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Astana vue depuis Bayterek : entre mythologie des steppes et nouveau Kurultai

Ana SayfaOrta Asya - Asie CentraleAstana vue depuis Bayterek : entre mythologie des steppes et nouveau Kurultai
Astana vue depuis Bayterek : entre mythologie des steppes et nouveau Kurultai

Astana vue depuis Bayterek : entre mythologie des steppes et nouveau KurultaiÀ la veille des élections législatives du 23 août 2026, une délégation internationale a visité le monument Bayterek, symbole architectural du Kazakhstan indépendant. Depuis ses hauteurs, Astana dévoile ses ambitions, ses traditions et une atmosphère électorale étonnamment discrète.Bruxelles Korner / Kadir Duran — Depuis Astana

23 Ağustos, 2026, Pazar 13:34
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Astana vue depuis Bayterek : entre mythologie des steppes et nouveau Kurultai

À la veille des élections législatives du 23 août 2026, une délégation internationale a visité le monument Bayterek, symbole architectural du Kazakhstan indépendant. Depuis ses hauteurs, Astana dévoile ses ambitions, ses traditions et une atmosphère électorale étonnamment discrète.

Bruxelles Korner / Kadir Duran — Depuis Astana

Notre programme à Astana, organisé dans le contexte des premières élections du nouveau Kurultai, a débuté par une visite du monument Bayterek.

À la veille du scrutin du 23 août, l’atmosphère électorale demeure particulièrement discrète dans la capitale. Quelques affiches dans les rues rappellent aux habitants que les élections se dérouleront le lendemain, mais nous n’avons observé ni campagne électorale omniprésente, ni agitation politique particulière, ni mobilisation populaire visiblement intense.

Cette retenue peut donner l’impression que la population est satisfaite de l’orientation politique actuelle du pays et relativement peu préoccupée par l’approche du scrutin. La prudence reste néanmoins nécessaire : l’absence de contestation visible ou d’enthousiasme électoral dans l’espace public ne permet pas, à elle seule, de refléter fidèlement l’opinion de l’ensemble de la société kazakhe.

Le contraste demeure frappant. Alors que le Kazakhstan s’apprête à élire les 145 membres de son nouveau Parlement monocaméral, la vie quotidienne à Astana se poursuit dans le calme.

Bayterek, l’arbre de vie qui domine Astana

Avec sa structure blanche élancée soutenant une immense sphère dorée, Bayterek est devenu l’image la plus reconnaissable de la capitale kazakhe. Son nom peut être traduit par « grand peuplier » ou « arbre majestueux ».

Le monument s’inspire d’une représentation traditionnelle de l’univers divisé en trois mondes. Ses racines plongent dans le monde souterrain, son tronc représente le monde terrestre et sa cime s’élève vers le monde céleste.

Au sommet de cet arbre mythologique, l’oiseau sacré Samruk dépose un œuf d’or symbolisant le soleil, la vie et l’espoir. Au pied de l’arbre, le dragon Aidahar tente de dévorer cet œuf et de replonger le monde dans les ténèbres.

Bayterek représente ainsi la lutte perpétuelle entre la lumière et l’obscurité, le bien et le mal, la vie et la destruction. Il évoque également le renouvellement du temps, l’alternance du jour et de la nuit ainsi que la renaissance continue du monde.

La structure atteint une hauteur de 105 mètres. Sa sphère dorée mesure environ 22 mètres de diamètre et pèse près de 300 tonnes. La plateforme d’observation panoramique se trouve à 97 mètres, un chiffre qui renvoie à 1997, année où Astana est officiellement devenue la capitale du Kazakhstan.

Astana vue à 97 mètres de hauteur

Depuis la plateforme d’observation de Bayterek, Astana apparaît comme une ville pensée à grande échelle.

Le boulevard Nurjol, considéré comme l’un des principaux axes urbains de la capitale, structure le centre administratif. Le regard se prolonge vers le palais présidentiel Ak Orda, dont le nom signifie littéralement « Quartier général blanc » ou « Palais blanc ».

Autour de celui-ci se dressent les bâtiments gouvernementaux, les tours dorées, les sièges des ministères et les constructions modernes de la rive gauche.

Plus loin apparaît le Palais de la paix et de la réconciliation, une pyramide conçue par l’architecte britannique Norman Foster pour accueillir, notamment, le Congrès des dirigeants des religions mondiales et traditionnelles.

À l’extrémité opposée du panorama se trouve Khan Shatyr, une vaste structure en forme de tente devenue l’un des principaux centres commerciaux et de loisirs de la capitale.

La vue révèle surtout la division historique d’Astana. La rive droite de la rivière Ichim représente la partie la plus ancienne de la ville, héritée des périodes durant lesquelles elle portait les noms de Tselinograd et d’Akmola. La rive gauche incarne la nouvelle capitale administrative et monumentale.

