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11 juillet 2026 – Journée de deuil, 31 ans après le génocide de Srebrenica : en une semaine, plus de 8 000 vies furent enlevées

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11 juillet 2026 – Journée de deuil, 31 ans après le génocide de Srebrenica : en une semaine, plus de 8 000 vies furent enlevées

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11 juillet 2026 – Journée de deuil, 31 ans après le génocide de Srebrenica : en une semaine, plus de 8 000 vies furent enlevées

Par Kadir Duran – Bruxelles Korner

https://youtube.com/shorts/X54QhLoFXH4?is=ttYuvG1K0ZF5azRl

Trente et un ans après les massacres de Srebrenica, la Bosnie-Herzégovine observe une journée nationale de deuil en mémoire des milliers de victimes innocentes assassinées en juillet 1995, souvent par leurs propres voisins, au terme d’une campagne méthodiquement organisée.

L’histoire de Srebrenica ne s’est pas arrêtée en juillet 1995. Elle continue de s’écrire au rythme des découvertes de nouvelles fosses communes, des identifications réalisées grâce aux analyses ADN et des enterrements qui ont lieu chaque année au mémorial de Potočari. Cette année encore, dix victimes nouvellement identifiées ont été inhumées à l’occasion du 31ᵉ anniversaire du génocide.

Plus de 8 000 hommes et garçons bosniaques ont été assassinés, 8 372 noms figurent aujourd’hui sur la liste officielle des victimes, tandis que plus de 1 000 personnes restent encore portées disparues. Chaque nouvelle fosse commune découverte rappelle que toutes les victimes n’ont pas encore été retrouvées et que des familles attendent toujours de pouvoir offrir une sépulture digne à leurs proches.

Srebrenica demeure le pire massacre commis en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale et le seul crime reconnu juridiquement comme un génocide sur le continent européen depuis 1945. Trente et un ans plus tard, le devoir de mémoire reste plus nécessaire que jamais afin de préserver les faits, de combattre le négationnisme et de rappeler qu’une telle tragédie ne doit plus jamais se reproduire.

Srebrenica, juillet 1995 : la chronologie méthodique d’un génocide

Plus de 8 000 hommes et garçons bosniaques exécutés en quelques jours au cœur d’une « zone de sécurité » des Nations unies

Le 11 juillet 1995, les forces serbes de Bosnie entraient dans Srebrenica. La ville n’était pourtant pas une zone militaire ordinaire : depuis avril 1993, elle avait été déclarée « zone de sécurité » par le Conseil de sécurité des Nations unies et placée sous la protection de la FORPRONU.

Cette protection s’est effondrée en quelques jours.

Après la chute de l’enclave, des milliers d’hommes et d’adolescents bosniaques ont été séparés de leurs familles, détenus dans des écoles, des entrepôts, des hangars et des véhicules, puis conduits vers des lieux d’exécution préparés à l’avance. Les femmes, les enfants et les personnes âgées ont été expulsés de force.

Les massacres ne se sont donc pas limités à une fusillade improvisée le 11 juillet. Ils ont constitué une opération organisée d’arrestation, de transport, d’exécution, d’ensevelissement et de dissimulation, principalement entre le 11 et le 19 juillet 1995.

Les tribunaux des Nations unies ont juridiquement qualifié ces crimes de génocide. Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie a établi que plus de 7 000 hommes et garçons bosniaques avaient été exécutés. Les institutions mémorielles retiennent aujourd’hui le chiffre de 8 372 victimes, tandis que la Commission internationale pour les personnes disparues parle de plus de 8 000 victimes.

Comprendre les chiffres : 7 000, 8 000 ou 8 372 victimes ?

Ces chiffres ne sont pas contradictoires. Ils correspondent à des catégories et à des méthodes différentes.

Chiffre

Signification

Plus de 7 000

Nombre minimal d’hommes et de garçons dont l’exécution a été judiciairement établie dans plusieurs jugements du TPIY

Plus de 8 000

Estimation générale utilisée par l’ONU et la Commission internationale pour les personnes disparues

8 372

Nombre commémoratif de victimes et de personnes disparues associé au mémorial de Srebrenica

Environ 7 000 victimes identifiées

Victimes identifiées principalement grâce à l’analyse ADN

Environ 1 000 personnes encore portées disparues

Personnes dont les restes n’ont pas encore été retrouvés ou formellement identifiés

 

Au 11 juillet 2026, l’ICMP indiquait que plus de 90 % des victimes avaient été retrouvées ou identifiées, soit approximativement 7 000 personnes, mais qu’environ 1 000 restaient encore portées disparues.

