théologique et plus offensif sur le plan linguistique,
l’imam adopte un ton :

Il parle d’un “problème à résoudre”.
Il transforme le besoin religieux en nécessité structurelle.

6. Lecture stratégique

Ce discours marque une étape importante.

Il ne s’agit plus simplement de préserver une identité religieuse.
Il s’agit d’organiser une communauté durablement installée en Belgique.

La Fatih Camii apparaît ainsi comme :

Dans son discours

L’iftar 2026 de la Fatih Camii n’était pas seulement un moment spirituel.

Il a révélé trois dynamiques :

  1. Une diaspora qui accepte son enracinement.

  2. Une pression démographique qui impose des infrastructures nouvelles.

  3. Une volonté d’autonomie organisationnelle.

 

Le Ramadan comme matrice morale

Le mufti rappelle d’abord la centralité du mois sacré :

Mais le discours ne reste pas théologique. Il devient stratégique.

L’appel : 2,8 millions d’euros pour l’extension

Le cœur du message est clair :

Il reste 2,8 millions d’euros à réunir.

Objectif :

Le mufti insiste sur la notion de sadaka jariya (aumône continue), investissement spirituel à rendement éternel.

Il rejette la logique de “sponsor”.
Le vocabulaire est volontaire :
“hayır sahibi” — bienfaiteur.

Le glissement sémantique est dénoncé comme une forme d’« impérialisme linguistique ».
Le discours touche à l’identité culturelle autant qu’à la religion.

Transmission et cinquième génération

Un autre axe majeur : la jeunesse.

Le mufti parle de la cinquième et sixième génération en Europe.
Il ne s’agit pas seulement de préserver une pratique religieuse, mais de :

Il cite Abou Bakr (fidélité), Ali (science et courage), Hasan, Hüseyin, Fatima, Khadija — références fondatrices.

L’objectif n’est pas communautariste dans le discours.
Il est présenté comme civilisationnel :
former une génération qui soit porteuse d’amour et de service à l’humanité.

Une séquence politique implicite

Ce qui frappe, au-delà du religieux, c’est le contexte.

Dans la salle :
des élus bruxellois, des diplomates turcs, des figures économiques.

Le message est double :

  1. Spirituel pour les fidèles

  2. Structurel pour la diaspora

La Fatih Camii se positionne comme un acteur institutionnel local.

Le Ramadan devient ainsi un espace :

Entre foi et responsabilité patrimoniale

Le mufti insiste :

Nous sommes dépositaires, pas propriétaires.

Biens, enfants, savoir : tout est amanet (dépôt).
La conclusion est financière, assumée :

Donner. Construire. Investir pour l’au-delà.

Lecture stratégique

Cet iftar n’était pas seulement un repas de rupture du jeûne.

C’était :

La Fatih Camii ne se limite plus à un lieu de culte.
Elle s’inscrit comme un pôle structurant de la diaspora turque à Bruxelles.

Le mot de la fin

Ramadan est spirituel.
Mais à Bruxelles, il est aussi institutionnel.

La question désormais est simple :
les 2,8 millions seront-ils réunis rapidement ?

La réponse déterminera la capacité de la communauté à transformer la foi en infrastructure durable.

 

 

 

 

 

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