Le Congrès des Leaders des Religions Mondiales et Traditionnelles : l’initiative kazakhe devenue une plateforme mondiale du dialogue interreligieux
Astana, capitale mondiale du dialogue interreligieux
Depuis plus de vingt ans, le Kazakhstan accueille l’un des plus importants forums internationaux consacrés au dialogue entre les religions : le Congrès des Leaders des Religions Mondiales et Traditionnelles.
Cette initiative a été lancée par le premier président du Kazakhstan, Noursoultan Nazarbaïev, dans un contexte international marqué par les tensions religieuses et les inquiétudes liées au choc des civilisations après les attentats du début des années 2000. Le premier congrès s’est tenu à Astana les 23 et 24 septembre 2003.
L’idée a été officiellement proposée le 13 février 2003 lors de la Conférence internationale sur la paix et la concorde, réunissant des représentants des communautés chrétiennes, musulmanes et juives. Cette proposition a rapidement reçu le soutien du Saint-Siège, notamment à l’occasion d’une visite présidentielle au Vatican.
Les objectifs du Congrès
Le Congrès poursuit deux objectifs fondamentaux :
Identifier les valeurs universelles communes aux grandes religions du monde ;
Créer une institution internationale permanente favorisant le dialogue interreligieux et l’adoption de positions consensuelles sur les grands enjeux mondiaux.
Les priorités du forum
Les travaux du Congrès reposent sur plusieurs principes :
Promotion de la paix, de l’harmonie et de la tolérance ;
Renforcement du respect mutuel entre religions, nations et groupes ethniques ;
Prévention de l’instrumentalisation de la religion à des fins de conflit ou de confrontation ;
Développement d’une culture du dialogue entre civilisations.

Une réponse au « choc des civilisations »
L’un des aspects les plus remarquables du Congrès réside dans sa volonté explicite de combattre l’idée selon laquelle les religions seraient condamnées à s’opposer.
Les organisateurs défendent une vision fondée sur :
Le dialogue entre cultures ;
Le respect des différences religieuses ;
La lutte contre l’extrémisme ;
Le rejet de la haine confessionnelle ;
La promotion de la coexistence pacifique.
Cette approche a permis au Kazakhstan de se positionner comme un médiateur international entre différentes traditions spirituelles et culturelles.

Une participation internationale de premier plan
Depuis 2003, le Congrès réunit régulièrement :
Des représentants de l’islam ;
Des représentants du christianisme (catholique, orthodoxe et protestant) ;
Des représentants du judaïsme ;
Des responsables bouddhistes ;
Des représentants de l’hindouisme ;
Des dignitaires taoïstes et shintoïstes ;
Des experts universitaires et organisations internationales.
Les congrès successifs ont rassemblé des participants issus de plus de 50 à 60 pays, faisant d’Astana l’un des principaux centres mondiaux du dialogue interreligieux.

La participation belge
La communauté juive belge
Parmi les personnalités belges les plus susceptibles d’avoir été associées aux activités du Congrès figure le Grand Rabbin de Bruxelles et de Belgique, Albert Guigui.
Figure reconnue du dialogue interreligieux en Europe, il participe régulièrement à des initiatives de rapprochement entre les communautés religieuses. Toutefois, les documents publics disponibles ne permettent pas de confirmer formellement sa présence lors des sessions plénières du Congrès d’Astana.
L’Église catholique belge
La Belgique a également été représentée indirectement à travers les structures internationales de l’Église catholique.
Le Vatican figure parmi les partenaires historiques du Congrès et soutient l’initiative kazakhe depuis sa création. Les représentants catholiques belges apparaissent généralement dans le cadre des délégations du Saint-Siège ou des structures épiscopales européennes plutôt qu’en tant que délégation nationale distincte.
Le Palais de la Paix et de la Réconciliation
Le Congrès se déroule principalement au Palais de la Paix et de la Réconciliation, une pyramide emblématique conçue par l’architecte britannique Norman Foster.
Ce bâtiment est devenu l’un des symboles internationaux de la politique kazakhe de dialogue interculturel et interreligieux.

Analyse Bruxelles Korner
Vingt ans après sa création, le Congrès des Leaders des Religions Mondiales et Traditionnelles constitue probablement l’une des initiatives diplomatiques les plus originales développées par le Kazakhstan sur la scène internationale.
Alors que de nombreuses régions du monde sont confrontées à des tensions identitaires, religieuses ou communautaires, Astana a choisi de construire une plateforme permanente de dialogue réunissant responsables religieux, dirigeants internationaux, universitaires et représentants de la société civile.
Au-delà de sa dimension spirituelle, ce forum est devenu un instrument majeur du soft power kazakh, permettant au pays de projeter une image de médiateur, de promoteur de la tolérance et de pont entre l’Orient et l’Occident.
Sources officielles
Par Kadir Duran – Bruxelles Korner







Yorum Yazın