L’Europe peut-elle encore être une puissance sans industrie ?
Lorsque Pierre Wunsch, gouverneur de la Banque nationale de Belgique, avertit que l’industrie lourde pourrait avoir largement disparu d’Europe à l’horizon 2050 si les politiques actuelles se poursuivent, le véritable sujet n’est ni 2050, ni même le prix du carbone. La question est beaucoup plus profonde : l’Europe peut-elle continuer à ambitionner l’autonomie stratégique, la souveraineté technologique et la puissance géopolitique tout en fragilisant progressivement la base productive qui rend précisément ces ambitions possibles ?
Par Dr Glenn Agung Hole

Bruxelles est probablement l’endroit au monde où l’on parle le plus de souveraineté européenne.
Souveraineté énergétique. Souveraineté technologique. Autonomie stratégique. Résilience des chaînes de valeur. Réindustrialisation. Défense européenne. Intelligence artificielle. Technologies propres. Matières premières critiques.
Le vocabulaire a profondément changé en quelques années.
L’Europe qui croyait encore récemment pouvoir organiser son environnement économique autour de l’ouverture commerciale, de règles communes et d’une interdépendance croissante redécouvre aujourd’hui une réalité ancienne : la puissance politique repose, en dernière analyse, sur des capacités économiques très concrètes.
C’est précisément pour cette raison que l’avertissement de Pierre Wunsch mérite davantage qu’un débat supplémentaire sur la politique climatique.
Le gouverneur de la Banque nationale de Belgique ne pose pas seulement la question du coût futur du carbone. Il nous oblige à examiner une contradiction qui traverse désormais une grande partie de la politique économique européenne.
Nous voulons simultanément décarboner l’économie, réarmer le continent, réduire notre dépendance vis-à-vis de la Chine, accroître notre autonomie vis-à-vis des États-Unis, électrifier l’industrie, développer l’intelligence artificielle, sécuriser les matières premières critiques et préserver un modèle social européen extrêmement coûteux.
Or toutes ces ambitions ont quelque chose en commun.
Elles nécessitent énormément d’industrie.
Elles nécessitent de l’acier, des produits chimiques, des métaux, du ciment, des transformateurs, des câbles, des semi-conducteurs, des équipements électriques, des réseaux, des ports, des capacités logistiques et, surtout, une quantité considérable d’énergie disponible à un prix économiquement supportable.
L’économie numérique elle-même n’échappe pas à cette réalité.
L’intelligence artificielle peut sembler immatérielle lorsque nous interagissons avec un logiciel. Mais derrière l’interface se trouvent des centres de données, des réseaux électriques, des systèmes de refroidissement, des semi-conducteurs, du cuivre, de l’acier, des infrastructures et du capital industriel.
Le XXIe siècle sera numérique à la surface.
À sa base, il restera profondément industriel.
C’est ici que l’Europe risque de commettre une erreur historique.
Elle pourrait devenir de plus en plus ambitieuse sur le plan stratégique au moment même où elle devient de moins en moins attractive comme lieu de production.
La Belgique permet de comprendre ce paradoxe mieux que presque n’importe quel autre pays européen.
Nous ne parlons pas d’une économie périphérique ni d’un cas théorique. La Belgique se situe au cœur du système industriel européen. Anvers-Bruges constitue l’un des principaux complexes portuaires et pétrochimiques du continent. L’industrie chimique belge est intégrée à des milliers de chaînes de valeur européennes. Les activités énergivores alimentent directement ou indirectement l’automobile, la pharmacie, la construction, l’agriculture, les infrastructures et une multitude d’activités manufacturières.
Lorsque ces industries perdent en compétitivité, l’effet ne s’arrête donc pas à la porte de l’usine.
C’est précisément ce que l’analyse économique oublie trop souvent.
Nous continuons à mesurer l’industrie entreprise par entreprise, secteur par secteur, emploi par emploi.
Or l’industrie moderne est un système.
