Ouzbékistan – Quoi de neuf économique (15–28 février 2026)
Par Kadir Duran – Bruxelles Korner
Entre le 15 et le 28 février 2026, Tachkent a envoyé un signal cohérent : accélérer l’ancrage financier international, sécuriser des capitaux d’infrastructure (PPP), et consolider sa profondeur régionale (Afghanistan, Kazakhstan, Kirghizstan, Tadjikistan, Biélorussie). L’économie devient ici un instrument de politique étrangère et inversement.
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1) Londres comme hub : finance, accès au capital, diplomatie économique
Le pivot européen de la séquence, c’est le Royaume-Uni.
Interparlementaire / réforme : le ministre des Affaires étrangères Bakhtiyor Saidov a rencontré à Londres le Speaker Sir Lindsay Hoyle pour densifier les liens parlementaires — un format utile pour “normaliser” l’agenda de réformes aux yeux des partenaires occidentaux.
Trade & marchés de capitaux : à Tachkent, le président Shavkat Mirziyoyev a reçu Lord John Alderdice, envoyée commercial britannique (Asie centrale/Azerbaïdjan). Le message central est économique : montée en gamme de la relation, projets sectoriels et feuille de route bilatérale.
Point financier structurant : l’exécutif ouzbek met en avant l’accès à Londres comme place de financement, en rappelant des émissions de bonds souverains et corporate et l’idée d’adosser de nouveaux projets à des mécanismes de marché (et non seulement à l’aide).
Lecture Bruxelles Korner : Londres sert de garantie de “bankability”. Le narratif n’est plus “investissez chez nous”, mais “voici nos pipelines de projets finançables + notre crédibilité marché”.
2) Infrastructure : capex, PPP, et “project pipeline”
La UK–Uzbekistan Infrastructure Conference à Tachkent a cristallisé la priorité : transport, énergie, urbanisme, eau, santé avec une grille de lecture centrée sur les PPP, la structuration financière, et la bancabilité.
Ce que ça dit : l’Ouzbékistan vend une thèse simple aux investisseurs long terme : besoin massif, pipeline, modèles PPP, et un État qui apprend à parler la langue des fonds d’infrastructure.
3) Nucléaire : consolidation des partenaires technologiques
Sur l’énergie, la séquence la plus lourde est la poursuite des discussions techniques et contractuelles avec la Hongrie (MVM EGI Zrt) autour du projet de première centrale nucléaire (dont le refroidissement “dry cooling” est un sujet clé).
Lecture : au-delà du symbole, l’enjeu est la sécurisation d’un mix (croissance de la demande + industrialisation), avec transfert de savoir-faire et montée en capacité locale.
4) Afghanistan : commerce, logistique, et profondeur économique au Sud
Deux signaux convergents :
Accords Syrdarya–Afghanistan (~300 M$) : signature d’accords d’export-import couvrant alimentaire, textile, matériaux, chimie, pharma, etc.
Accélération d’un accord commercial préférentiel et objectif affiché de 5 Md$ de commerce bilatéral (contre 1,7 Md$ en 2025 et 653 M$ en 2021 selon les communications relayées).
Lecture : Tachkent traite l’Afghanistan comme marché + corridor. C’est une stratégie de continuité : réduire les frictions commerciales et “institutionnaliser” les flux, malgré le risque politique.
5) Espace post-soviétique : industrie, logistique, énergie régionale
Biélorussie : objectif de 2 Md$ de commerce d’ici 2030 (base autour de ~1 Md$, après hausse annoncée), avec un accent industrie/logistique/mécanisation.
Kazakhstan : plan pour doubler le fret ferroviaire vers 60 Mt/an, avec synchronisation des nœuds frontières et projets d’augmentation de capacité.
Kirghizstan/Kazakhstan/Ouzbékistan : accord sur un régime d’exploitation d’un projet énergétique régional (coordination eau-énergie, stabilité réseau).
Tadjikistan : rencontre Aripov–Rahmon, avec mise en avant du trend commerce/invest et agenda 2026.
Lecture : l’économie ouzbèke se “régionalise” de façon pragmatique : rail + énergie + interconnexions. Le corridor n’est pas un slogan : c’est une ingénierie de capacité.
6) Connectivité aérienne : Prague–Tachkent comme levier business
Les discussions sur des vols directs Prague–Tachkent visent à réduire la dépendance aux hubs et à fluidifier tourisme et déplacements d’affaires — donc, in fine, la densité commerciale.
Chiffres et signaux à retenir
Afghanistan : accords régionaux annoncés ~300 M$ + objectif bilatéral 5 Md$.
Biélorussie : objectif 2 Md$ de commerce en 2030 (base ~1 Md$).
Kazakhstan : cible 60 Mt de fret rail annuel.
UK : feuille de route économique + cadrage “marchés de capitaux / infrastructure bankable”.
Conclusion
La période 15–28 février 2026 montre un Ouzbékistan en mode exécution :
capital international (Londres), 2) infrastructures finançables (PPP), 3) profondeur régionale (Afghanistan / corridors), 4) sécurisation énergétique (nucléaire + coordination régionale).











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