Selon la Derniere Heure
L’ancien proxénète détournait l’argent public
Ju. B.Publié le 27/11/2015 à 07h11
Ozgur A. était jugé hier matin devant la 59 e chambre correctionnelle de Bruxelles pour toute une série d’escroqueries aux faux assujettissements à l’Onem. Le montant estimé de l’arnaque s’élève à 73.355€ pour le volet pénal, pour des faits datant de 2009. Elle s’était basée autour d’une société en faillite, une boulangerie située rue du Métal, à Saint-Gilles.
L’auditorat du travail a requis une peine de quatre ans de prison à l’encontre d’Ozgur A. Son casier judiciaire chargé notamment pour des faits de proxénétisme lui interdit le sursis. Un an de prison avec sursis a été requis contre les six personnes suspectées de lui avoir acheté les faux assujettissements pour plus de 1.000€
L’homme est aussi jugé pour des menaces et coups et blessures (nez cassé) contre le boulanger, qu’il avait désigné comme l’instigateur de l’arnaque. "Pour essayer de se couvrir", estime l’auditeur Fabrizio Antioco. Inculpé, ce boulanger avait bénéficié d’un non-lieu en chambre de l’instruction qui avait suivi les réquisitions de l’auditorat. Ozgur A. nie ces faits de menaces et violences et est en aveux d’avoir acheté les assujettissements, pas d’être à la tête de l’escroquerie.
Celui-ci est pourtant décrit par l’auditeur du travail Fabrizio Antioco comme "l’organisateur". Les autres prévenus ont "acheté les faux documents dans le but de rentrer dans le champ de la Sécurité sociale : chômage, allocations familiales, vacances annuelles, pension." Ulcéré par ces dossiers de fraude sociale "de plus en plus fréquents", l’auditeur a fait le parallèle entre ces exactions et le trou dans la caisse de la Sécurité sociale : "à terme, il n’y aura plus d’argent pour soigner les cancers."
L’auditorat a été sévère avec le principal prévenu, quelqu’un qui "invente et brode. Même à Bruges, on ne fait pas mieux." Il a ainsi rappelé le jugement qui l’avait condamné en 2008 pour proxénétisme, précisant qu’il "n’avait de cesse de faire des déclarations complètement fantaisistes et de faire porter aux autres la responsabilité pénale, y compris ses propres victimes. Il exerça systématiquement des pressions à l’encontre des victimes et des témoins"
A l’audience, Me Denis Bosquet, l’avocat d’Ozgur A., a indiqué "ne pas percevoir la logique d’une peine de quatre ans de prison", selon lui démesurée au regard de la petitesse du dossier. Il a demandé une "peine de travail conséquente" pour que son client "apprenne que ce genre de choses ne se fait pas." Jugement le 15 janvier.





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