Dix victimes nouvellement identifiées devaient être enterrées lors de la commémoration du 31ᵉ anniversaire.

Il faut également comprendre qu’un même corps a parfois été retrouvé dans deux, trois, voire plusieurs fosses différentes. À l’automne 1995, les auteurs du crime ont ouvert les fosses primaires avec des engins mécaniques, déplacé les cadavres et réparti les restes dans des fosses secondaires et tertiaires afin de détruire les preuves. Les analyses ADN ont permis de relier des fragments retrouvés à plusieurs kilomètres les uns des autres à une même victime.

Chronologie du génocide

1992-1993 — Srebrenica devient une enclave assiégée

Après le début de la guerre de Bosnie en 1992, des dizaines de milliers de Bosniaques chassés des communes environnantes trouvent refuge à Srebrenica. La population de l’enclave augmente considérablement, tandis que les forces serbes de Bosnie encerclent la région.

Les habitants vivent sous les bombardements, la pénurie de nourriture, le manque de médicaments et l’absence de services essentiels.

16 avril 1993 — Srebrenica déclarée « zone de sécurité »

Par la résolution 819, le Conseil de sécurité de l’ONU exige que Srebrenica soit protégée contre toute attaque armée. Des Casques bleus, principalement néerlandais — le Dutchbat — sont déployés dans la région.

Mais leur mandat, leurs effectifs, leurs armes et leur liberté d’action restent insuffisants. Le rapport officiel de l’ONU publié en 1999 retrace cette protection défaillante depuis la création de la zone de sécurité jusqu’à sa chute.

6 juillet 1995 — Début de l’offensive serbe

L’Armée de la Republika Srpska, la VRS, lance l’opération contre l’enclave sous le commandement militaire du général Ratko Mladić.

Les postes d’observation des Casques bleus sont attaqués ou abandonnés. Plusieurs soldats néerlandais sont désarmés ou pris en otage. Les demandes répétées d’appui aérien sont retardées, limitées ou refusées.

L’offensive, initialement présentée comme une opération visant à réduire l’enclave, se transforme rapidement en conquête complète de Srebrenica.

8-10 juillet — Effondrement de la défense

Les forces serbes progressent vers la ville. Les civils paniqués affluent vers Srebrenica et vers la base néerlandaise de Potočari.

Le 10 juillet, la situation militaire est devenue pratiquement irréversible. Quelques frappes aériennes de l’OTAN sont finalement autorisées le lendemain, mais elles restent trop limitées pour arrêter l’avancée.

Dans la nuit du 10 au 11 juillet, une grande partie des hommes valides décide de quitter l’enclave à pied en direction de Tuzla, territoire contrôlé par le gouvernement bosnien.

Cette colonne, composée de militaires mais aussi de milliers de civils non armés, aurait compté entre 10 000 et 15 000 personnes selon les estimations généralement retenues.

11 juillet — Chute de Srebrenica

Dans l’après-midi, les forces serbes de Bosnie entrent dans la ville.

Ratko Mladić apparaît devant les caméras et présente la prise de Srebrenica comme une victoire historique. Pendant ce temps, près de 25 000 à 30 000 civils, majoritairement des femmes, des enfants et des personnes âgées, se regroupent autour de la base de l’ONU à Potočari.

La base ne peut accueillir qu’une petite partie de la foule. Des milliers de personnes restent à l’extérieur, sans eau, sans nourriture suffisante et sans protection réelle.

Dès cette journée, des hommes et des adolescents commencent à être isolés, interrogés et emmenés.

Nuit du 11 au 12 juillet — La décision de détruire la communauté

Les responsables militaires et sécuritaires serbes de Bosnie organisent le déplacement de la population.

Des réunions ont lieu à l’hôtel Fontana de Bratunac entre Mladić, des représentants néerlandais et des représentants bosniaques. Les forces serbes imposent les conditions de l’évacuation.