Une usine sidérurgique n’est pas simplement une unité qui produit de l’acier. Autour d’elle se développent des fournisseurs, des compétences techniques, des entreprises de maintenance, des infrastructures logistiques, des laboratoires, des ingénieurs, des centres de formation et des connaissances accumulées au fil des décennies.
Autrement dit, une économie industrielle possède une mémoire.
Et cette mémoire a une valeur économique.
Lorsque la production disparaît, une partie de cette capacité institutionnelle disparaît avec elle.
C’est pourquoi le débat européen ne devrait pas commencer par la question suivante : combien d’usines fermeront ?
Il devrait commencer beaucoup plus tôt.
Où sera réalisé le prochain investissement ?
C’est ici que se joue réellement la désindustrialisation.
Une usine peut continuer à fonctionner longtemps après que son propriétaire a cessé de croire à son avenir européen. Tant que l’installation existante génère des flux de trésorerie positifs, il peut être parfaitement rationnel de poursuivre la production, d’assurer la maintenance et même d’effectuer certaines modernisations.
Mais lorsqu’arrive le moment d’investir deux ou trois milliards d’euros dans la génération technologique suivante, le calcul change.
Le conseil d’administration ne compare plus seulement le nouveau projet à l’ancienne usine.
Il compare l’Europe au reste du monde.
C’est alors que le véritable choix est effectué.
Pas entre produire ou ne pas produire.
Mais entre produire demain à Anvers, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie ou dans le nord de la France, et produire au Texas, dans le Golfe ou en Asie.
C’est une distinction fondamentale.
La fermeture de l’usine est un indicateur tardif de la désindustrialisation.
La localisation du prochain milliard investi en est l’indicateur avancé.
Et cette distinction devrait profondément modifier la manière dont Bruxelles pense sa politique industrielle.
L’Union européenne continue trop souvent à raisonner comme si la présence actuelle d’une industrie garantissait sa présence future.
Ce n’est pas ainsi que fonctionne le capital.
Le capital doit être continuellement reproduit.
Les machines vieillissent. Les technologies deviennent obsolètes. Les infrastructures doivent être remplacées. Les procédés industriels doivent évoluer. Les capacités doivent être augmentées avant même que la demande ne se matérialise pleinement.
Une économie industrielle qui cesse progressivement d’attirer les nouveaux investissements peut donc donner une impression de stabilité pendant de nombreuses années.
Puis vient le moment où l’érosion devient visible.
À ce stade, il est souvent trop tard.
Le débat devient alors politique : sauver l’usine, protéger les emplois, créer un fonds d’urgence, accorder une subvention.
Mais la véritable décision économique a été prise bien auparavant, lorsque l’investissement marginal est parti ailleurs.
Cette logique est essentielle parce que le capital n’a aucune obligation de loyauté envers l’Europe.
Il ne s’agit pas d’une critique morale.
C’est simplement la nature du capital dans une économie ouverte.
Une entreprise internationale investit là où elle estime pouvoir obtenir la meilleure combinaison entre rendement, risque et perspectives de croissance.
Le prix de l’électricité compte.
Le prix du carbone compte.
La fiscalité compte.
Le délai nécessaire pour obtenir une autorisation compte.
La disponibilité du réseau électrique compte.
La prévisibilité réglementaire compte.
L’accès aux compétences et aux infrastructures compte.
Mais ce qui importe à la fin est la manière dont tous ces éléments se combinent dans un seul calcul économique.
C’est là que l’analyse institutionnelle devient indispensable.
Les politiques européennes sont généralement élaborées séparément.
Nous avons une politique climatique, une politique énergétique, une politique industrielle, une politique commerciale, une politique de concurrence, une politique de défense, une politique numérique et une politique des marchés de capitaux.
L’entreprise, elle, ne rencontre pas ces politiques séparément.
Elle les rencontre toutes en même temps dans son compte de résultat et dans son calcul d’investissement.
C’est précisément dans cet écart entre l’organisation administrative de la politique européenne et la réalité économique de l’entreprise que se situe une partie du problème.
