L’IA, “l’homme à tout faire”… et l’humain réduit à l’exécutant
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L’IA, “l’homme à tout faire”… et l’humain réduit à l’exécutant
Kadir Duran / Bruxelles Korner
« L’homme a inventé l’intelligence artificielle pour que la machine devienne l’homme à tout faire, et l’inventeur, l’homme finit par devenir la machine qui fait ce qu’on lui demande. » La formule résume un paradoxe central de notre époque : l’IA n’installe pas automatiquement du temps libre, elle installe une nouvelle norme.
À l’origine, la promesse était claire : déléguer les tâches répétitives pour rendre à l’humain ce qui fait sa valeur la décision, la créativité, le jugement. Mais l’IA arrive dans un système économique qui transforme tout gain de productivité en obligation de performance. Dès lors, la vitesse cesse d’être un avantage : elle devient une exigence. Ce qui était “possible” hier devient “attendu” aujourd’hui, puis “exigible” demain.
Dans la pratique, l’humain est souvent déplacé vers un rôle d’interface : valider, corriger, itérer, répondre plus vite, livrer plus. La machine produit en secondes ; l’humain, lui, porte la responsabilité, la vérification, l’erreur et le sens. Résultat : l’IA accélère la sortie, mais la charge morale, juridique et psychologique reste humaine.
Le nœud du problème n’est donc pas seulement technologique. Il est politique et économique : à qui profite le temps gagné ? Si les gains sont captés par l’organisation ou le marché, l’IA devient moins un outil d’émancipation qu’un amplificateur d’exigence. La question décisive n’est pas “l’IA va-t-elle remplacer l’humain ?”, mais “va-t-elle le libérer ou l’organiser comme une machine ?”.
Phrase à retenir : quand “c’est possible” devient “c’est exigible”, l’innovation cesse d’être un progrès et se transforme en norme.
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