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Kazakhstan après les élections : le véritable test commence maintenant Prof. Dr Glenn Agung Hole : « La capacité institutionnelle crée la capacité stratégique, et la capacité stratégique élargit la l

Ana SayfaOrta Asya - Asie CentraleKazakhstan après les élections : le véritable test commence maintenant Prof. Dr Glenn Agung Hole : « La capacité institutionnelle crée la capacité stratégique, et la capacité stratégique élargit la l
Kazakhstan après les élections : le véritable test commence maintenant Prof. Dr Glenn Agung Hole : « La capacité institutionnelle crée la capacité stratégique, et la capacité stratégique élargit la l

Kazakhstan après les élections : le véritable test commence maintenantProf. Dr Glenn Agung Hole : « La capacité institutionnelle crée la capacité stratégique, et la capacité stratégique élargit la liberté d’action »Entretien réalisé par Kadir Duran – Bruxelles Korner

26 Ağustos, 2026, Çarşamba 01:19
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Kazakhstan après les élections : le véritable test commence maintenant

Prof. Dr Glenn Agung Hole : « La capacité institutionnelle crée la capacité stratégique, et la capacité stratégique élargit la liberté d’action »

Entretien réalisé par Kadir Duran – Bruxelles Korner

ASTANA — Les élections parlementaires du 23 août 2026 ont ouvert une nouvelle séquence politique au Kazakhstan avec l’installation du nouveau Parlement monocaméral, le Kurultai.

Présent à Astana en qualité d’expert étranger, Prof. Dr Glenn Agung Hole, économiste institutionnel et spécialiste des relations internationales, a participé à plusieurs rencontres consacrées à l’avenir politique et économique du Kazakhstan : National Think Tank Day, échanges liés au format C5+ et au Hudson Institute, réunions internationales d’experts, rencontres avec les médias et visites de bureaux de vote.

Mais pour l’universitaire norvégien, la question essentielle commence précisément là où s’arrête généralement l’analyse électorale : après le dépouillement des votes.

Son raisonnement repose sur une conviction centrale : la réforme politique, la capacité institutionnelle, l’éducation, l’intelligence artificielle, l’énergie, les infrastructures, l’investissement et la politique étrangère ne constituent pas des dossiers séparés. Ils forment les différentes composantes d’une même architecture stratégique.

Kadir Duran – Bruxelles Korner : Après plusieurs journées particulièrement intenses à Astana, quelle est votre principale impression ?

Prof. Dr Glenn Agung Hole :

Ma principale impression est que le Kazakhstan doit être analysé de manière globale.

Il serait trop restrictif de considérer cette élection comme un événement politique isolé. Le développement politique, économique et géopolitique du pays est profondément interconnecté.

L’élection est évidemment importante. Mais pour moi, en tant qu’économiste institutionnel et universitaire, les questions les plus importantes commencent après le dépouillement des votes.

Que va-t-il se passer maintenant ?

La réforme politique renforcera-t-elle la responsabilité des institutions et la confiance du public ?

Les institutions seront-elles capables de transformer les décisions politiques en résultats concrets ?

Et ces réformes permettront-elles au Kazakhstan d’accroître sa capacité à déterminer lui-même son avenir ?

Ma conclusion à Astana est donc la suivante :

la capacité institutionnelle crée la capacité stratégique, et la capacité stratégique augmente la liberté d’action d’un État.

Au fond, il s’agit de la capacité réelle du Kazakhstan à déterminer son propre avenir.

Quelle importance accordez-vous à la nouvelle architecture parlementaire du Kazakhstan ?

Une nouvelle structure parlementaire peut modifier l’organisation de la responsabilité politique.

Mais une réforme institutionnelle ne consiste pas simplement à redessiner un organigramme.

La véritable importance de la réforme dépendra de la manière dont elle fonctionnera dans la pratique.

Un Parlement ne doit pas seulement voter des lois. Il doit également assurer la représentation politique, le contrôle, le débat public et la responsabilité des gouvernants.

Plus largement, l’ensemble du système institutionnel doit disposer des compétences, des ressources et de la capacité opérationnelle nécessaires pour appliquer les décisions d’une manière cohérente et prévisible.

Lorsque j’ai visité les bureaux de vote, j’ai pu discuter directement avec des citoyens.

