Marcela Gori veut donner une fessée pécuniaire aux agresseurs
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Marcela Gori veut donner une fessée pécuniaire aux agresseurs
Un fait divers grave… mais révélateur d’une tension structurelle
Bruxelles 26 mars 2026. BRUXELLES KORNER KADIR DURAN
L’agression survenue au CPAS d’Anderlecht, ayant entraîné des blessures chez deux policiers et un agent de sécurité, constitue un événement sérieux. Les faits, tels que rapportés, illustrent une dégradation tangible du climat dans certains services publics de première ligne.
Un individu, après un incident lié au vol de son téléphone, a basculé dans une violence extrême, détruisant du matériel et agressant les forces de l’ordre. Ce type de situation, loin d’être isolé, s’inscrit dans une tendance plus large : montée des tensions, fatigue du personnel, banalisation des incivilités.
Mais au-delà du fait divers, c’est la réaction politique qui soulève désormais une controverse majeure.
La ligne dure de Marcela Gori : sanction sociale comme réponse pénale
La vice-présidente du CPAS d’Anderlecht, Marcela Gori, a immédiatement adopté une posture offensive :
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rejet de toute explication liée à la précarité,
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insistance sur la responsabilité individuelle,
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proposition de retrait pur et simple des aides sociales pour les auteurs de violences.
Sa doctrine est explicite : “toucher au portefeuille” pour restaurer l’autorité.
Cette approche traduit une inflexion idéologique claire : faire du levier social un instrument de sanction.
Un glissement dangereux : confusion des rôles institutionnels
C’est ici que le débat bascule.
Le CPAS (Centre public d’action sociale) n’est pas un organe judiciaire. Sa mission, encadrée par le droit belge, est strictement définie :
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garantir le droit à l’aide sociale,
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assurer une vie conforme à la dignité humaine,
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accompagner les personnes en situation de précarité.
Transformer cet outil en instrument punitif pose plusieurs problèmes fondamentaux :
1. Violation potentielle de l’État de droit
La sanction d’un comportement délictuel relève de la justice, pas de l’administration sociale.
Conditionner ou retirer une aide sur base d’un acte pénal pose la question de la double peine administrative.
2. Risque de discrimination systémique
Une telle mesure viserait exclusivement une population déjà vulnérable.
Elle introduit une rupture d’égalité devant la loi entre citoyens bénéficiaires et non-bénéficiaires.
3. Confusion morale et fonctionnelle
Le CPAS n’est ni un tribunal, ni un outil disciplinaire.
Il n’a pas vocation à “punir”, mais à protéger et accompagner.
Sécurité vs solidarité : un débat instrumentalisé
Le discours de fermeté porté par Mouvement Réformateur s’inscrit dans une logique politique identifiable : répondre à l’insécurité par des mesures visibles, immédiates, et symboliquement fortes.
Mais cette approche soulève une question centrale :
Peut-on conditionner un droit fondamental (l’aide sociale) à un comportement, sans passer par la justice ?
La réponse juridique, en l’état du droit, est loin d’être évidente et probablement négative dans sa forme la plus radicale.
Le malaise réel du terrain ne doit pas justifier l’arbitraire
Il serait intellectuellement malhonnête d’ignorer la réalité vécue par les travailleurs sociaux :
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agressions verbales et physiques,
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pression constante,
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sentiment d’abandon institutionnel.
Ce malaise est réel, documenté, et nécessite des réponses structurelles :
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renforcement de la sécurité,
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meilleure coordination avec les forces de l’ordre,
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soutien psychologique du personnel,
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moyens humains et financiers adaptés.
Mais substituer à cela une logique punitive via les aides sociales revient à déplacer le problème — sans le résoudre.
Conclusion : Le mot de la fin
Ce qui se joue à Anderlecht dépasse un simple fait divers.
C’est une ligne de fracture politique et juridique :
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entre autorité et arbitraire,
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entre justice et gestion administrative,
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entre émotion et droit.
Dans un État de droit, la réponse à la violence ne peut pas être improvisée au sein d’un guichet social.
Punir est une prérogative judiciaire.
Aider est une mission sociale.
Confondre les deux, c’est affaiblir les deux. N'EST CE PAS MADAME M.GORI ?
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