Les juridictions internationales ont établi que le projet criminel comportait deux volets complémentaires :

Expulser les femmes, les enfants et les personnes âgées ;

Capturer et tuer les hommes et les garçons bosniaques.

La séparation de la communauté selon le sexe n’était pas une simple mesure de contrôle. Elle visait à empêcher la communauté bosniaque de Srebrenica de se reconstituer. Cette combinaison entre expulsion forcée, terreur, disparition des hommes et exécutions a constitué un élément central de la qualification de génocide.

12 juillet — Séparation des hommes et expulsion de la population

Des autobus et des camions sont amenés à Potočari.

Les femmes, les enfants et les personnes âgées sont transportés vers le territoire contrôlé par l’armée bosnienne, notamment en direction de Kladanj et Tuzla. Environ 25 000 personnes sont ainsi expulsées en deux jours.

Avant de monter dans les véhicules, les hommes et les garçons sont séparés de leurs familles. Certains n’ont que 12, 13 ou 14 ans. Des personnes âgées sont également emmenées.

Les forces serbes prétendent rechercher des « criminels de guerre », mais la séparation est massive et indiscriminée.

Les papiers d’identité de nombreux détenus sont confisqués ou détruits. Ce geste indique qu’ils ne sont pas destinés à être enregistrés comme prisonniers de guerre, échangés ou libérés.

Des assassinats isolés, des passages à tabac, des viols et des disparitions sont signalés autour de Potočari. Le climat de terreur pousse les familles à monter dans les autobus, ce qui conduit le TPIY à considérer cette évacuation comme un transfert forcé, et non comme un départ volontaire.

12-13 juillet — La colonne prise au piège

Pendant ce temps, la colonne partie à pied tente de franchir les lignes serbes entre Srebrenica et Tuzla.

Les forces serbes utilisent :

des tirs d’artillerie et d’armes automatiques ;

des embuscades ;

des appels à la reddition ;

des véhicules et uniformes de l’ONU ;

de fausses promesses d’échange ou de traitement conforme au droit de la guerre.

Des milliers d’hommes se rendent ou sont capturés.

Une partie de la colonne parvient à atteindre Tuzla après plusieurs jours de marche. Mais plusieurs milliers de personnes sont tuées dans les combats, abattues après leur capture ou exécutées dans les sites organisés autour de Bratunac et Zvornik.

Les personnes mortes au cours de la percée et celles exécutées après leur reddition appartiennent à des catégories judiciaires distinctes. Le cœur du génocide juridiquement établi repose sur les prisonniers capturés, désarmés et méthodiquement exécutés.

Les principaux sites d’exécution

13 juillet — Vallée de la Jadar et rivière Jadar

Des groupes de prisonniers sont emmenés vers des zones isolées, alignés et abattus.

Ces premières exécutions montrent que l’opération ne consiste plus à interroger ou déplacer des prisonniers : un système d’élimination physique est en cours.

13 juillet — Entrepôt agricole de Kravica

L’un des massacres les plus importants se déroule dans un entrepôt de la coopérative agricole de Kravica.

Entre 1 000 et 1 500 prisonniers, selon les évaluations judiciaires et testimoniales, sont enfermés dans le bâtiment. Les gardes ouvrent le feu avec des fusils automatiques, lancent des grenades et continuent à tirer pendant plusieurs heures.

Des survivants cachés sous les corps témoignent ensuite du déroulement du massacre.

Les cadavres sont transportés vers des fosses communes, puis certains sont déplacés ultérieurement pour dissimuler le crime.

13-14 juillet — Bratunac

Des milliers de détenus sont regroupés dans des autobus, des hangars, des bâtiments scolaires et le complexe scolaire Vuk Karadžić.

Ils sont privés d’eau et de nourriture, frappés et terrorisés. Plusieurs prisonniers sont tués individuellement pendant la nuit.

Bratunac sert de centre de transit : les détenus sont ensuite transportés vers les sites d’exécution de la région de Zvornik.

Le TPIY a établi que plus de 7 000 hommes avaient été capturés, détenus puis transportés vers différents lieux d’exécution dans les municipalités de Bratunac et Zvornik.

14 juillet — École de Grbavci et site d’Orahovac

Des prisonniers sont détenus dans l’école de Grbavci avant d’être conduits par groupes vers un champ à Orahovac.