Bruxelles peut analyser chaque politique individuellement et conclure que chacune poursuit un objectif rationnel.
Mais la somme de politiques individuellement rationnelles peut produire un environnement d’investissement collectivement irrationnel.
C’est l’un des grands risques de l’Europe actuelle.
Nous excellons dans l’optimisation des différentes composantes du système, mais nous sommes moins performants lorsqu’il s’agit d’évaluer la capacité du système dans son ensemble à produire de la croissance, de l’innovation et de la puissance.
Le carbone en offre une illustration particulièrement importante.
Le problème n’est pas l’existence d’un prix du carbone en soi. Une tarification du carbone correctement conçue peut être économiquement plus efficace qu’une multiplication de prescriptions technologiques et d’interdictions administratives.
La véritable question est celle du séquençage.
Une hausse du prix du carbone produit un effet économique très différent selon que l’entreprise dispose ou non d’une alternative compétitive.
Si une sidérurgie peut accéder à de grandes quantités d’électricité bas-carbone, à un réseau suffisamment développé, à des technologies arrivées à maturité commerciale, à une infrastructure adaptée et à un financement compétitif, la hausse du coût du carbone peut accélérer une substitution technologique.
Mais si ces conditions n’existent pas encore, la même hausse peut produire un résultat très différent.
Elle ne transforme pas l’industrie.
Elle transforme la localisation de l’industrie.
C’est la différence fondamentale entre décarbonisation et désindustrialisation.
Et elle mérite beaucoup plus d’attention à Bruxelles.
L’Europe ne doit pas confondre le fait de rendre l’ancien système plus coûteux avec le fait d’avoir effectivement construit le nouveau.
Un système d’échange de quotas peut modifier les prix relatifs.
Il ne construit pas une centrale électrique.
Il ne renforce pas un réseau.
Il ne forme pas un ingénieur.
Il ne crée pas une infrastructure hydrogène.
Il ne raccourcit pas automatiquement les procédures administratives.
Et il ne garantit certainement pas que le prochain investissement industriel sera réalisé en Europe.
Toutes ces choses exigent une capacité institutionnelle d’un autre ordre.
C’est ici que je situe le véritable problème européen : non pas un manque de ressources, mais un déficit croissant de capacité de conversion institutionnelle.
L’Europe dispose de capital.
Elle dispose de compétences.
Elle dispose d’universités parmi les meilleures au monde.
Elle dispose de technologies avancées, d’une épargne considérable, d’infrastructures développées et d’un marché de près de 450 millions de personnes.
Pourtant, disposer d’une ressource n’est pas la même chose qu’être capable de la convertir en puissance productive.
C’est cette capacité de conversion qui détermine, en dernière analyse, la prospérité d’une économie.
L’Europe possède de l’épargne, mais une part considérable de cette épargne finance la croissance d’entreprises situées aux États-Unis.
Elle possède des chercheurs de premier rang, mais trop d’entreprises européennes rencontrent des difficultés lorsqu’elles doivent passer de l’innovation à la mise à l’échelle.
Elle possède un immense marché intérieur, mais les marchés de capitaux, les infrastructures et les cadres administratifs restent encore largement fragmentés.
Elle possède des objectifs énergétiques ambitieux, mais certains projets industriels attendent encore plusieurs années pour obtenir l’accès au réseau nécessaire à leur réalisation.
Elle possède donc les ressources.
La question est de savoir si ses institutions savent encore suffisamment bien les combiner.
Cela nous ramène directement au rapport Draghi.
La contribution la plus importante de Mario Draghi au débat européen n’était pas uniquement d’identifier un besoin d’investissement de plusieurs centaines de milliards d’euros supplémentaires chaque année.
Elle consistait à comprendre que le problème européen est systémique.
Énergie, productivité, marchés de capitaux, innovation, industrie, infrastructures et sécurité ne peuvent plus être traités comme des dossiers indépendants.
Ils constituent une seule architecture de puissance économique.
Mais diagnostiquer cette interdépendance est plus facile que la traduire institutionnellement.
