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Gouvernement bruxellois : sortie de crise fragile, examen budgétaire à haut risque

Gouvernement bruxellois : sortie de crise fragile, examen budgétaire à haut risque

Gouvernement bruxellois : sortie de crise fragile, examen budgétaire à haut risque

BRUXELLES KORNER Kadir Duran

Après plus de 600 jours de paralysie institutionnelle, la Région de Bruxelles-Capitale a enfin un gouvernement. À sa tête, Boris Dilliès (MR) a présenté une Déclaration de politique régionale (DPR) concise  24 pages censée refermer la plus longue crise politique régionale du pays.

Le message central est clair : restaurer la crédibilité financière de Bruxelles. Objectif affiché : retour à l’équilibre budgétaire en 2029, via un effort d’un milliard d’euros, dont 80 % d’économies structurelles et 20 % de recettes nouvelles. Moratoire sur le personnel régional, rationalisations administratives, réformes ciblées en mobilité et sécurité : la discipline budgétaire constitue l’axe structurant du texte.

Mais au Parlement, l’accueil a été glacial. Pour l’opposition, le gouvernement commence mal. Texte flou. Stratégie illisible. Vision absente. Échec au premier examen.

Une majorité large, une cohérence à démontrer

La coalition rassemble MR, PS, Les Engagés, Groen, Vooruit, Anders et CD&V. Un attelage large, forgé par la nécessité de sortir de l’impasse politique.

Mais plus la majorité est composite, plus la ligne stratégique doit être précise. Or c’est précisément cette précision qui manque aux yeux des oppositions.

Le reproche transversal n’est pas idéologique. Il est méthodologique : la DPR énonce des intentions, mais ne détaille ni calendrier opérationnel, ni ventilation budgétaire précise, ni mécanisme d’absorption des impacts sociaux.

L’opposition tire à boulets rouges

Le PTB : austérité masquée

Françoise De Smedt résume la DPR en trois mots : austérité, loyers chers, immobilité.

Le PTB estime que les économies annoncées pourraient entraîner la suppression de 2 000 à 3 000 postes publics et fragiliser les services régionaux — logement, mobilité, eau, accompagnement social.

L’accusation centrale : au lieu de traiter le sous-financement structurel de Bruxelles, le gouvernement internalise l’effort sur les services.

Ecolo : discipline sans projet

Zakia Khattabi dénonce l’absence de vision mobilisatrice reliant budget, climat, logement et cohésion urbaine.

Deux angles morts sont pointés :

Le message est politique : la gestion ne remplace pas le projet.

Team Fouad Ahidar : un accord précipité

Fouad Ahidar parle d’un texte “négocié en 48 heures”, dépourvu de détails quant à la mise en œuvre des économies.

Il conteste la demande de confiance parlementaire sans périmètre précis des coupes, ni calendrier clair.

N-VA et DéFI : façade sans réforme structurelle

Gilles Verstraeten évoque des “chapitres façades”.

Jonathan de Patoul regrette l’absence de réforme institutionnelle — collège électoral unique, listes bilingues — régulièrement avancée comme solution aux blocages bruxellois.

Le cœur du débat : Bruxelles peut-elle s’assainir seule ?

 

La controverse dépasse la DPR. Elle touche au modèle même de la Région.

Bruxelles cumule :

Dans ce contexte, deux lectures s’opposent :

Tout dépendra de la granularité des arbitrages.

Le calendrier : l’épreuve de vérité commence maintenant

La DPR fixe l’horizon 2029. Mais le test décisif interviendra dès l’automne 2026, avec la préparation du budget 2027.

C’est là que devront apparaître :

Sans traduction budgétaire fine, la DPR restera un document programmatique.

Échec au premier examen ?

Politiquement, l’opposition a marqué des points : le gouvernement n’a pas réussi à imposer un récit mobilisateur au-delà de sa majorité.

Mais un premier revers parlementaire n’est pas un verdict définitif.

Trois conditions détermineront la suite :

  1. Publication rapide d’un plan opérationnel chiffré, avec échéances publiques.

  2. Clarification de l’impact social des économies annoncées.

  3. Résultats visibles sur quelques dossiers structurants — mobilité, logement, sécurité de proximité.

À Bruxelles, la crédibilité ne se décrète pas ; elle se démontre.