Ils s’intéressaient au nouveau système politique, mais ils évoquaient également l’environnement, les perspectives économiques ou encore la manière dont le Kazakhstan pourrait équilibrer ses relations avec l’Occident, la Chine, la Russie et d’autres partenaires sans perdre la maîtrise de son propre développement.

Les préoccupations des citoyens ne suivent pas les divisions artificielles entre politique intérieure, économie et géopolitique.

Notre analyse ne devrait pas non plus le faire.

Comment trouver l’équilibre entre reconnaissance des progrès et regard critique sur le processus politique ?

En tant qu’universitaire, je pense qu’il faut reconnaître les progrès lorsqu’ils existent.

Mais notre rôle consiste également à continuer de poser des questions sérieuses sur la transparence, la compétition politique, la responsabilité, la représentation et la mise en œuvre des réformes.

Une analyse sérieuse doit être capable de prendre simultanément en considération plusieurs réalités.

Une élection peut être techniquement bien préparée et se dérouler dans l’ordre tout en laissant subsister des interrogations légitimes concernant les alternatives politiques réelles, l’équilibre institutionnel et l’espace disponible pour les différents intérêts et opinions.

La légitimité à long terme ne découle pas uniquement de procédures efficaces.

Elle nécessite également la participation, le pluralisme, la responsabilité et la confiance du public.

Les réformes ne doivent donc pas être évaluées uniquement sur leurs intentions ou sur leur apparence juridique.

Les institutions doivent être jugées sur ce qu'elles produisent réellement et sur leur capacité à reconnaître et corriger leurs propres faiblesses.

La capacité institutionnelle au cœur du modèle

Vous utilisez régulièrement l’expression « capacité institutionnelle ». Que signifie-t-elle concrètement ?

La capacité institutionnelle est la capacité d’une société à transformer une ambition politique en résultats durables.

Elle concerne naturellement la qualité des lois et des réglementations, mais également la compétence, la coordination, l’exécution des politiques publiques, la confiance, la continuité et la capacité d’apprentissage.

Un pays peut disposer de ressources naturelles considérables, d’une situation géographique stratégique et de plans nationaux ambitieux.

Sans institutions efficaces, les ressources peuvent être mal transformées en développement, les infrastructures peuvent rester fragmentées et les réformes ne produire que des résultats temporaires.

À l’inverse, lorsque la capacité institutionnelle est forte, ces mêmes avantages peuvent être transformés en productivité, innovation, éducation, résilience et autonomie stratégique.

La prévisibilité institutionnelle est également essentielle pour les investisseurs.

Les investisseurs à long terme n’engagent pas leur capital simplement parce qu’ils entendent des déclarations politiques ambitieuses.

Ils examinent si les règles sont claires, si les décisions sont prévisibles, si les contrats peuvent être exécutés et si les institutions sont capables de tenir les engagements pris par les responsables politiques.

Voilà pourquoi la capacité institutionnelle est simultanément une question économique, politique et géopolitique.

Kazakhstan : la géographie comme avantage et comme contrainte

Comment cette réflexion s’applique-t-elle à la position géopolitique du Kazakhstan ?

Le Kazakhstan se trouve au cœur de l’Eurasie.

La Russie se situe au nord, la Chine à l’est, l’Europe demeure un partenaire économique important et les États-Unis accordent une attention croissante à l’Asie centrale.

Parallèlement, le Middle Corridor – Corridor médian accroît l’importance du Kazakhstan comme pont entre l’Asie et l’Europe.

Cette géographie donne au Kazakhstan une importance stratégique considérable, mais elle crée également des dépendances et des vulnérabilités.

Selon moi, la tâche du Kazakhstan ne consiste pas à choisir une grande puissance contre toutes les autres.

Elle consiste à créer plusieurs options crédibles.

Une politique étrangère multivectorielle doit être soutenue par une économie elle aussi multivectorielle.

Cela signifie :

  • une diversification du commerce ;

  • plusieurs corridors de transport ;

  • une énergie fiable ;

  • des institutions nationales solides ;

  • plusieurs sources de technologie, de connaissances, de capitaux et d’investissements.

C’est précisément ici que l’économie institutionnelle rejoint la géopolitique.

Un pays disposant de plusieurs corridors de transport possède davantage d’options.

Un pays disposant d’un système énergétique fiable bénéficie d’une plus grande liberté économique.

