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“Belgium” ou “Belarus” : la gaffe américaine qui révèle une Europe sur la défensive

“Belgium” ou “Belarus” : la gaffe américaine qui révèle une Europe sur la défensive

“Belgium” ou “Belarus” : la gaffe américaine qui révèle une Europe sur la défensive

Par Kadir Duran – Bruxelles Korner
Bruxelles / Davos – La Belgique s’est retrouvée, l’espace de quelques heures, embarquéе malgré elle dans une initiative diplomatique estampillée Trump: le “Board of Peace”. Sur une liste de pays présentés comme signataires, la Belgique apparaît. Bruxelles dément. Et, dans l’explication la plus embarrassante pour Washington, une source gouvernementale belge évoque une confusion: “Belgium” aurait été confondu avec “Belarus”.

Cette affaire, en apparence anecdotique, est un signal faible qui en dit long: sur la méthode américaine, sur la fébrilité des formats “flash” de diplomatie, et sur le réflexe européen — désormais quasi automatique  de se protéger contre les annonces à effet d’entraînement.

Une annonce, une liste, un démenti: le tempo d’une crise miniature

Le déroulé est simple et brutal.

Dans la foulée, la ligne est posée: prudence, coordination européenne, réserves sur la proposition.

“Signé puis retiré” ? La version NBC que Bruxelles rejette

Deuxième étage de la fusée: une version concurrente circule. Selon Belga, NBC avance (sur base d’une source anonyme) que la Belgique aurait signé, puis se serait retirée au dernier moment. Bruxelles conteste et revient à l’argument de la confusion “Belgium/Belarus”.

Dans les capitales européennes, ce type de narration est toxique: elle transforme un non-événement en désaveu, et un désaveu en faiblesse. D’où l’intérêt d’un démenti immédiat, public, documentable.

Le vrai sujet: l’UE ne suit pas (sauf exceptions)

Le fond du dossier n’est pas la faute de frappe. Le fond, c’est que l’Europe, dans sa grande majorité, ne veut pas être aspirée par un dispositif conçu hors de ses cadres.

Reuters rapporte que la quasi-totalité des États membres n’a pas rejoint l’initiative, à l’exception de la Hongrie et de la Bulgarie.

Un document interne du Service européen pour l’action extérieure (EEAS), cité par Reuters, mentionne des inquiétudes relatives à la gouvernance du “Board of Peace”, notamment une architecture qui pourrait heurter des exigences constitutionnelles et l’autonomie juridique européenne.

Pourquoi cette “petite gaffe” est politiquement lourde

1) L’effet d’adhésion automatique

Dans la diplomatie contemporaine, être sur la liste est déjà une forme d’engagement perçu. On fabrique une coalition par communication, puis on demande aux capitales de “rattraper” l’annonce.

2) La Belgique: cible idéale d’un malentendu

La Belgique est un acteur-pont: État membre, capitale de l’UE, siège de l’OTAN. L’inscrire “par erreur” dans un dispositif américain crée immédiatement un bruit stratégique, surtout si la proposition est controversée.

3) Le réflexe UE: verrouiller, harmoniser, temporiser

La réponse de Prévot n’est pas qu’un démenti; c’est une prise de position procédurale:

Lecture Bruxelles Korner: le monde revient au “diplomatie-spectacle”

Le “Board of Peace” illustre une tendance: des dispositifs qui naissent à haute vitesse, adossés à une marque politique forte, et vendus comme des solutions totales — avant même d’avoir réglé:

Dans ce contexte, une confusion “Belgium/Belarus” n’est pas un accident isolé: c’est le produit naturel d’une diplomatie formatée pour l’annonce, pas pour la précision.

Conclusion: Bruxelles a bien fait de frapper vite

En diplomatie, il y a une règle: ce qui n’est pas démenti devient vrai par circulation.

La Belgique a réagi comme il fallait:

La question n’est donc pas seulement “Belgium ou Belarus”. La question, plus stratégique, c’est: qui écrit la liste, qui contrôle la narration, et qui accepte d’être compté avant d’avoir décidé.

 

Les pays “signataires” selon la liste publiée avant la cérémonie (Davos)

D’après la liste de pays présentés comme participants/signataires qui a circulé juste avant la signature de la charte, les pays cités étaient :

Attention: “signé” vs “a accepté l’invitation”

Dans les heures/jours qui ont suivi, Reuters distingue plutôt les pays qui ont accepté l’invitation / se sont engagés à rejoindre (ce qui peut être plus large que la photo des “signataires” du jour). Dans cette catégorie, Reuters cite notamment :

C’est précisément ce décalage (liste “signataires” qui circule vs engagements/invitations) qui explique pourquoi plusieurs médias comptent différemment.

 

 

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