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La Vie sur Mars

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D apres Paris Match et l Obs

Il y a bien de l'eau liquide salée sur Mars. Cette découverte sensationnelle relance les spéculations sur la possibilité de la présence de formes de vie sur la planète rouge.

C'est bien il y a bel et bien de l'eau liquide qui coule sur Mars. La nouvelle a été donnée avant le début de la conférence de la NASA que vous pouvez suivre en direct dans la vidéo ci-dessous. Cette découvert capitale aux conséquences potentielles extraordinaires est l'oeuvre d'une jeune chercheur né il y a 25 ans à Katmandou, au Népal, Lujendra Ojha. C'est ce diplômé en sciences planétaires qui repéré, par accident, en 2011 les traces de «possibles coulées d’eau salée sur Mars» pendant la saison chaude. Ces lignes sombres, baptisées  sont l’objet d’un débat passionné depuis leur découverte. Or, relève le site de vulgarisation scientifique Inverse, les discussions faisaient  rage depuis quelques semaines dans les cercles scientifiques qui se consacrent à l’étude des RSL. Le mois dernier, un colloque a réuni 200 chercheurs à Monrovia, en Californie pour débattre de l’origine de ces lignes récurrentes sur pentes. Des études spectrographiques fournies par la sonde en orbite Mars Observer ont confirmé qu'il s'agissait bien de coulées de saumure, un mélange d'eau et de sel en forte quantité. C'est d'ailleurs ce sel qui permet l'écoulement de l'eau qui serait quasi impossible en raison de la faible pression atmosphérique de la planète rouge. 


 

On connaissait depuis plusieurs années l'existence de glace située au pôle nord et au pôle sud de la planète. Mais la présence d'eau liquide demeurait hautement hypothétique. Comme l'a dit sans détour le directeur de la NASA John Grunsfeld, "cette découverte suggère qu'il est possible qu'il y ait de la vie sur Mars". Plusieurs questions restent toutefois en suspens: la principale étant la provenance de cette eau. Pour la scientifique française Marion Massé, interrogée par le Parisien "L'hypothèse que nous privilégions s'appelle la déliquescence : les sels absorberaient l'humidité atmosphérique qui se transformerait en liquide." Mais cette théorie se heurte au faible pourcentage d'humidité dans l'atmosphère martienne. La présence de certains sels hydratés dans des lignes sombres qui apparaissent de manière saisonnière serait la preuve que l'on attendait. 
 

A-t-on enfin trouvé de l'eau coulant à la surface de la planète rouge ? C'est la question que les amateurs d'espace se posent depuis jeudi dernier, lorsque la Nasa les a appâtés avec l'annonce... d'une annonce sur un "mystère résolu", qui a tout de suite mis les chroniqueurs scientifiques sur la piste de l'eau.

De l'eau sur Mars, on l'attend depuis longtemps. De l'eau liquide, en tout cas, car nous savons déjà qu'il y a de la glace aux pôles, et peut-être même des ceintures de glaciers sous la poussière martienne. De nombreux chercheurs s'accordent aujourd'hui pour dire que Mars a eu au moins un océan dans son hémisphère nord, dans un lointain passé, même s'il y a des théories alternatives : un scénario évoquait récemment l'hypothèse d'un passé glacé, donc sans océans.

Jusqu'ici, donc, nous avons eu des indices de la possible présence d'eau liquide, mais pas de preuve absolue. L'un des phénomènes les plus prometteurs en ce domaine est ce que l'on a baptisé les "Recurring Slope Lineae" (RSL), ou "lignes de pente récurrentes". Ce sont des éléments du paysage martien à caractère saisonnier, détectés en 2011 par l'un des instruments de la sonde Mars Reconnaissance Orbiter. Ces lignes sombres, de 50 cm à 5 m de large, s'étendent vers le bas des pentes des montagnes, et apparaissent et disparaissent au rythme des réchauffements et refroidissements de l'atmosphère martienne.