Un pays doté d’universités performantes et d’une population hautement qualifiée dépend moins des connaissances provenant de l’étranger.

Et une économie disposant de partenaires commerciaux et financiers diversifiés devient plus résistante lorsque l’environnement international change.

Le Kazakhstan ne doit donc pas être considéré uniquement à travers les intérêts des grandes puissances.

Il possède ses propres intérêts, ses propres institutions et ses propres choix stratégiques.

Les partenaires extérieurs devraient contribuer à augmenter le nombre d’options dont dispose le Kazakhstan plutôt que tenter de substituer leurs propres préférences aux choix du pays.

« Les infrastructures sont la géopolitique sous une forme physique »

Quel rôle jouent les corridors de transport ?

Les infrastructures sont, en quelque sorte, la géopolitique sous une forme physique.

Les routes, les chemins de fer, les ports, les réseaux énergétiques et les infrastructures numériques déterminent les marchés auxquels un pays peut réellement accéder, les partenaires avec lesquels il peut commercer et son degré de vulnérabilité face aux perturbations.

La position du Kazakhstan entre l’Asie et l’Europe crée des opportunités majeures.

Mais un corridor de transport n’est pas simplement une ligne tracée sur une carte.

Il nécessite des capacités physiques, de la maintenance, des procédures frontalières efficaces, de l’interopérabilité, du financement, une réglementation prévisible et une coordination entre plusieurs juridictions.

La route transcaspienne, généralement appelée Middle Corridor, peut offrir au Kazakhstan comme à l’Europe des possibilités stratégiques supplémentaires.

Mais son potentiel ne pourra être pleinement exploité que lorsque les infrastructures physiques et institutionnelles fonctionneront comme un système intégré.

La connectivité ne consiste donc pas uniquement à transporter des marchandises plus rapidement.

Elle permet aussi de réduire les dépendances, d’élargir l’accès aux marchés et de renforcer la résilience stratégique.

Intelligence artificielle : l’ambition doit reposer sur une infrastructure réelle

Pourquoi avez-vous utilisé l’intelligence artificielle comme exemple dans votre discours ?

Aujourd’hui, presque tous les pays souhaitent devenir des leaders de l’intelligence artificielle.

Mais une nation de l’intelligence artificielle ne se construit pas uniquement avec des déclarations.

Il faut des universités, des chercheurs, des ingénieurs et des entrepreneurs.

Il faut également une puissance de calcul et des centres de données.

Ces centres de données consomment à leur tour de grandes quantités d’énergie fiable.

L’ensemble dépend donc des réseaux électriques, des infrastructures numériques et physiques, de la cybersécurité, de compétences spécialisées et d’investissements à long terme.

Mais les investisseurs n’engagent leur capital que lorsque les règles sont claires, les décisions prévisibles et les institutions capables de tenir leurs engagements.

L’IA ne constitue donc pas uniquement un sujet technologique.

Elle concerne simultanément l’éducation, l’énergie, les infrastructures, l’investissement et la qualité institutionnelle.

L’un des aspects intéressants des discussions auxquelles j’ai participé à Astana était précisément cette prise de conscience : l’ambition nationale doit être soutenue par une capacité nationale correspondante.

Énergie, nucléaire et autonomie stratégique

Comment la politique énergétique s’intègre-t-elle dans cette stratégie ?

Une énergie fiable constitue la base du développement industriel comme du développement numérique.

Un pays ne peut pas développer des industries énergivores, des centres de données ou une économie numérique avancée sans capacités suffisantes de production énergétique, de réseau et de planification à long terme.

La question nucléaire doit également être analysée dans ce contexte plus large.

Le Kazakhstan dispose d’importantes ressources énergétiques et joue un rôle significatif dans l’économie mondiale de l’uranium.

Mais le nucléaire ne constitue pas simplement un chantier technologique.

Il exige des institutions de sûreté robustes, une régulation indépendante, des compétences spécialisées, du financement, de la transparence et une confiance publique durable.

Si ces éléments sont développés ensemble, la politique énergétique peut renforcer l’industrie, le développement technologique et l’autonomie stratégique.

S’ils sont traités séparément, le risque est de construire des infrastructures coûteuses sans disposer de l’écosystème institutionnel permettant de les utiliser efficacement.

La logique est simple :

une énergie fiable crée des options économiques ; davantage d’options économiques augmentent la liberté politique et stratégique.

