Le Kazakhstan à la conquête de l'économie de la connaissance : Bruxelles découvre les ambitions scientifiques d'Astana
Le Kazakhstan parie sur le savoir pour façonner son avenir
Par Kadir Duran – Bruxelles Korner

Pendant de nombreuses années, une idée s'est progressivement imposée dans les débats européens : celle d'un affaiblissement relatif de l'Europe dans la compétition mondiale pour l'innovation, la recherche et l'enseignement supérieur. Face à la montée en puissance des États-Unis, de la Chine, de Singapour ou encore des pays du Golfe, beaucoup considéraient que le Vieux Continent perdait peu à peu son avance dans l'économie de la connaissance.
Pourtant, lors de plusieurs rencontres organisées récemment à Bruxelles, une réalité différente est apparue. Cette réalité nous a été présentée par le ministre kazakh des Sciences et de l'Enseignement supérieur, Sayasat Nurbek, en visite officielle en Belgique, ainsi que lors d'échanges organisés à l'Ambassade du Kazakhstan auprès de l'Union européenne.
À travers les discussions tenues dans le cadre des #ShanyraqDialogues, le ministre a exposé une transformation spectaculaire en cours au Kazakhstan : celle d'un pays longtemps identifié à ses ressources naturelles, à son uranium et à sa position géographique stratégique, mais qui ambitionne désormais de devenir un acteur majeur de la science, de l'enseignement supérieur, de l'intelligence artificielle et des technologies de pointe.
Réunissant responsables européens, universités belges, centres de recherche, institutions de l'Union européenne, scientifiques et étudiants kazakhs installés en Europe, cette rencontre a mis en lumière une nouvelle dynamique dans les relations entre Bruxelles et Astana : l'économie de la connaissance devient progressivement le nouveau moteur du partenariat Kazakhstan–Union européenne.

Les échanges ont porté sur plusieurs sujets stratégiques : l'intégration du Kazakhstan dans les grands programmes européens de recherche tels qu'Horizon Europe, le développement de l'intelligence artificielle, la coopération universitaire, les technologies Deep-Tech, les supercalculateurs, les matières premières critiques, ainsi que les défis liés au climat, à l'eau et à la transition énergétique.
Dans un contexte où la compétition mondiale se joue de plus en plus autour des talents, de l'innovation et de la maîtrise des technologies émergentes, le Kazakhstan apparaît aujourd'hui comme l'un des pays les plus ambitieux d'Asie centrale. Son objectif est clair : devenir non seulement le principal hub universitaire et scientifique de la région, mais également un pont technologique entre l'Europe et l'Asie.
Cette ambition, portée par les réformes engagées sous la présidence de Kassym-Jomart Tokayev et par l'action du ministre Sayasat Nurbek, révèle une transformation profonde du pays : le Kazakhstan ne veut plus seulement exporter des ressources ; il veut désormais exporter du savoir, de l'innovation et de la technologie.
Le Kazakhstan mise sur la connaissance pour devenir la puissance intellectuelle de l'Asie centrale
Pendant de nombreuses années, le Kazakhstan a principalement été associé à ses immenses ressources naturelles, à son uranium, à son pétrole, à ses vastes steppes et à sa position géostratégique au cœur de l'Eurasie.
Aujourd'hui, une autre réalité est en train d'émerger.
Lors de plusieurs rencontres organisées récemment à Bruxelles dans le cadre des #ShanyraqDialogues, ainsi qu'à l'Ambassade du Kazakhstan auprès de l'Union européenne, le ministre kazakh des Sciences et de l'Enseignement supérieur, Sayasat Nurbek, dans ses présentation, a provoqué une vision ambitieuse qui pourrait profondément transformer la place du Kazakhstan dans le monde.
Le message porté par Sayasat Nurbek est clair :
« Le Kazakhstan ne veut plus être uniquement perçu comme un fournisseur de matières premières ou un simple corridor logistique entre l'Europe et l'Asie. Il veut devenir un partenaire scientifique, technologique et éducatif à part entière. »

Cette ambition se reflète aujourd'hui dans une série de réformes sans précédent.
Le Kazakhstan a accordé plus de 93 000 bourses d'études, augmenté massivement les allocations universitaires, multiplié les partenariats internationaux et lancé une vaste stratégie nationale visant à faire du pays le principal hub universitaire et scientifique d'Asie centrale d'ici 2030.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes :
plus de 35 000 étudiants internationaux ;
40 partenariats universitaires mondiaux ;
20 universités présentes dans les classements QS ;
95 universités engagées dans des programmes liés à l'intelligence artificielle ;
des collaborations avec Google, NVIDIA, Coursera, Huawei et de nombreuses institutions européennes.

Parallèlement, Astana investit dans les supercalculateurs, les centres de données, les technologies Deep-Tech, la recherche sur les terres rares et les applications industrielles de l'intelligence artificielle.
Derrière cette transformation se dessine une stratégie beaucoup plus vaste.
Le Kazakhstan ne cherche plus seulement à être une puissance énergétique ou une plateforme logistique du Corridor du Milieu reliant la Chine à l'Europe.
Il aspire désormais à devenir une puissance du savoir.
Une puissance capable d'attirer les talents internationaux, de former sa propre élite scientifique, de développer ses capacités technologiques et de servir de pont entre les écosystèmes européens, asiatiques et nord-américains.
Cette vision s'inscrit dans la stratégie plus large du président Kassym-Jomart Tokayev, qui considère que la richesse future du Kazakhstan ne reposera plus uniquement sur ses ressources naturelles, mais sur son capital humain.
À travers les programmes universitaires, les partenariats internationaux, la recherche appliquée, l'intelligence artificielle et l'innovation, Astana prépare déjà l'économie post-pétrole.
Et si cette stratégie réussit, le Kazakhstan pourrait bien devenir, dans les prochaines décennies, ce que Singapour est devenu en Asie du Sud-Est :
un centre régional de connaissance, d'innovation et de technologies avancées au cœur de l'Eurasie.

Quand la science devient un outil géopolitique
Les différents documents présentés à Bruxelles révèlent également une réalité souvent ignorée en Europe.
La science n'est plus uniquement une question académique.
Elle est devenue un instrument de puissance.
À travers son rapprochement avec Horizon Europe, ses partenariats avec les universités européennes, ses investissements dans l'IA, les supercalculateurs et les minerais critiques, le Kazakhstan construit progressivement une nouvelle forme d'influence fondée sur la connaissance.
Dans cette stratégie, Bruxelles occupe une place particulière.
L'Union européenne apporte l'excellence scientifique, les standards industriels, les réseaux de recherche et les capacités d'innovation dont le Kazakhstan a besoin pour accélérer sa transformation.
En retour, l'Europe trouve dans le Kazakhstan un partenaire stable, réformateur et stratégiquement situé au cœur d'une région dont l'importance géopolitique ne cesse de croître.
L'histoire des relations entre le Kazakhstan et l'Union européenne entre ainsi dans une nouvelle phase.
Après l'énergie, les transports et les matières premières, c'est désormais autour de la science, de l'éducation et de l'intelligence artificielle que se construit le partenariat de demain.






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