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Kazakhstan : Tokayev affiche la puissance économique de son pays, mais prévient que le plus difficile reste à accomplir

Ana SayfaOrta Asya - Asie CentraleKazakhstan : Tokayev affiche la puissance économique de son pays, mais prévient que le plus difficile reste à accomplir
Kazakhstan : Tokayev affiche la puissance économique de son pays, mais prévient que le plus difficile reste à accomplir

Kazakhstan : Tokayev affiche la puissance économique de son pays, mais prévient que le plus difficile reste à accomplirÀ la veille de la fête de la République, le président kazakh dresse le bilan de sept années de transformations économiques et institutionnelles. Avec un PIB proche de 350 milliards de dollars, une nouvelle architecture politique et des ambitions technologiques affirmées, Astana entend franchir une nouvelle étape. Mais derrière les chiffres, une question demeure : comment transformer cette croissance en prospérité durable et en influence internationale ?

24 Ekim, 2026, Cumartesi 12:44
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BRUXELLES KORNER | GÉOPOLITIQUE & ÉCONOMIE | ASIE CENTRALE | 24 OCTOBRE 2026

Kazakhstan : Tokayev affiche la puissance économique de son pays, mais prévient que le plus difficile reste à accomplir

À la veille de la fête de la République, le président kazakh dresse le bilan de sept années de transformations économiques et institutionnelles. Avec un PIB proche de 350 milliards de dollars, une nouvelle architecture politique et des ambitions technologiques affirmées, Astana entend franchir une nouvelle étape. Mais derrière les chiffres, une question demeure : comment transformer cette croissance en prospérité durable et en influence internationale ?

Токаев: Несмотря на беспрецедентные вызовы, мы строим страну равных возможностей

 

Millennium Axis Walking Tour - 1 Day

Par Kadir Duran — Bruxelles Korner

ASTANA / BRUXELLES — Le Kazakhstan ne veut plus seulement être considéré comme une puissance énergétique d'Asie centrale. Il ambitionne désormais de s'imposer comme une économie diversifiée, un partenaire stratégique de l'Europe et un acteur incontournable des nouvelles routes commerciales eurasiatiques.

C'est dans ce contexte que le président Kassym-Jomart Tokayev a prononcé, le 23 octobre 2026, un discours à l'occasion des célébrations anticipées de la fête de la République, officiellement célébrée le 25 octobre.

À quelques semaines du 35e anniversaire de l'indépendance du pays, son intervention ne s'est pas limitée à une commémoration nationale. Elle a pris la dimension d'un bilan présidentiel, mais également d'un avertissement politique.

Le message peut se résumer ainsi : le Kazakhstan a progressé, mais ses acquis ne garantissent pas sa réussite future.

Le chef de l'État a reconnu que les réalisations économiques et les réformes engagées ne suffisaient pas face à l'intensification de la concurrence mondiale et à la multiplication des défis internationaux.

 

Une puissance économique qui change de dimension

≈ 350 Md $

PIB annoncé, en dollars

+30 %

Croissance économique depuis 2019

> 15 000 $

PIB par habitant

40 %

Part des PME dans le PIBChiffres avancés par le président Tokayev lors de son discours du 23 octobre 2026.

Le Kazakhstan présente aujourd'hui des indicateurs qui témoignent d'une transformation économique significative.

Selon les données communiquées par le chef de l'État, le produit intérieur brut national approche les 350 milliards de dollars, tandis que le PIB par habitant dépasse désormais 15 000 dollars.

Depuis 2019, l'économie aurait enregistré une progression d'environ 30 %.

Ces résultats confortent le positionnement du Kazakhstan parmi les principales économies de l'espace postsoviétique, derrière la Russie.

Mais l'élément le plus intéressant se trouve peut-être ailleurs.

Les petites et moyennes entreprises représenteraient désormais 40 % du PIB et emploieraient près de la moitié de la population en âge de travailler.

Pour une économie historiquement dépendante des hydrocarbures et des ressources minières, ce développement du secteur entrepreneurial constitue un indicateur important de diversification.

Toutefois, la véritable mesure du succès ne réside pas uniquement dans la progression du PIB. Elle dépend de la capacité à créer des entreprises compétitives, à développer une industrie nationale et à réduire la vulnérabilité du pays aux fluctuations des matières premières.

Le défi du Kazakhstan n'est donc plus seulement de produire davantage de richesses, mais de mieux structurer les mécanismes de leur création et de leur distribution.

Une nouvelle architecture politique pour accompagner les ambitions économiques

La transformation kazakhe ne se limite pas aux performances économiques.