Ils sont alignés, les yeux parfois bandés, puis exécutés à l’arme automatique. Des engins de terrassement sont déjà présents ou arrivent rapidement pour ensevelir les corps.

Les estimations associées à ce site se situent généralement autour de 1 000 victimes, mais les chiffres par site doivent être considérés comme des approximations : les corps ont ensuite été déplacés et mélangés dans plusieurs fosses.

14-15 juillet — École de Petkovci et barrage de Petkovci

Des centaines de prisonniers sont enfermés dans l’école de Petkovci, dans des conditions extrêmement violentes.

Durant la nuit, ils sont transportés vers le barrage. Ils sont débarqués par groupes, alignés et fusillés.

Les estimations judiciaires et médico-légales évoquent plusieurs centaines de victimes, souvent autour de 800 à 1 000 hommes pour l’ensemble de cette opération.

14-15 juillet — École de Ročević et Kozluk

D’autres prisonniers sont détenus à l’école de Ročević avant d’être transportés vers une carrière ou une zone proche de Kozluk.

Ils y sont exécutés et enterrés dans une fosse commune.

Plusieurs centaines de victimes sont associées à ce site. Là encore, une partie des restes sera ensuite transférée vers des fosses secondaires.

16 juillet — Ferme militaire de Branjevo

Entre 1 000 et 1 200 prisonniers sont conduits à la ferme militaire de Branjevo.

Les détenus sont amenés par autobus, descendus par groupes, alignés dans un champ et exécutés.

Dražen Erdemović, membre du 10e détachement de sabotage de la VRS, a reconnu sa participation à ces exécutions et témoigné devant le Tribunal. Il a décrit une opération continue durant plusieurs heures, avec des groupes successifs de prisonniers.

Son témoignage a constitué l’un des premiers récits directs émanant d’un participant aux massacres.

16 juillet — Maison de la culture de Pilica

Après les exécutions de Branjevo, environ 500 prisonniers détenus dans la Maison de la culture de Pilica sont tués à l’intérieur du bâtiment.

Des armes automatiques et des grenades sont utilisées dans un espace fermé. Les traces de balles, de sang et de tissus humains retrouvées dans le bâtiment ont ensuite fourni des preuves matérielles importantes.

Vers le 17-19 juillet — Dernières exécutions organisées

Les recherches de fugitifs se poursuivent dans les forêts et les villages.

Des groupes capturés sont encore exécutés. Parmi les sites documentés figurent notamment Nezuk, Snagovo, Bisina et d’autres zones situées le long de l’itinéraire suivi par la colonne.

Six prisonniers de Srebrenica sont également filmés avant d’être exécutés près de Trnovo par des membres de l’unité paramilitaire des Scorpions. Cette séquence deviendra, des années plus tard, l’une des preuves visuelles les plus connues des crimes.

Tableau récapitulatif des principales opérations meurtrières

Les chiffres ci-dessous sont des ordres de grandeur issus des dossiers judiciaires, des analyses médico-légales et des témoignages. Ils ne doivent pas être additionnés mécaniquement, car certaines estimations se recoupent et les corps ont été déplacés entre plusieurs fosses.

Date approximative

Lieu

Nombre estimatif

13 juillet

Entrepôt de Kravica

1 000 à 1 500

14 juillet

Orahovac / Grbavci

environ 1 000

14-15 juillet

Barrage de Petkovci

plusieurs centaines, jusqu’à environ 1 000

14-15 juillet

Ročević / Kozluk

plusieurs centaines

16 juillet

Ferme de Branjevo

environ 1 000 à 1 200

16 juillet

Maison de la culture de Pilica

environ 500

13-19 juillet

Exécutions dispersées, détentions, embuscades et prisonniers capturés

plusieurs milliers

Bilan global reconnu

Srebrenica et sa région

plus de 8 000 victimes

 

Septembre-octobre 1995 — L’opération de dissimulation

Après les massacres, les responsables serbes de Bosnie apprennent que les satellites, les services de renseignement et les enquêteurs internationaux pourraient localiser les fosses communes.

Une vaste opération est alors organisée :

ouverture des fosses primaires ;

extraction des corps avec des pelleteuses ;

transport par camions ;

réinhumation dans des fosses secondaires et tertiaires ;

dispersion des restes humains.

