L'excès de cholestérol se combat – d'abord – dans l'assiette
Publication aujourd'hui d'un Livre blanc sur l'approche diététique de l'hypercholestérolémie, pour aider les médecins généralistes et leurs patients.
PAR ANNE JEANBLANC
Certains aliments jouent un rôle-clé dans la lutte contre l'excès de cholestérol dans le sang, avec des bénéfices cumulatifs. C'est ce que démontre le Livre blanc Approche diététique de l'hypercholestérolémie*, écrit en partenariat avec la Nouvelle Société française d'athérosclérose et publié mardi. Il s'appuie sur une bibliographie détaillée et sur les recommandations internationales de prise en charge de cet important problème : selon les dernières estimations, l'hypercholestérolémie serait en partie responsable des 7,5 millions de décès annuels dus aux maladies cardiovasculaires dans le monde. En France, l'excès de LDL-Cholestérol (le "mauvais") toucherait actuellement près d'un individu sur trois.
"Depuis une dizaine d'années, différentes autorités de santé européennes et américaines ont émis des recommandations de prise en charge thérapeutique des patients dyslipidémiques (ayant trop de cholestérol et de triglycérides dans le sang, NDLR) qui, outre des modifications du mode de vie (activité physique, arrêt du tabac), mettent toutes en avant l'intérêt de meilleures habitudes alimentaires", peut-on lire. Certaines mesures sont régulièrement citées, comme la diminution de l'apport en acides gras saturés au profit d'acides gras insaturés, la prise d'aliments enrichis en stérols végétaux ainsi que l'augmentation de la consommation de fibres, de protéines de soja et d'oléagineux.
Sardines et avocats
En pratique, les recommandations internationales préconisent de favoriser les acides gras insaturés et, notamment, ceux dits polyinsaturés (ou AGP), que l'on trouve surtout dans les graines, les huiles végétales et dans les produits issus de ces huiles comme les margarines, ainsi que dans le saumon ou les sardines… À l'opposé, il est conseillé d'éviter les acides gras saturés (AGS), présents essentiellement dans les graisses animales, comme la charcuterie, les viandes non maigres, les produits laitiers non écrémés, les pâtisseries, les biscuits apéritifs. Ces AGS ne devraient pas dépasser 10 % des apports caloriques quotidiens.
Le Livre blanc rappelle encore les vertus des fibres alimentaires (qui proviennent quasi intégralement des produits d'origine végétale : fruits, légumes et produits céréaliers complets). Leur mécanisme d'action est désormais mieux compris et les preuves scientifiques de leur efficacité dans la lutte contre l'hypercholestérolémie se sont multipliées. Un apport quotidien de 10 g de fibres solubles (l'équivalent d'une tasse remplie de fruit de la passion ou de deux avocats et demi) permettrait ainsi de diminuer le LDL-Cholestérol de 3 à 5 %. Quant aux oléagineux (noix, noisettes, amandes…), ce sont également des aliments de choix. Riches en acides gras insaturés, en stérols végétaux et en micronutriments, ils présentent de multiples bénéfices cardiovasculaires qui s'ajoutent à ceux d'autres mesures diététiques. Un apport quotidien de 30 g d'amandes (ou d'autres oléagineux) serait associé à une diminution de 5 à 7 % du mauvais cholestérol, sans risque de prendre du poids. Enfin, les produits à base de soja réduisent le taux de ce cholestérol et devraient donc remplacer en partie les protéines animales.
* Il est écrit par les Drs Éric Bruckert et John Chapman (hôpital de La Pitié-Salpêtrière, Paris), Jean Ferrières (hôpital Rangueil, Toulouse), Michel Krempf (hôpital Nord-Laennec, Nantes), avec le soutien institutionnel d'Unilever ; éditions Vigot Maloine, 112 pages, 19 euros.





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