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Qu’est-ce qui a changé en 2025 en Belgique ?

Qu’est-ce qui a changé en 2025 en Belgique ?

Qu’est-ce qui a changé en 2025 en Belgique ?

Timeline mois par mois – Bruxelles Korner

Par Kadir Duran

 

 

Lecture globale / Bruxelles Korner

2025 n’a pas tout changé d’un coup.
Elle a préparé le terrain.

Trois tendances se dégagent nettement :

  1. Un État plus numérique, plus centralisé, plus traçable

  2. Une pression continue sur le pouvoir d’achat par micro-ajustements

  3. Une Belgique de plus en plus régionale dans ses effets concrets

2025 n’a pas été spectaculaire.
Elle a été structurante.

 

 

JANVIER 2025 — Le cadre se durcit

FÉVRIER 2025 — Le coût de la mobilité augmente

MARS 2025 — Administration et salaires

 

AVRIL 2025 — Santé, fiscalité, consommation

 

MAI 2025 — Logement, énergie, consommation

 

JUIN 2025 — Le portefeuille sous pression

 

JUILLET 2025 — Travail, fiscalité, transport

 

AOÛT 2025 — Procédures et épargne

 

SEPTEMBRE 2025 — École, santé, société

 

OCTOBRE 2025 — Cotisations, énergie, tensions sociales

NOVEMBRE 2025 — Digitalisation totale

 

DÉCEMBRE 2025 — La transition se verrouille

 

Qu’est-ce qui a changé en 2025 en Belgique ?

Une année de micro-réformes, de digitalisation accélérée et de Belgique “à plusieurs vitesses”

En Belgique, 2025 n’a pas été une année de “grand soir législatif”. Elle a été l’année d’un phénomène plus difficile à lire mais plus structurant : une accumulation de changements concrets, souvent techniques, parfois invisibles au débat politique national, mais immédiatement perceptibles dans le portefeuille, les démarches administratives, la mobilité, la santé et la régulation du quotidien.

Ce qui frappe, rétrospectivement, c’est le style de ces mesures : davantage de pilotage par plateformes (e-Box, Irisrent, facturation électronique…), davantage de règles “anti-friction” (simplifier, automatiser, tracer), et dans le même temps davantage de contrôle et de standardisation. Une Belgique qui numérise pour gagner en efficacité… tout en réduisant la zone grise qui a longtemps caractérisé son fonctionnement.

Cette lecture se confirme dans presque tous les compartiments :

Ci-dessous, une analyse structurée sans sur-résumer, en replaçant les mesures dans leur logique et leurs effets.

1) Travail : l’indexation reste le stabilisateur social… mais elle devient aussi un plafond psychologique

L’indexation automatique, toujours centrale

En 2025, la mécanique belge la plus politique  sans être un vote politique  reste l’indexation : elle continue d’agir comme amortisseur de pouvoir d’achat, avec des effets sectoriels (commissions paritaires, services publics, etc.). C’est un point clé : le revenu belge “bouge” encore, mais principalement via un mécanisme automatique plutôt que via de véritables hausses négociées.

Or, cette architecture crée une double perception :

Autrement dit, l’indexation protège, mais elle peut aussi figer l’idée qu’il n’y a “pas de place” pour une progression plus structurelle — surtout dans un contexte de marges comprimées.

Congés et parentalité : extension ciblée, logique de modernisation sociale

Dans la continuité des adaptations de ces dernières années, 2025 a vu des ajustements autour des congés familiaux (adoption, parentalité, modalités de paiement). La philosophie reste constante : mieux couvrir des situations spécifiques, tout en rendant les dispositifs plus lisibles et plus intégrés aux circuits de paiement (mutualités / assurances / allocations).
Cette “modernisation sociale” est réelle, mais elle cohabite avec une autre dynamique : l’administration veut des circuits plus standardisés, avec moins d’exception gérée “à la main”.

2) Certificats médicaux : un petit changement, une grande bascule culturelle (et juridique)

L’un des signaux les plus révélateurs de 2025 est la transition progressive vers le certificat médical numérique transmis via e-Box Enterprise : le médecin peut envoyer le certificat directement dans la boîte sécurisée de l’employeur (avec conditions et logique de consentement/flux). 

Ce point mérite une lecture froide :

Le basculement est moins technologique que culturel : la maladie, jadis gérée par une logique “papier-humain”, devient une donnée circulant dans un réseau d’acteurs via une infrastructure publique sécurisée. 

3) Flexi-jobs : extension, plafonds, et obsession de la “ligne rouge” fiscale

Autre sujet très 2025 : la montée en puissance du travail flexible et la volonté de l’État de canaliser la dérive potentielle (optimisation, contournement de cotisations, concurrence salariale).