L’éducation ne peut pas être importée

Quelle importance accordez-vous à l’éducation ?

Elle est fondamentale.

Un pays disposant d’universités solides, d’environnements de recherche performants et d’une population hautement qualifiée devient moins dépendant des connaissances provenant de l’extérieur.

La technologie peut être achetée.

La capacité institutionnelle durable, elle, ne peut pas simplement être importée.

Elle doit être construite à travers les personnes, les communautés professionnelles, les universités, la recherche et des institutions capables d’apprendre avec le temps.

À Astana, notamment lors du National Think Tank Day, l’enseignement supérieur, l’intelligence artificielle et la coopération universitaire internationale ont été abordés comme des questions stratégiques.

Le Kazakhstan attire aujourd’hui des partenariats universitaires internationaux et des campus étrangers.

Cela peut apporter de la qualité, des réseaux internationaux et des transferts de connaissances.

Mais la véritable épreuve à long terme sera de savoir si ces partenariats contribuent également à construire une capacité nationale.

Les universités étrangères ne doivent pas devenir des îlots isolés.

Elles doivent être connectées aux universités kazakhes, aux chercheurs, aux entreprises, aux institutions publiques et aux priorités de développement du pays.

L’objectif doit être le transfert réel de connaissances, le renforcement de l’écosystème académique national et la capacité à produire des solutions originales.

La digitalisation comme manifestation concrète de la qualité institutionnelle

Vous avez également rencontré des entrepreneurs et des chercheurs kazakhs. Qu’avez-vous observé ?

J’ai rencontré des personnes actives dans l’immobilier, la publicité, le développement international des entreprises et la recherche médicale.

Ces rencontres ont révélé une énergie entrepreneuriale, des compétences technologiques et une forte ouverture internationale.

On m’a notamment montré comment une entreprise pouvait être créée et administrée numériquement depuis un téléphone portable.

Cela peut sembler être un détail.

En réalité, il s’agit d’un exemple concret de capacité institutionnelle.

Lorsque les services publics réduisent le temps, l’incertitude et les coûts administratifs, il devient plus facile de créer et de développer une entreprise.

La digitalisation produit sa plus grande valeur lorsqu’elle ne consiste pas simplement à transférer un ancien formulaire papier sur un écran, mais lorsqu’elle simplifie réellement le processus sous-jacent.

Le Kazakhstan possède dans ce domaine une expérience dont d’autres pays pourraient également tirer des enseignements.

Culture et identité : un capital institutionnel

Quelle place la culture occupe-t-elle dans votre analyse ?

La culture n’est pas un appendice du développement institutionnel.

Elle constitue une partie du capital institutionnel d’une société.

Les symboles historiques, la langue, la musique, les vêtements traditionnels et les récits collectifs influencent le sentiment d’appartenance, la confiance et la manière dont une population comprend sa nation.

Ma visite au Musée national et la découverte de l’histoire du Golden Man m’ont particulièrement marqué.

J’ai également observé la fierté entourant les vêtements traditionnels, la musique populaire, l’hospitalité et le patrimoine culturel.

Le Kazakhstan accueille de nombreuses traditions ethniques et culturelles, tout en affirmant l’ambition de construire une nation politique commune.

Cet équilibre est important.

La diversité ne doit pas produire une succession de sociétés parallèles.

Mais l’unité nationale ne doit pas non plus exiger la disparition des différences historiques ou culturelles.

Une identité nationale inclusive peut produire la confiance et la cohésion sociale nécessaires aux grandes transformations institutionnelles.

Pourquoi l’Europe devrait regarder davantage vers le Kazakhstan

Pourquoi l’Europe devrait-elle accorder davantage d’attention au Kazakhstan ?

L’Europe devrait cesser de considérer le Kazakhstan uniquement comme un fournisseur de matières premières ou comme un territoire de transit entre la Chine et l’Europe.

Le pays est un acteur important pour l’avenir des transports eurasiatiques, de l’énergie, des matières premières critiques, de la sécurité alimentaire, de la technologie et de la stabilité régionale.

Pour l’Europe, il s’agit également d’une question de diversification et de résilience.

Des corridors supplémentaires, de nouveaux fournisseurs et de nouveaux partenaires scientifiques peuvent réduire les vulnérabilités stratégiques européennes.