Crédit image : animation montrant les "lignes de pente récurrentes" prises par la caméra HiRise de Mars Reconnaissance Orbiter (Nasa/JPL-Caltech/Univ. of Arizona)

LES SELS RÉVÉLATEURS

Restait à démontrer qu'il s'agissait bien d'eau, et c'est ce qui a été fait aujourd'hui : selon une étude qui vient d'être publiée dans "Nature Geosciences", la sonde Mars Reconnaissance Orbiter a détecté la signature spectrale de sels hydratés en différents lieux de Mars. Ce serait donc le signe que les fameuses RSL seraient bien liées à de l'eau liquide.

Les auteurs ont analysé les données recueillies par le spectromètre de Mars Reconnaissance Orbiter, et ont pu voir que la lumière infrarouge reflétée par certaines des zones sombres, au début de leur apparition, signalait la présence de sels hydratés, "pièce à conviction de la présence d'eau sur les sites inspectés", selon les scientifiques. Ils expliquent :

Ces sels abaisseraient le point de congélation d'une saumure liquide, juste comme le sel sur les routes fait fondre plus rapidement la glace et la neige."

Lujendra Ojha, auteur principal de cette étude, précise : "Nous avons découvert les sels hydratés seulement lorsque les marques saisonnières étaient les plus larges, ce qui suggère que soit les bandes sombres elles-mêmes, soit un processus qui les forme est la source de l'hydratation. Dans tous les cas, la détection de sels hydratés sur ces pentes signifie que l'eau joue un rôle essentiel dans la formation de ces bandes". Ces sels seraient donc LA preuve de l'existence actuelle d'eau liquide sur Mars.

 

MAIS D'OÙ VIENT DONC CETTE EAU ?

L'eau pourrait provenir de l'absorption de vapeur d'eau de l'atmosphère, un phénomène connu sous le nom de déliquescence. C'est en tout cas la thèse qu'a soutenue un groupe de scientifiques lors de l'European Planetary Space Congress, qui a lieu à Nantes jusqu'à vendredi. Parmi ces chercheurs, on retrouve Lujendra Ojha et Mary Beth Wilhelm, deux intervenants de la conférence de presse de la Nasa.

Selon eux, si la source des RSL était des réserves de glace souterraine qui fonde lors des printemps et étés martiens, celle-ci serait difficile à reconstituer chaque année, et les réserves se seraient épuisées au fil du temps. Quant à la possibilité de sources d'eau souterraine, qui jailliraient au printemps, elles ne pourraient expliquer la présence de RSL en certains lieux, comme les dunes de sable perméable à l'équateur qui "auraient peu de chances" d'héberger des sources souterraines. Reste donc l'origine atmosphérique, malgré la faible concentration en vapeur d'eau de l'air martien.

POURQUOI IL EST IMPORTANT DE TROUVER DE L'EAU

L'eau, c'est avant tout un milieu dans lequel on peut trouver des traces éventuelles de vie. Traces de vie passée, ou de vie microbienne présente, c'est là où il faudrait envoyer des sondes afin de les détecter, si elles existent. "Une question à laquelle nous avons les moyens technologiques de répondre", assure John Grunsfeld, adminstrateur associé de la NASA.

Mais la présence d'eau liquide est aussi un facteur important pour les futures missions martiennes. Si l'on veut implanter des installations permanentes ou même temporaires, avoir un possible approvisionnement en eau ne serait pas à négliger, même si l'eau en question est saturée de sels.

Reste tout de même un bémol : depuis le temps qu'on nous annonce la présence d'eau liquide sur Mars, on pourrait croire que l'on en a une preuve irréfutable. Or, annonce d'aujourd'hui comprise, ce ne sont encore qu'un faisceau d'indices concordants. Comme l'écrit la journaliste scientifique Alexandra Witze sur Twitter : "Si j'avais un dollar pour chaque article que j'ai écrit sur la découverte d'eau sur Mars..."  Pour faire mieux qu'aujourd'hui, la Nasa devra nous fournir un seau d'eau martienne !

 

Animation de la NASA simulant les écoulements d'eau saisonniers sur Mars

Le blog de Jean-Paul Fritz sur le site de  "l'Obs" : Chroniques de l'Espace-Temps

 

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