Deux éléments structurent le paysage :

  1. le fait que les revenus flexi-jobs soient exonérés fiscalement sous conditions,

  2. mais plafonnés : l’exonération est limitée à 12.000 € (logique “à partir de l’exercice d’imposition 2025”). 

Surtout, l’année illustre un changement : on ne laisse plus le citoyen “découvrir” en fin d’année. On pousse le suivi via des plateformes type mycareer.be et le compteur lié à la sécurité sociale. Sécurité So

Lecture tendance : la Belgique accepte plus de flexibilité… mais refuse que cela devienne une zone grise. Flexibilité oui, opacité non.

4) Mobilité : hausse des coûts, tarification plus politique, et régionalisation de fait

Transports publics : la hausse tarifaire comme normalité

2025 confirme que le transport public n’échappe pas à la logique d’indexation et de révision tarifaire.

Le point politique est simple : l’usager perçoit une addition continue, alors même que la promesse de service (ponctualité, capacité, sécurité, confort) est jugée inégale selon les lignes et les zones. La hausse devient un fait, la qualité un débat.

Voitures et fiscalité : l’électrification “administrée”

Deux mouvements se superposent :

En 2025, le remboursement de la recharge à domicile pour voiture de société peut s’appuyer sur un tarif forfaitaire CREG (publié, expliqué, utilisé comme référence). 

C’est l’ADN 2025 : on remplace le “cas par cas” (frais réels difficiles à prouver) par un barème public, trimestriellement ajustable. Résultat :

Sanctions ciblées : le durcissement pour éviter l’évitement

Le thème des sanctions envers certains comportements (alcool/drogue au volant, etc.) s’inscrit dans une logique plus large : réduire l’évitement, notamment lorsqu’il y a mobilité transfrontalière. Même quand la mesure est ponctuelle, elle exprime une direction : la Belgique 2025 sanctionne davantage “l’échappatoire” que l’infraction brute.

5) Logement à Bruxelles : formaliser, enregistrer, encadrer

Irisrent : l’enregistrement du bail devient un acte numérique standard

Depuis le 1er janvier 2025, Bruxelles met à disposition l’enregistrement en ligne via Irisrent

Au-delà du guichet, l’enjeu est la donnée :

C’est une évolution silencieuse mais structurante : le marché locatif bruxellois, déjà sous tension, devient plus administré.

Encadrement des loyers : le message politique est clair

L’ordonnance bruxelloise sur l’encadrement (références, dépassements justifiés, contestation possible) a amplifié la logique : contrôle par la norme plutôt que régulation “par exception”. (Cette dynamique est cohérente avec la digitalisation Irisrent : on encadre plus facilement ce qu’on enregistre mieux.)

6) Énergie : 2025, année charnière entre “prix” et “architecture du réseau”

Tarifs dynamiques : un basculement de modèle

À partir du 1er juin 2025, les contrats à tarif dynamique deviennent commercialisables à Bruxelles (et se généralisent dans le débat national), avec un prix qui varie heure par heure selon le marché de gros. 

Ce point est majeur. Il ne s’agit pas d’un simple nouveau contrat : c’est une philosophie où le consommateur devient un acteur d’optimisation (déplacer consommation, recharger, programmer appareils).

Bruxelles : fin progressive des chaudières au mazout (installation)

Autre mesure lourde : à Bruxelles, le placement de chaudières au mazout est interdit à partir du 1er juin 2025 (sauf dérogations). 

Ici encore, le message est structurel : la transition énergétique n’est plus une “incitation”, c’est une interdiction progressive.
Et comme souvent en Belgique : l’orientation est commune (décarbonation), mais la mise en œuvre est régionale, donc vécue différemment selon territoire et parc immobilier.

7) Santé & consommation : 2025, l’année des interdictions nettes (tabac, vapes) et des normes produit

Tabac : visibilité et accessibilité réduites

Dès le 1er avril 2025, la réglementation se durcit : interdiction d’exposition des produits du tabac dans les points de vente autorisés, et interdiction de vente dans les magasins alimentaires ≥ 400 m². 

Cette mesure traduit une stratégie classique : diminuer l’achat impulsif et “dés-normaliser” le tabac dans l’espace commercial. Le symbole est puissant : le tabac sort de la vitrine, littéralement.

Vapes jetables : la Belgique pionnière en Europe

À partir du 1er janvier 2025, la Belgique interdit la vente des vapes jetables (enjeu santé + environnement), devenant l’un des premiers États de l’UE à franchir ce pas. 