Une ville pensée comme un organisme vivant

Le développement de la nouvelle capitale a été profondément influencé par l’architecte japonais Kisho Kurokawa, qui imaginait Astana comme un organisme capable de grandir, de se transformer et de s’adapter.

Son concept reposait sur une « architecture de la symbiose » : réconcilier la nature et la ville, l’Orient et l’Occident, les traditions nomades et les technologies modernes, tout en reliant la vieille ville de la rive droite aux nouveaux quartiers de la rive gauche.

Cette ambition explique l’apparence singulière d’Astana. La ville juxtapose des formes évoquant la tente, l’aigle, les tours de guet, la pyramide et l’arbre sacré. La capitale cherche constamment à intégrer des références historiques dans une architecture tournée vers l’avenir.

L’empreinte présidentielle et la bénédiction des religions

À l’intérieur de la sphère de Bayterek se trouve la composition appelée Ayaly Alakan, qui signifie « main bienveillante » et reproduit l’empreinte de la main droite de Noursoultan Nazarbaïev, premier président du Kazakhstan indépendant.

Les visiteurs sont invités à poser leur propre main dans l’empreinte. Ce geste est présenté comme une poignée de main symbolique avec le fondateur de la nouvelle capitale. Il reflète également la place considérable accordée au premier président dans le récit politique et architectural du Kazakhstan postsoviétique.

Une autre composition, appelée Bata — le mot kazakh désignant une bénédiction — commémore le premier Congrès des dirigeants des religions mondiales et traditionnelles, organisé à Astana en 2003.

Des représentants de différentes confessions avaient prononcé une prière commune avant d’y apposer leur signature. L’œuvre entend présenter le Kazakhstan comme une terre de coexistence entre les religions et les communautés.

Elle relie ainsi Bayterek non seulement à l’identité nationale, mais également au discours diplomatique du Kazakhstan en faveur de la paix, du dialogue et de la tolérance.

De l’Homme d’or aux instruments de la steppe

L’exposition intérieure présente également plusieurs symboles culturels du pays.

Le plus célèbre est l’Homme d’or, un jeune personnage de l’époque saka découvert en 1969 dans le kourgane d’Issyk, près d’Almaty. Sa tenue, ornée de milliers de pièces d’or, est devenue l’un des principaux emblèmes archéologiques du Kazakhstan.

Les instruments traditionnels occupent également une place importante. La dombra, généralement munie de deux cordes, accompagne les chants, les récits oraux et les compositions instrumentales appelées küy. Le kobyz, traditionnellement associé à Korkyt Ata, relie symboliquement les mondes matériel et spirituel.

Le saz-syrnay, un instrument à vent fabriqué en argile ; le sybyzgy, proche de la flûte ; et le dauylpaz, un ancien tambour utilisé pour transmettre des signaux, rappellent une époque où la musique, la guerre, la spiritualité et la vie nomade appartenaient au même univers culturel.

Les arcs composites exposés témoignent du savoir-faire militaire des peuples de la steppe. Fabriqués à partir de plusieurs matériaux naturels — notamment le bois, la corne, les tendons et la colle animale —, ils étaient suffisamment compacts pour être utilisés à cheval tout en conservant une puissance considérable.

Les bijoux féminins en argent complètent ce récit. Dans les croyances traditionnelles, l’argent possédait des vertus protectrices et pouvait repousser les influences négatives. Bracelets, pendentifs, boucles d’oreilles et ornements pectoraux constituaient donc à la fois des objets esthétiques, des marqueurs sociaux et des talismans.

Le calme d’une capitale à la veille d’un vote historique

La visite de Bayterek revêt une signification particulière à la veille des élections du 23 août. Le monument incarne la naissance de la nouvelle capitale et la construction du Kazakhstan indépendant. Le scrutin, quant à lui, doit ouvrir un nouveau chapitre dans l’architecture institutionnelle du pays.

Dans les rues d’Astana, cependant, cette échéance historique n’a pas suscité l’effervescence souvent observée dans de nombreuses démocraties à l’approche d’élections nationales.

Ce calme peut être interprété comme un signe de stabilité ou de confiance envers les institutions. Il peut également refléter une campagne dont la visibilité demeure limitée dans l’espace public. Seuls les résultats, le taux de participation et l’observation du processus électoral permettront d’évaluer le véritable degré de mobilisation de la population.

Depuis Bayterek, Astana présente le visage d’une capitale ordonnée, ambitieuse et profondément symbolique. Pourtant, derrière ses façades monumentales, une autre histoire commence désormais : celle du nouveau Kurultai et de sa capacité à traduire dans les institutions les aspirations de la société kazakhe.

Bruxelles Korner / Kadir Duran — Astana

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