Tokayev a également mis en avant les changements constitutionnels et institutionnels destinés à redéfinir le fonctionnement de l'État.

Parmi les principales évolutions figurent la mise en place d'un Parlement monocaméral, le Kurultai, l'introduction de la fonction de vice-président et la création du Conseil du peuple du Kazakhstan, présenté comme un organe consultatif de haut niveau.

Cette réorganisation répond à une ambition affichée : moderniser le système institutionnel pour permettre une prise de décision plus efficace et mieux accompagner les transformations du pays.

Mais une réforme institutionnelle ne se mesure pas seulement à l'apparition de nouvelles structures.

Elle doit également être évaluée à travers le fonctionnement des contre-pouvoirs, la transparence administrative, l'indépendance des institutions et les possibilités de participation citoyenne.

Dans cette perspective, la nouvelle architecture politique kazakhe représente autant une transformation de l'appareil d'État qu'un test de sa capacité à répondre aux attentes de la société.

Le développement social, une question centrale pour la stabilité nationale

Derrière les grands indicateurs macroéconomiques, le président a accordé une place importante aux questions sociales.

Le programme National Fund for Children, qui redistribue une partie des ressources du fonds national au bénéfice des jeunes générations, illustre cette stratégie.

D'après Tokayev, 2,5 milliards de dollars ont été affectés aux comptes de quelque sept millions d'enfants.

Le chef de l'État a également souligné la construction de plus de 20 millions de mètres carrés de logements l'année dernière, ainsi qu'une espérance de vie qui approche désormais 76 ans.

Ces chiffres traduisent une volonté politique de montrer que le développement économique doit produire des résultats tangibles pour les citoyens.

L'enjeu est considérable.

Dans un pays au territoire immense, marqué par des disparités régionales, la croissance doit pouvoir bénéficier aussi bien aux grandes métropoles qu'aux zones rurales et industrielles.

L'accès au logement, aux soins de santé, à une formation de qualité et à des emplois suffisamment rémunérateurs constitue une condition essentielle de la cohésion nationale.

La capacité du gouvernement à réduire les inégalités territoriales sera donc l'un des critères déterminants pour apprécier les résultats de cette modernisation.

Intelligence artificielle, industrie et diversification : les nouvelles frontières du Kazakhstan

Un autre aspect de la stratégie kazakhe mérite une attention particulière : le positionnement du pays dans l'économie numérique.

Le Kazakhstan cherche à développer ses capacités en intelligence artificielle, en infrastructures numériques et en technologies avancées.

Les autorités mettent notamment en avant l'Astana Hub, le centre international Alem.ai, le développement de supercalculateurs et la création d'infrastructures spécialisées dans les centres de données.

Selon les données relayées à l'occasion des célébrations, les exportations de services informatiques auraient dépassé un milliard de dollars.

Cette stratégie vise à réduire progressivement la dépendance du pays à ses ressources naturelles.

Le raisonnement économique est clair : une puissance disposant d'importantes ressources énergétiques et minières doit aussi être capable de développer ses propres technologies, ses compétences scientifiques et sa valeur ajoutée industrielle.

Le Kazakhstan dispose d'atouts considérables : des ressources naturelles, une position géographique stratégique entre l'Europe et l'Asie, ainsi qu'un potentiel logistique qui prend une importance croissante dans les échanges eurasiatiques.

Mais la compétition internationale exige plus que des investissements.

Elle nécessite une main-d'œuvre qualifiée, un environnement juridique prévisible, des institutions performantes et une politique d'innovation cohérente.

Bruxelles et Astana : une coopération qui dépasse les relations diplomatiques traditionnelles

KAZAKHSTAN STATE VISIT SUNDAY

Du point de vue européen, le discours de Tokayev intervient dans un contexte particulièrement intéressant.

Quelques jours auparavant, la visite d'État du roi Philippe et de la reine Mathilde au Kazakhstan avait donné une nouvelle visibilité aux relations belgo-kazakhes.

Cette visite a mis en évidence plusieurs domaines de coopération : les matières premières critiques, les transports, les technologies, l'enseignement supérieur et la recherche scientifique.

Pour la Belgique, le Kazakhstan représente bien davantage qu'un marché d'exportation.

Il constitue un partenaire potentiel dans la diversification des chaînes d'approvisionnement européennes, notamment dans des secteurs industriels stratégiques.

Pour Astana, les partenariats avec la Belgique et l'Union européenne ouvrent des perspectives en matière de transfert de technologies, d'investissements industriels, de recherche universitaire et d'accès aux marchés européens.