Une sortie de crise, pas encore une stabilisation

Le retour d’un libéral à la tête de la Région marque une rupture politique. Mais la rupture symbolique ne suffit pas.

Le gouvernement a refermé la crise institutionnelle. Il ouvre désormais une séquence budgétaire à haut risque.

S’il transforme la DPR en feuille de route exécutive rigoureuse, il peut inverser le procès en flou.
S’il temporise, l’étiquette d’“accord fragile” pourrait s’installer durablement.

Le premier examen est passé.
Le véritable test commence avec le budget.

 

 

 

Brussels Regional Government: a fragile exit from crisis, a high-risk budget test ahead

After more than 600 days of institutional paralysis, the Brussels-Capital Region finally has a government. At its helm, Boris Dilliès (MR) has presented a concise Regional Policy Statement (DPR)  24 pages  intended to close the country’s longest regional political crisis.

The central message is straightforward: restore Brussels’ financial credibility. The stated objective is a return to budget balance by 2029, through a €1 billion adjustment effort — 80% via structural spending cuts and 20% via new revenues. A hiring freeze across the regional administration, administrative streamlining, and targeted reforms in mobility and security: fiscal discipline is the backbone of the text.

But in Parliament, the reception was icy. For the opposition, the government is off to a poor start: a vague document, an unreadable strategy, an absent vision — a failed first exam.

A broad majority, coherence still to be proven

The coalition brings together MR, PS, Les Engagés, Groen, Vooruit, Anders and CD&V — a wide alliance forged out of necessity to end the deadlock.

Yet the more heterogeneous the majority, the more precise the strategic line must be. And it is precisely this precision that the opposition says is missing.

The overarching criticism is not ideological; it is methodological: the DPR sets out intentions, but provides neither an operational timeline, nor a detailed budget breakdown, nor a mechanism to absorb the social impact of the announced measures.

The opposition fires on all cylinders

PTB: “masked austerity”

Françoise De Smedt sums up the DPR in three words: austerity, expensive rents, immobility.

PTB argues that the announced savings could lead to the loss of 2,000 to 3,000 public-sector jobs and weaken regional public services — housing, mobility, water, and social support.

The core accusation: instead of addressing Brussels’ structural underfunding, the government is internalising the adjustment through service cuts.

Ecolo: discipline without a project

Zakia Khattabi denounces the lack of a mobilising vision linking budget, climate, housing and urban cohesion.

Two blind spots are highlighted:

The political message is blunt: management cannot replace a project.

Team Fouad Ahidar: a rushed agreement

Fouad Ahidar describes a text “negotiated in 48 hours,” lacking details on how savings will actually be implemented.

He challenges the request for parliamentary confidence without a precise perimeter of cuts or a clear timeline.

N-VA and DéFI: a façade, no structural reform

Gilles Verstraeten speaks of “facade chapters.”

Jonathan de Patoul regrets the absence of institutional reform — a single electoral college, bilingual lists — regularly presented as a way out of Brussels’ structural deadlocks.

The core question: can Brussels fix itself on its own?

The controversy goes beyond the DPR. It reaches the Region’s model itself.

Brussels carries:

In this context, two readings collide:

Everything will depend on how granular — and how transparent — the actual arbitrations become.

The timeline: the real test starts now

The DPR sets the horizon of 2029. But the decisive test will come as early as autumn 2026, with the preparation of the 2027 budget.

That is when the following must materialise:

Without a fine-grained budget translation, the DPR will remain a programmatic document.

Failed first exam?

Politically, the opposition has scored points: the government has not managed to impose a mobilising narrative beyond its own majority.

But an initial parliamentary setback is not a final verdict.

Three conditions will determine what happens next:

  1. rapid publication of a costed operational plan with public deadlines;

  2. clarity on the social impact of the announced savings;

  3. visible results on a few structural dossiers — mobility, housing, neighbourhood-level security.

In Brussels, credibility is not proclaimed; it is demonstrated.

An exit from crisis — not yet a stabilisation

A liberal returning to the top post marks a political shift. But symbolism is not enough.

The government has closed the institutional crisis. It is now opening a high-risk budget sequence.

If it turns the DPR into a rigorous, executable roadmap, it can reverse the “vagueness” narrative.
If it delays, the label of a “fragile deal” may stick.

The first exam is over.
The real test begins with the budget.

 

 

 

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