Cette opération explique pourquoi certaines familles ne reçoivent que quelques ossements et pourquoi les restes d’une même personne peuvent être retrouvés dans plusieurs communes.

L’ICMP a pu reconstruire cette géographie du crime grâce à la combinaison de l’archéologie médico-légale, de l’anthropologie, des analyses ADN et de la comparaison entre les fosses primaires et secondaires.

Une qualification juridique incontestable

Le mot « génocide » n’est pas ici une qualification politique ou journalistique. Il résulte de décisions judiciaires rendues après l’examen de milliers de témoignages, documents, interceptions, images aériennes, rapports médico-légaux et analyses ADN.

En 2001, le TPIY condamne le général Radislav Krstić. En appel, en 2004, le Tribunal confirme que les crimes de Srebrenica constituent un génocide.

D’autres responsables sont ensuite condamnés, notamment :

Radovan Karadžić, dirigeant politique des Serbes de Bosnie ;

Ratko Mladić, commandant de la VRS ;

Vujadin Popović ;

Ljubiša Beara ;

Drago Nikolić ;

ainsi que plusieurs officiers, responsables policiers et participants à l’opération.

Le TPIY a conclu que le meurtre systématique des hommes et garçons de Srebrenica visait à détruire une partie substantielle de la communauté musulmane bosniaque en tant que groupe.

En 2007, la Cour internationale de Justice a également reconnu que les massacres de Srebrenica constituaient un génocide. Elle a jugé que la Serbie n’avait pas pris toutes les mesures possibles pour le prévenir et qu’elle avait manqué à son obligation de coopérer pleinement à la répression de ses auteurs.

L’échec de la communauté internationale

Srebrenica demeure également le symbole d’un effondrement du système international de protection.

La population avait été désarmée en échange d’une promesse : celle d’être protégée par les Nations unies. Or :

les Casques bleus étaient trop peu nombreux ;

leur mandat était restrictif ;

les frappes aériennes ont été retardées ;

les responsables internationaux ont sous-estimé les objectifs des forces serbes ;

aucune intervention décisive n’a empêché la séparation et la déportation de la population.

Dans son rapport de 1999, l’ONU a reconnu ses erreurs et son incapacité à comprendre pleinement les objectifs de guerre serbes. Le rapport retrace la chute de la zone de sécurité, la paralysie de la chaîne de commandement et les conséquences de l’usage insuffisant de la force.

11 juillet : une date internationale de mémoire

En mai 2024, l’Assemblée générale des Nations unies a proclamé le 11 juillet Journée internationale de réflexion et de commémoration du génocide de Srebrenica de 1995.

Cette commémoration ne vise pas à accuser collectivement un peuple. La responsabilité pénale est individuelle. Elle vise à préserver les faits, honorer les victimes, soutenir les survivants et lutter contre la négation ou la glorification des criminels condamnés.

En ce 11 juillet 2026, trente et un ans après les faits, dix nouvelles victimes identifiées sont enterrées à Potočari. Cette réalité rappelle que le génocide n’appartient pas seulement au passé : pour près de mille familles, la recherche d’un père, d’un fils, d’un frère ou d’un époux n’est toujours pas terminée.

Srebrenica ne fut pas un dérapage de la guerre

Ce fut une mécanique.

D’abord l’encerclement. Puis la chute de la zone protégée. Ensuite la séparation des hommes, l’expulsion des familles, la détention des prisonniers, leur transport vers des sites isolés, les exécutions par groupes, l’enfouissement des corps et enfin le déplacement des fosses pour effacer les preuves.

En quelques jours, plus de 8 000 vies furent enlevées.

Mais trente et un ans plus tard, les noms, les analyses ADN, les témoignages, les jugements et les fosses retrouvées rendent l’effacement impossible.

Srebrenica n’est pas seulement une mémoire bosniaque. C’est une mise en garde adressée à l’Europe et au monde : une « zone de sécurité » sans volonté politique, sans moyens militaires et sans responsabilité réelle peut devenir le lieu même où les victimes sont abandonnées à leurs bourreaux

Kadir Duran – Bruxelles Korner

11 juillet 2026 – Journée de deuil31 ans après le génocide de Srebrenica : en une semaineplus de 8 000 vies furent enlevées
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