La question essentielle sera désormais celle de la concrétisation.

Car les déclarations politiques et les accords de coopération ne prennent leur véritable valeur économique que lorsqu'ils se traduisent par des investissements, des projets industriels, des partenariats scientifiques et des créations d'emplois.

Le développement du Corridor médian, reliant l'Asie centrale à l'Europe en passant par la mer Caspienne et le Caucase, pourrait également renforcer cette complémentarité stratégique.

Le 28 octobre : un discours présidentiel particulièrement attendu

Au-delà du bilan présenté le 23 octobre, l'attention se porte désormais sur le prochain discours à la nation.

Le président Tokayev a annoncé qu'il s'adresserait au peuple kazakh le mercredi 28 octobre 2026 au matin afin de présenter les priorités nationales pour la prochaine étape du développement du pays.

Ce rendez-vous permettra de mesurer les orientations que le gouvernement souhaite privilégier dans les prochains mois.

Plusieurs questions mériteront une attention particulière : la poursuite de la diversification économique, les investissements industriels, la transformation numérique, l'efficacité de l'administration, les politiques sociales et la place du Kazakhstan dans les nouveaux équilibres géopolitiques.

Il conviendra également d'observer comment les autorités entendent articuler croissance économique, modernisation institutionnelle et développement du capital humain.

Le discours du 28 octobre constituera donc un indicateur important de la trajectoire politique et économique kazakhe.

Analyse de Bruxelles Korner : un Kazakhstan plus ambitieux, face à des exigences plus élevées

La trajectoire du Kazakhstan depuis 2019 révèle une ambition stratégique : passer du statut de puissance régionale riche en ressources naturelles à celui d'un État économiquement diversifié et diplomatiquement influent.

Cette ambition s'inscrit dans un environnement international profondément transformé.

Entre les rivalités des grandes puissances, la recherche européenne de nouveaux partenaires économiques, l'évolution des corridors commerciaux et les bouleversements technologiques, l'Asie centrale occupe une place de plus en plus importante dans les calculs géostratégiques.

Le Kazakhstan entend tirer parti de cette évolution sans renoncer à sa politique étrangère multivectorielle.

Mais la réussite de cette stratégie dépendra aussi de facteurs internes : qualité de la gouvernance, confiance des investisseurs, formation des jeunes générations, productivité économique et capacité d'adaptation des institutions.

Le discours du président Tokayev comporte ainsi une dimension particulièrement intéressante : derrière la présentation des performances nationales, le chef de l'État reconnaît que les résultats obtenus ne dispensent pas de poursuivre les transformations.

Cette reconnaissance des défis constitue un signal politique. Elle ne permet toutefois pas, à elle seule, de juger de l'efficacité des politiques à venir.

Conclusion — Le Kazakhstan peut-il transformer sa croissance en puissance durable ?

La fête de la République du 25 octobre 2026 intervient à un moment charnière de l'histoire contemporaine du Kazakhstan.

Le pays affiche des résultats économiques importants, cherche à consolider sa nouvelle organisation institutionnelle et multiplie les partenariats internationaux.

Cependant, l'avenir ne se jouera pas uniquement sur la progression du PIB ou l'importance des ressources naturelles.

Il dépendra de la capacité d'Astana à convertir ses atouts géographiques, économiques et diplomatiques en prospérité durable pour sa population.

Pour l'Europe, et particulièrement pour la Belgique, cette évolution mérite une attention stratégique.

Le Kazakhstan ne cherche plus simplement à occuper une place sur la carte économique de l'Eurasie. Il veut participer à la définition de ses nouveaux équilibres.

Reste à savoir si les réformes politiques, les investissements économiques et les ambitions technologiques pourront avancer au même rythme.

Le discours présidentiel du 28 octobre devrait apporter les premiers éléments de réponse.

Sources et références

  • The Astana Times, Ayana Birbayeva — 23 octobre 2026 : déclaration présidentielle, bilan économique et réformes institutionnelles.

  • Tengrinews — 20 octobre 2026 : annonce du discours national du 28 octobre.

  • VRK News — 23 octobre 2026 : chiffres économiques et priorités numériques.

  • Akorda — Présidence de la République du Kazakhstan : communications officielles de la présidence.

BRUXELLES KORNER — Analyse politique, économique et géostratégique. Kadir Duran | Bruxelles, 24 octobre 2026.

Kazakhstan : Tokayev affiche la puissance économique de son paysmais prévient que le plus difficile reste à accomplir
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