L’Europe reste extraordinairement performante lorsqu’il s’agit de définir des normes.
C’est ce que l’on a parfois appelé le « Brussels effect » : la capacité de l’Union à imposer indirectement ses standards au reste du monde grâce à la taille de son marché.
Cette puissance normative a été réelle.
Mais elle ne doit pas être confondue avec une puissance productive.
On peut imposer des normes sur les batteries sans être le principal producteur mondial de batteries.
On peut réglementer l’intelligence artificielle sans posséder les entreprises qui dominent l’intelligence artificielle.
On peut définir des standards environnementaux pour l’acier sans conserver suffisamment de capacité sidérurgique.
On peut construire la politique industrielle la plus sophistiquée du monde sur le papier et perdre malgré tout les investissements industriels.
Le défi de la prochaine décennie européenne est donc peut-être précisément celui-ci :
passer de la puissance normative à la puissance productive.
Cela nécessite également de regarder avec prudence la montée des subventions industrielles.
Il existe aujourd’hui de bonnes raisons économiques et géopolitiques de soutenir certaines capacités stratégiques. Les marchés ne valorisent pas toujours correctement la sécurité d’approvisionnement, la résilience ou l’autonomie militaire.
Mais les subventions peuvent également masquer un problème structurel plutôt que le résoudre.
Si une activité industrielle devient non compétitive en Europe parce que l’énergie, la réglementation ou l’infrastructure rendent sa production durablement plus coûteuse, une subvention ne supprime pas nécessairement ce désavantage.
Elle déplace le coût.
De l’entreprise vers le contribuable.
Une politique industrielle devient alors dangereuse lorsqu’elle cesse de construire de nouvelles capacités et commence principalement à compenser les faiblesses structurelles de l’environnement économique existant.
À plus long terme, cela pose également un problème pour le marché unique.
Tous les États membres ne disposent pas de la même capacité budgétaire.
Si l’industrie européenne doit de plus en plus dépendre de soutiens publics nationaux pour rester compétitive, les pays disposant des finances publiques les plus solides pourront protéger davantage leur base industrielle que les autres.
Nous risquons alors de répondre à un problème commun de compétitivité par vingt-sept capacités fiscales différentes.
Le marché unique pourrait ainsi devenir moins intégré précisément au moment où l’Europe a le plus besoin d’échelle.
Ce serait un paradoxe supplémentaire.
L’Europe chercherait à devenir plus autonome vis-à-vis du monde tout en recréant davantage de fragmentation en son sein.
Le CBAM révèle une tension comparable.
Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières répond à un problème économique réel : une entreprise européenne soumise à un coût carbone élevé ne peut durablement concurrencer sur le marché intérieur des importations produites sans coût comparable.
Mais le mécanisme ne résout pas complètement la question des exportations européennes.
Une entreprise belge ou allemande peut être partiellement protégée lorsqu’elle vend en Europe, tout en restant désavantagée lorsqu’elle affronte ses concurrents sur des marchés tiers.
Et une deuxième difficulté apparaît plus loin dans la chaîne de valeur.
Le producteur européen d’acier peut bénéficier d’une protection à la frontière.
Mais l’entreprise européenne qui achète cet acier pour fabriquer des machines destinées au marché mondial supporte toujours un intrant plus coûteux que certains concurrents étrangers.
Le risque de fuite de carbone ne disparaît alors pas nécessairement.
Il descend dans la chaîne de valeur.
Ce genre d’effet de second ordre illustre pourquoi l’Europe doit cesser de considérer sa politique industrielle secteur par secteur.
L’économie n’est pas constituée de cases administratives.
Elle est constituée de relations.
L’industrie est un réseau de complémentarités.
C’est également là que la tradition économique autrichienne offre une intuition particulièrement utile. Le capital n’est pas une masse homogène que l’on peut déplacer instantanément d’une activité à une autre. Il est constitué de biens, de compétences et de structures complémentaires qui se construisent dans le temps.
Une raffinerie, un complexe chimique ou une aciérie n’existe pas isolément.