Mais une coopération durable doit être réciproque.

L’Europe ne doit pas uniquement se demander ce que le Kazakhstan peut lui fournir.

Elle doit également réfléchir à la manière dont le capital, la technologie, l’éducation et la coopération institutionnelle européenne peuvent contribuer à une création de valeur durable au Kazakhstan.

Les universités européennes et norvégiennes devraient notamment être beaucoup plus présentes.

Des établissements de plusieurs pays développent déjà des partenariats et des campus au Kazakhstan.

La Norvège devrait également considérer les possibilités de coopération en matière de recherche, d’échanges étudiants, d’énergie, de digitalisation, d’entrepreneuriat, d’économie institutionnelle et de systèmes d’innovation.

Le meilleur partenariat ne serait pas fondé sur la dépendance, mais sur la construction réciproque de capacités.

Ce que la Norvège peut également apprendre

Le Kazakhstan a-t-il quelque chose à enseigner à la Norvège ?

Il ne s’agit évidemment pas pour la Norvège de copier le Kazakhstan.

Mais nous pouvons apprendre de la volonté kazakhe d’analyser la technologie, l’énergie, les compétences, les infrastructures et la stratégie nationale comme les éléments d’un même système.

En Norvège, nous discutons parfois de l’intelligence artificielle et des centres de données comme si l’énergie, les capacités du réseau électrique, les terrains, les infrastructures et les compétences spécialisées allaient automatiquement être disponibles.

Les discussions au Kazakhstan montrent une reconnaissance plus explicite du fait que les ambitions technologiques nécessitent une base matérielle et institutionnelle.

Nous pouvons également apprendre de la valorisation visible du patrimoine culturel.

La Norvège dispose elle aussi d’une riche tradition de costumes populaires, de musique traditionnelle, d’histoire locale et d’identités régionales.

Nous pourrions davantage utiliser ce patrimoine pour renforcer la communauté et la confiance culturelle.

Inversement, la Norvège dispose d’institutions solides et d’une expérience importante dans la gouvernance des ressources naturelles, la sûreté, la confiance publique et la gestion à long terme.

Il ne s’agit donc pas de classer les deux pays, mais d’identifier des domaines de coopération et d’apprentissage mutuel.

« Une élection dure une journée. Les institutions se construisent dans le temps »

Quelle est finalement votre appréciation générale de la trajectoire du Kazakhstan ?

Le Kazakhstan dispose de nombreux avantages : une géographie stratégique, d’importantes ressources naturelles, une population jeune tournée vers l’éducation, des connexions internationales croissantes et une ambition claire de modernisation.

Mais aucun de ces avantages ne produira automatiquement ses effets.

Les ressources naturelles créent des possibilités, mais elles ne génèrent pas automatiquement la prospérité.

La géographie procure une importance stratégique, mais elle peut également engendrer des risques.

La question décisive est donc de savoir comment le Kazakhstan transformera ses avantages en capacités nationales durables.

Pourra-t-il transformer :

l’éducation en innovation ?

l’énergie en puissance industrielle et numérique ?

les infrastructures en connectivité ?

les investissements en développement productif ?

et les réformes politiques en institutions méritant la confiance de la population ?

Voilà ce que j’appelle une approche holistique.

L’avenir du Kazakhstan ne sera déterminé ni par une seule élection, ni par une seule centrale électrique, ni par un seul corridor de transport, ni par une seule université.

Il dépendra de la capacité du pays à connecter tous ces éléments au moyen d’institutions capables de définir des priorités, de coordonner, d’exécuter et d’apprendre.

Une élection se déroule en une journée.

Les institutions, elles, se développent par la pratique, la participation et la construction progressive de la confiance.

Le véritable test commence donc lorsque les votes ont été comptés.

L’avenir du Kazakhstan dépendra de sa capacité à transformer l’ambition politique en capacité institutionnelle, la capacité institutionnelle en puissance stratégique, et cette puissance stratégique en véritable liberté de choix.

C’est aujourd’hui le principal défi institutionnel et géopolitique auquel le Kazakhstan est confronté.

Kadir Duran – Bruxelles Korner :
Merci, Professeur Glenn Agung Hole, pour cet échange approfondi et pour le temps consacré à Bruxelles Korner.

Bruxelles Korner / Kadir Duran
Astana – Kazakhstan

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