Ici, la Belgique assume une ligne dure : prévenir l’initiation nicotinique des jeunes et traiter la vape jetable comme un déchet problématique (plastique + batteries). Le débat n’est pas clos (arômes, contournements, achats transfrontaliers), mais 2025 marque une rupture claire.

Indice de réparabilité : la normalisation “pro-réparation”

La mise en place d’un indice de réparabilité (sur certains appareils) incarne une tendance européenne : faire du consommateur un acteur de durabilité — mais surtout, pousser les fabricants à rendre la réparation plus accessible. C’est de la régulation “par l’information”, mais imposée.

8) Banque & épargne : 2025 confirme la baisse de rendement et la concurrence par micro-ajustements

L’année a été ponctuée par des ajustements de taux sur l’épargne (banques classiques et acteurs “éthiques”), dans un contexte où la trajectoire de taux directeurs en Europe a des effets rapides sur les produits grand public.
Exemple emblématique : annonces de baisse sur certains livrets, décisions justifiées par “conditions de marché” et répercussions sur la prime de fidélité. (Le citoyen, lui, retient une idée : l’épargne ne protège plus comme avant.)

À cela s’ajoute une autre dynamique : la concurrence ne se fait pas uniquement sur le taux, mais sur l’écosystème (IBAN belges pour certains acteurs, services digitaux, simplification de procédures). Cette logique “plateforme” est cohérente avec l’État lui-même qui se plateformise.

9) Études, école, société : 2025 formalise un État éducatif plus directif sur les usages

Smartphones à l’école (FWB) : interdiction de l’usage récréatif

Dès la rentrée scolaire du 25 août 2025 en Fédération Wallonie-Bruxelles, interdiction de l’usage récréatif des smartphones et appareils connectés à l’école.

C’est un marqueur culturel : l’école redevient un espace où l’État assume une limite nette à l’économie de l’attention.

Facturation électronique en santé : obligation au 1er septembre

À partir du 1er septembre 2025, médecins et dentistes doivent facturer électroniquement les prestations aux mutualités.

Même logique qu’ailleurs : réduction des erreurs, accélération des paiements, standardisation. Mais aussi : tout devient trace, et donc contrôlable.

Interdiction du TPO : une norme produit à effet immédiat

Dès le 1er septembre 2025, interdiction d’utiliser des produits cosmétiques contenant du TPO sur les clients (Belgique / UE), avec intégration dans les contrôles. 

Ce point est intéressant : il montre comment une norme européenne/technique peut produire un choc direct sur des secteurs très concrets (salons, distribution, stocks), sans passer par une grande scène politique.

Séjour des citoyens UE : dossier complet obligatoire

À partir du 1er septembre 2025, un citoyen UE voulant séjourner plus de 3 mois doit déposer un dossier complet ; sinon la demande n’est pas prise en considération. 

Là encore : moins de “dossier incomplet qui traîne”, plus de logique binaire. 2025, c’est aussi cela : la fin de la tolérance administrative implicite.

10) Fiscalité et administration : la Belgique 2025 réduit la part “papier” et renforce l’État-plateforme

Même quand les mesures semblent dispersées, elles racontent une cohérence :

Le citoyen et l’entreprise entrent dans une nouvelle réalité : l’État ne s’excuse plus d’être numérique. Il présume que vous êtes joignable digitalement — et, de plus en plus, il organise la preuve autour de cela.

Les tendances lourdes à retenir (lecture Bruxelles Korner)

Tendance 1  La Belgique passe d’un “État administratif” à un “État-système”

2025 ressemble à une année de connecteurs : e-Box, Irisrent, facturation électronique, plateformes de suivi. Le pays construit une logique où le droit devient un flux : vous ne “déclarez” plus seulement, vous alimentez un système.

Tendance 2  Digitaliser ne veut pas dire “libérer” : cela veut aussi dire “resserrer”

Certificat médical numérique, dossier UE complet, interdictions tabac/vapes, normes cosmétiques : on voit une même trajectoire. La Belgique réduit les zones grises. Elle simplifie, mais elle durcit.

Tendance 3  La Belgique avance à plusieurs vitesses, surtout via le levier régional

Chauffage à Bruxelles, règles logement, mobilité, énergie : l’expérience du citoyen dépend de plus en plus du territoire. La Belgique 2025 confirme ce que beaucoup pressentent : un pays fédéral où le quotidien se régionalise, même lorsque le discours national reste “unifié”.

Tendance 4  Pouvoir d’achat : la pression vient moins d’un choc unique que d’une addition continue

Tarifs (transport), énergie (nouveaux modèles), services, règles de conformité : l’effet 2025 est celui d’une addition. Ce n’est pas une réforme qui change tout, c’est une série de petites lignes qui finissent par faire une grande facture.

 

 

 

 

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