Sa valeur dépend de l’énergie, du réseau ferroviaire, du port, des fournisseurs, des ingénieurs, des clients industriels et de dizaines d’autres actifs accumulés autour d’elle.
C’est pourquoi perdre une capacité industrielle peut être relativement rapide tandis que la reconstruire peut prendre une génération.
Cette asymétrie est fondamentale.
Elle l’est encore davantage dans la situation géopolitique actuelle.
L’Europe a découvert avec la guerre en Ukraine ce que signifie dépendre excessivement d’un fournisseur pour une ressource stratégique.
Elle découvre désormais la même vulnérabilité dans les matières premières critiques, les semi-conducteurs et certains équipements de défense.
Il serait étrange de tirer de cette expérience la conclusion qu’il faut davantage d’autonomie stratégique tout en acceptant parallèlement une dépendance accrue pour les matériaux industriels fondamentaux.
L’autonomie stratégique n’est pas une déclaration politique.
C’est une capacité matérielle.
Un continent ne devient pas plus souverain parce qu’il utilise le mot « souveraineté » plus fréquemment dans ses communications officielles.
Il devient plus souverain lorsqu’il possède la capacité économique de choisir.
La capacité de produire.
La capacité de financer.
La capacité d’innover.
Et, lorsque les circonstances l’exigent, la capacité d’augmenter rapidement sa production.
C’est pourquoi la question posée implicitement par Pierre Wunsch va beaucoup plus loin que le devenir de l’industrie lourde belge ou européenne.
Elle concerne la nature même du pouvoir européen.
L’Europe peut-elle conserver son modèle économique, son modèle social et ses ambitions géopolitiques si sa base productive s’érode progressivement ?
Je ne crois pas que l’Europe soit condamnée à la désindustrialisation.
Le continent dispose encore d’atouts extraordinaires.
Mais aucun avantage économique n’est éternel.
La prospérité n’est pas un stock hérité dont une société peut indéfiniment consommer les fruits.
Elle doit être reproduite.
Le capital doit être renouvelé.
Les compétences doivent être transmises.
Les infrastructures doivent être modernisées.
Les entreprises doivent être créées et pouvoir croître.
Les nouvelles technologies doivent être transformées en activités productives.
Et les institutions doivent continuellement recréer les conditions qui rendent cette dynamique possible.
Voilà, à mes yeux, le véritable enjeu européen.
L’Europe n’a pas besoin de choisir entre le climat et l’industrie.
Elle doit construire une architecture dans laquelle la transition climatique renforce progressivement sa capacité productive au lieu de la déplacer hors du continent.
Elle n’a pas à abandonner ses standards.
Mais elle doit comprendre qu’un standard sans capacité productive finit par produire de la dépendance plutôt que de la puissance.
Elle n’a pas à renoncer à son ambition stratégique.
Mais elle doit accepter que la souveraineté n’existe que si l’économie réelle peut la soutenir.
Pierre Wunsch parle de 2050.
Le marché, lui, ne nous accordera pas vingt-quatre ans pour décider.
Les capacités industrielles de 2050 sont déjà en train d’être déterminées par les décisions d’investissement prises aujourd’hui.
La question essentielle pour Bruxelles n’est donc pas de savoir combien d’usines européennes seront encore ouvertes en 2050.
Elle est beaucoup plus immédiate :
où sera investi le prochain milliard qui construira l’industrie de 2050 ?
Si la réponse est de plus en plus souvent les États-Unis, l’Asie ou le Golfe, la désindustrialisation européenne aura commencé bien avant que nous osions lui donner son nom.
L’Europe a passé plusieurs décennies à devenir une puissance réglementaire sans équivalent.
La prochaine étape est beaucoup plus difficile.
Elle doit redevenir une puissance capable de transformer ses règles, son capital, son énergie, ses connaissances et son ambition en capacités productives réelles.
Car une Europe qui réglemente davantage qu’elle ne produit peut rester influente pendant un certain temps.
Mais elle ne restera pas puissante indéfiniment.






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